Matadi : ils mènent une action contre des profanateurs des tombes mais sont accusés

Matadi : ils mènent une action contre des profanateurs des tombes mais sont accusés

Un profanateur des tombes menotté/Infobascongo

Accusés de profaner des tombes au cimetière de Ngadi à Kinkanda, des ayants droits fonciers de Soyo  se sont investis pour prouver leur innocence. En harmonie avec la société civile et la police, leur initiative a permis l’arrestation hier d’un incivique qui a été présenté à la presse ce jeudi.

Menotté, le jeune Blaise arrêté vers 23h  était face à la presse. Devant lui, un énorme marteau. Pour le policier qui a mis la main sur lui,’’ il l’utilisait pour démolir une tombe.’’ Ce qu’il réfute. ‘’ Non, je n’y suis pour rien. J’y suis allé pour déféquer. Ce sont ceux qui ont pris le large qui détruisaient cette tombe’’, se défendait-il. A côté de la tombe détruite, une autre était perceptible sur laquelle une croix que l’on tentait de détruire portait la mention : ’’Mabiala Ngimbi, décédé le 26 décembre 2004’’. Selon une source pour démolir une tombe, les casseurs exigent 30$.

Dans ce cimetière de Ngadi(Kinkanda) où le dernier inhumé l’a été en 2009, que des tombes sont profanées. Des ossements sont perceptibles. ‘’Autorités politiques, policières, militaires…ont des lopins de terre ici’’, accuse Didier Mambueni, vice-président de la société civile du Bas-Congo. Un institut supérieur, une concession…sont érigées. Depuis que la société civile adresse des correspondances auprès des autorités compétentes, elle n’a jamais obtenu gain de cause. Elle avait obtenu du gouvernement provincial, la clôture du cimetière avec des fils barbelés pour le sécuriser mais rien n’est fait.

Des ayants droits face à la justice

Début février, des habitants du quartier Kinkanda s’en sont plaints de nouveau auprès du maire de Matadi. Ils ont cité  plusieurs noms comme profanateurs dont Las Matondo et Chiro Matondo. Tous ces ayants droits ont été traduit en justice par Jean-Marc Nzeyidio, le Maire. Au cours de la présentation de Blaise à la presse, certaines autorités n’ont pas jugé utile que la parole soit donnée aux accusés. ‘’ Le maire sait pourquoi’’, signale-t-il avouant : ‘’Nous lui avons présenté plus de 30  actes de vente signés notamment par Welo Kuludiayona qui se dit ayant droit et qui travaillent à la commune de Matadi mais  pourquoi rien n’est fait’’, se demande  Chiro Matondo qui dit être content que l’affaire soit portée en justice. Car, cet ayant droit dit ne pas comprendre qu’un profanateur soit aux arrêts grâce à leur action menée mais que ce soit eux dont les noms ont été présentés à la justice par Jean-Marc depuis ce jeudi. Selon les actes de vente, les espaces coûtent entre 80$ et 400$. Les concessions, elles, sont vendues à des prix exorbitants.

Du côté de Welo bien que les documents seraient écrits par sa plume et qu’ils porteraient sa signature, il rejette en bloc ces accusations. Le maire a fait savoir que la justice fera son travail. ’’ Ces ayants droits ont été dénoncés par les habitants ’’, se justifie-t-il.

Cependant Didier Mambueni se pose une question :’’ pourquoi ces inciviques sont-ils toujours libérés par la justice ?’’. Pour lui, bien que Matadi soit une ville cosmopolite,’’ les gens doivent respecter les us et coutumes Kongo’’.

Leave a Reply

Your email address will not be published.