Boma:bientôt un monument en mémoire de Joseph Kasa-Vubu

kasavubuDans le cadre du jubilé d’or de l’accession de la RDC à l’indépendance, Joseph Kasa-vubu sera immortalisé par la construction d’un monument. C’est à Boma que le gouvernement provincial va ériger ce monument de haute portée politico-historique.

Le gouvernement provincial du Bas-Congo au sud-ouest va profiter des festivités marquant les 50 d’âge de la République Démocratique du Congo pour immortaliser la personne du tout 1er Président de la République, Joseph Kasa-Vubu. Il n’en pouvait pas être autrement dans la mesure où cette personnalité emblématique et historique est à compter parmi les races rares qui ont pesé de leur poids pour que ce pays au cœur de l’Afrique cesse d’être sous le joug colonial. L’histoire étant têtue et incorruptible, le Bas-Congo a refusé de continuer à laisser le nom de Joseph Kasa-Vubu dans les oubliettes. Ce serait impardonnable. Et, les générations futures ne comprendront absolument rien du tout. Cette réalité politico-historique est prise en compte par le Gouverneur du Bas-Congo, Simon-Floribert Mbatshi Batshia.

41 ans après, Joseph Kasa-Vubu sera « réanimé » historiquement. Ce, à travers un monument qui lui sera dédié à Boma, ville qui l’a vu mourir le 24 mars 1969 à la Clinique de la Croix-Rouge. L’initiative prise par le Gouverneur, est à considérer, à juste titre, comme étant un rappel historique en mémoire de l’illustre disparu dont le prestigieux nom ne pouvait, en aucun cas, être oublié, et, qui pis est, effacer de la mémoire collective du peuple congolais. Ce monument sera érigé à l’entrée du Mont Kinsundi dans la Commune de Nzadi à Boma.

Ce projet n’a pas pu se réaliser à temps faute de moyens propres au gouvernement provincial. Le Chef de l’Exécutif Provincial ne voulant pas s’arrêter en si bon chemin a sollicité l’implication financière de différentes entreprises de la Province du Bas-Congo pour réaliser ce qui pendant 41 ans a été un rêve. L’histoire de la République Démocratique du Congo n’est-elle pas liée à de célèbres noms comme Joseph Kasavubu ? Personne ne dira le contraire à moins de ne pas vouloir reconnaître que le soleil luit pour tout le monde.

Au cours de la réunion de sensibilisation que Simon-Floribert Mbatshi Batshia a présidée à l’intention de différents Chefs d’Entreprises Etatiques, Para-Etatiques et Privées, il n’a pas mis sa langue en poche pour rappeler aux uns et autres la nécessité et l’importance qu’il y a à accorder de l’honneur au 1er Président de la République, Joseph Kasavubu que le Lieutenant-Général Joseph-Désiré Mobutu déposa dans un coup d’Etat le 24 Novembre 1965. Plus d’un reconnaîtront que ce monument est une nouvelle page d’histoire qui se lira en grand caractère au moment où l’on s’y attendait le moins. La contribution de toutes ces entreprises basées dans cette Province chère à Simon Kimbangu va devoir démontrer que Joseph Kasavubu est une véritable icône de la politique congolaise de par l’époque coloniale jusqu’au moment où il rendait « pauvrement » l’âme à Boma. Jour pour jour, 41 ans après sa disparition, son célèbre nom a toujours été cité en modèle. Ennemi juré des antivaleurs, cet ancien Séminariste devrait, toutefois, mériter cet honneur dans sa propre Province.

Si sous le règne dictatorial de Mobutu soutenu pas ses inconditionnels non autrement identifiés, le nom de Joseph Kasavubu ne pouvait jamais être prononcé, Joseph Kabila fera le contraire en donnant de la valeur ajoutée à celui même qui a été le tout 1er à diriger ce grand pays aux immenses potentialités. Il faut faire le déplacement de Singini dans le Territoire de Tshela, District du Bas-Fleuve, pour se rendre compte de l’honorable place que lui a attribué Kabila. Quand bien même tout ce qui était décidé à Singini n’ait pas été réalisé, il sied tout de même de reconnaître que la mémoire collective a applaudi cette initiative faisant de cette localité enfouie dans la forêt du Mayumbe une référence historique. Un sage dira : » Un peuple sans histoire est un peuple sans âme. Chaque peuple a son histoire. La République Démocratique du Congo en a la sienne au travers de plusieurs noms à l’exemple de ceux des Pères de l’indépendance. La date du 24 mars à partir de 1969 est à inscrire en lettres d’or.

Pour ce qui est de la construction du monument à construire à Boma, les travaux de génie civil seront lancés le mercredi 24 mars prochain devant une brochette de personnalités de divers secteurs socio-professionnels. Cette cérémonie sera précédé d’un Te Deum en mémoire de l’illustre disparu. Toutefois, ce monument sera inauguré avant la date du 30 juin 2010. C’est à cette date que la République Démocratique du Congo célébrera le cinquantenaire de son indépendance. La célébration de ce cinquantième anniversaire de l’indépendance nationale constitue pour le peuple congolais une période de mémoire digne de l’être. C’est une date sacrée qui marque la fin de la servitude et le début d’une ère nouvelle de liberté. Le peuple congolais devra capitaliser cette date en se posant les questions suivantes : ‘’ Où allons-nous, d’où venons-nous et où sommes-nous ? Les compatriotes de Joseph Kasavubu décédé à l’âge de 52 ans ne doivent pas se voiler la face pour faire objectivement cette introspection. Qu’a-t-on fait pendant ce demi-siècle pour mériter cette indépendance ?

Avec ce monument, c’est une fierté historique et une reconnaissance à l’endroit de cet ancien habitant de l’Avenue Inzia n° 1 à Kinshasa dans la Commune de Dendale (aujourd’hui Commune de Kasavubu. Ce qui a réconforté le Gouverneur de la Province du Bas-Congo, Mbatshi Batshia, c’est l’adhésion massive des Chefs d’Entreprises de cette partie du Sud-Ouest de la RDCongo de souscrire très volontiers à cette initiative louable. Le Groupe Ledya a libéré pour ces fins une somme évaluée à 10.000 $. D’autres têtes couronnées Ne Kongo habitant la Ville-Province ne seront pas en reste. Elles ont promis leur contribution financière. Immortaliser Joseph Kasavubu est un fait historique non des moindres pour les bonnes consciences. Ne pas le faire c’est, ni moins ni plus, une façon de cracher sur Kasavubu, forte personnalité avec un grand caractère, qu’il faut considérer comme étant une fierté pour l’ex propriété léopoldienne.

Par Emmanuel LUZOLO N’ZEKA

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