Covid19: l’état d’urgence levé, les funérailles toujours proscrites en dehors des morgues

Covid19: l’état d’urgence levé, les funérailles toujours proscrites en dehors des morgues

En RDC, l’état d’urgence est levé par le président de la République Félix Tshisekedi le 21 juillet mais l’interdiction d’organiser les funérailles demeure.

 »Interdiction de l’organisation des deuils dans les salles et les domiciles. Les dépouilles mortelles seront conduites directement de la morgue jusqu’au lieu d’inhumation et en nombre restreint d’accompagnateurs » Cette disposition prise par le président de la République le 24 mars dernier lors de l’annonce de l’état d’urgence à cause de la Covid-19 demeure.  »Et doit être de stricte application », précise Félix Tshisekedi.
En effet, cette décision réduit le coût financier des obsèques en ce temps de crise économique mondiale due à la pandémie.

Jouer à l’équilibre

Avant le Coronavirus, « enterrer les morts ruinait les vivants ». Les dépenses étaient onéreuses. Des familles, pourtant démunies, dépensaient jusqu’à 5 000$ pour inhumer avec  »dignité » les leurs. Ils s’endetaient, s’imposaient des cotisations en familles sinon imploraient la solidarité. « J’ai vécu à Lubumbashi où les dépouilles mortelles quittent directement la morgue pour le cimetière au lieu de payer uniquement jusqu’à 600$ pour la location du funérarium. Je soutiens cette décision », lance Bebela Tshibaka. « Les funérailles étaient devenues un lieu de fête. Pour y aller, des femmes devaient s’acheter des cheveux artificiels, des uniformes… C’était devenu un lieu de rendez-vous où se vivaient des scènes immorales. Or, un mort ne voit pas tout ce que l’on dépense pour lui. C’est du vivant de la personne que l’on doit prendre soin d’elle », estime Bebela Tshibaka. A Kinshasa,c’est definitif: »Les dépouilles mortelles quitteront uniquement de la morgue au cimetière. » Le gouverneur Gentiny Ngobila en a ainsi décidé .
Pour le président de la République  »il est donc question de faire équilibre entre notre santé physique, celle de notre économie et la stabilité de notre société ».

Par Carmel Liputa

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