Matadi : jérémie, un cireur bien « sapé » et apprécié

Matadi : jérémie, un cireur bien « sapé » et apprécié

Jérémie,un cireur de Matadi/Photo Dieudos Muaka

Il a fière allure ce cireur de chaussures de Matadi, au sud-ouest de Kinshasa. Toujours soigné, habillé en costume et cravate dans une ville où il fait habituellement chaud, Jérémie Masiala, la trentaine révolue, force l’admiration des passants qui n’hésitent pas à solliciter ses services. Tenant dans sa main gauche un sac marron en cuir contenant des boîtes de cirages, des chiffons, linges et liquides…, il sillonne à pied à longueur de journée les principales artères de la ville. « J’exerce avec fierté ce métier qui me fait désormais vivre depuis 2006 », dit-il, tout sourire.

Après la mort de sa mère et le départ de son père en Angola, son pays d’origine, il a appris à se battre tout seul. Après avoir décroché un brevet d’aptitude professionnelle en mécanique générale, il se lancera sans succès à la recherche d’un emploi correspondant à sa formation. Un, deux, trois ans après, il sera pris de découragement et décidera de devenir cireur. Cependant, pour attirer la clientèle, il opte pour un look particulier : une tenue correcte comme celle d’un fonctionnaire, à l’opposé de ses collègues cireurs qui sont très souvent mal habillés.
Une stratégie payante. Son bel aspect et sa courtoisie lui ouvrent les portes de tous les gens qui comptent à Matadi. « Je ne connais pas de repos, affirme-t-il. Mes principaux clients qui se recrutent parmi les grandes personnalités de la ville viennent souvent me déposer leurs souliers à domicile ». Ses recettes journalières d’environ 10$ dépassent de loin celles de ses autres collègues cireurs qui en gagnent difficilement la moitié. « Avec ce que je gagne, j’interviens de temps en temps dans la scolarité de mes deux jeunes frères, j’achète mes habits et je me nourris », se réjouit-il. Il dit ne s’être pas trompé en embrassant, contre toute attente, ce métier et répond courtoisement à tous ceux qui le dénigrent dans la rue qu’ « il n’y a pas de sot métier, il n’y a que de sottes gens ».

Par Dieudonné Muaka(lire d’autres articles sur www.syfia-grands-lacs.info)

Leave a Reply

Your email address will not be published.