Interview : ‘’Mon combat est la reconnaissance officielle et la promotion de maman Muilu’’

Interview : ‘’Mon combat est la reconnaissance officielle et la promotion de maman Muilu’’

Léontine Kiminu,Présidente Cafco/Kongo Central/Infobascongo


Maman Muilu, épouse du Prophète Simon Kimbangu, est une figure de proue de la Rd Congo. C’est un modèle ‘’Ne kongo’’ du leadership féminin, de la bravoure… En ce mois de la femme, Léontine Kiminu, Présidente provinciale du Cadre pour la concertation de la femme congolaise(Cafco) Kongo Central parle de la nécessité de sa reconnaissance.

www.infobascongo.net(IFB): Madame Léontine Kiminu(L.K), chaque fois, le nom de Maman Muilu revient sur vos lèvres. C’est encore vrai en ce mars. Pourquoi ?

L.K :L’histoire de maman Muilu, n’est pas vraiment connue dans notre province. C’est depuis 2008-2009 que nous nous sommes décidés d’en parler car, nous sommes parmi le gens qui avions eu la chance de travailler avec ses fils. J’ai travaillé avec Papa Diangenda pendant 15 ans, j’étais aux côtés des 3 Chefs spirituels qui ont commencé l’église Kimbanguiste. Mais aussi avec l’actuel Chef Spirituel.

Ne pas en parler, c’est un problème. Je l’ai fait récemment le 08 mars. J’ai aussi cité : la sœur Anuarite, la chanteuse Lucie Eyenga, Sophie Kanza,la première universitaire et Ministre de la Rd dans notre pays qui est de notre province. J’ai chuté par Maman Muilu, car,on ne peut oublier, la femme de Papa Simon Kimbangu.

IFB : Quelles ont été les mérites de cette femme ?

L.K : Quand Papa Simon Kimbangu entendait la voix de Jésus-Christ qui lui demandait de paître son troupeau, elle était à côté de son époux. L’histoire Kimbanguiste renseigne que du 02 au 06 avril 1921, NKamba, la cité Sainte a été envahie par l’armée coloniale. Beaucoup, en effet ne savent pas ce qui s’est passé. Il y a eu des morts. Le fils d’une dame était décédé et les gens voulaient résister. Cela a occasionné  d’autres morts parmi lesquels deux femmes proches du Prophète, Maman Thérèse Bonga et maman Mikala Mandombe. Cette dernière a été tabassée et prise par les soldats. Ils ont commis des actes que l’on qualifie de viol et violences sexuelles.

Le 6 juin, le Prophète est allé se réfugier à Mbanza-Nsanda. De retour à Nkamba en septembre, il sera arrêté le 12 par l’armée coloniale. Conduit à Mbanza-Ngungu,il sera transféré au Katanga en prison 30 ans durant. C’est maman Muilu qui a pris les commandes. Elle a organisé l’église devenu aujourd’hui internationale et regorge des écoles, centres de santé, une université…

IFB : Ainsi, vous voulez qu’on lui accorde une attention particulière ?

L .K : Oui. Il y a déjà sa décoration en avril 2010 d’une médaille de mérite maternelle. Mais, nous attendons l’acte législatif et réglementaire au niveau de la province. Et quand, nous parlons de la parité, le même traitement pour les hommes et les femmes, il ne doit pas être que verbal. En 2008,il a été érigé une stèle pour Papa Simon Kimbangu à Matadi, ce serait aussi bien qu’on le fasse pour Maman Muilu. La Vice-présidente de l’assemblée provinciale l’avait déjà signifié au Maire de Matadi par écrit mais rien n’est fait jusque là.

Cette femme est une fierté pour nous. Une trentaine de pays parlent d’elle. Il faut sa reconnaissance. Seule dans une association des femmes, ce n’est pas possible. Nous avons besoin de la première dame, les autres femmes et les hommes pour que le monde sache que nous avons des talents.

L’ancien Secrétaire Général de l’ONU, Koffi Annan avait dit :il n’y a pas de politique de développement sans renforcement de pouvoir de la femme. L’essor de la Rd congo en dépend.

IFB : Pensez-vous que la femme du Bas-Congo connaît ce qu’a été Maman Muilu ?

L.K : Non . Quand elle s’est mise à travailler, le Kimbanguisme n’existait pas encore. Ce n’est pas une seule affaire des Kimbanguistes. Nous avons besoin des modèles des femmes, des serviteurs, d’épouses, des leaders…Pour que les choses changent, il faut s’approprier de cette femme. Malheureusement, même les femmes intellectuelles ne connaissent rien d’elle. Pourtant aujourd’hui, c’est une héroïne.

IFB :Mais pourquoi, ne cherchez-vous à briguer un poste de décision pour mieux atteindre votre objectif ?

L.K : (rire).Je suis venu dans le Bas-Congo avec une mission me confiée par Papa Diangenda. Je lui parmi les derniers qui l’ont salué avant qu’il ne se rende à Kinshasa. Il m’a dit : ‘’tu feras la fierté de ma mère’’. Aujourd’hui, je le dis, sans la fin du dossier de Maman Muilu,je ne sais pas je veux accéder à un poste politique qui va me permettre de d’accomplir ma tache. Mon combat est la reconnaissance officielle et la promotion de maman Muilu.

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