RDC: vérifier les faits pour lutter contre la désinformation

RDC: vérifier les faits pour lutter contre la désinformation

Comment aider les journalistes Congolais à vérifier les faits (Fact Checking) pour combattre la désinformation du grand public en ce temps où la RDC est en pleine  mutation vers le numérique ? Des professionnels des médias apprennent sur l’utilisation d’outils de vérification d’actualités et d’informations, à Kinshasa.

Par Nana Mbungu

‘’L’objectif visé est le professionnalisme des journalistes en vue de les aider à faire face aux exigences de la transition vers le numérique. Une transition  quasiment obligatoire. Et Internews veut accompagner les professionnels des médias dans cette transition’’, a expliqué Pierre N’Sana, Senior Journalism Advisor Internews RDC.

Avec les outils numériques, les journalistes ont un accès facile à l’information. Malheureusement, ils sont  aussi buttés à des problèmes de manipulation de ces outils. D’où cette formation en vue de les outiller pour leur permettre de lutter contre la désinformation. ‘’Ces outils  sont  les Nouvelles technologies de l’information et de la communication notamment l’internet, le smartphone et tout ce qu’il y a comme  intelligence artificielle, informe Fiston Mahamba, formateur.  Le journaliste se retrouve au milieu entre le devoir d’informer et d’utiliser ces outils. Il  doit être capable de détecter quel contenu a été manipulé et d’informer la population mais aussi arriver à un stade où il devient un enseignant qui éduque sur sa radio ou son journal.’’

Se protéger des infox

En RDC, les réseaux sociaux notamment sont des lieux où circulent plusieurs informations. Des invitations de justice, communiqué de presse, tribunes, tweets et autres posts relayés par des journalistes mais qui souvent sont fausses. Il y a peu, une invitation de justice pour le mercredi 9 septembre dernier de Martin Fayulu, candidat malheureux à la présidentielle de décembre 2019 en RDC, a largement été relayé par les médias. Le démenti du parquet général de la Gombe n’a pas tardé.  ‘’La démarche utilisée devra permettre au journaliste de savoir comment se protéger des infox et ne pas continuer à utiliser ce contenu trafiqué’’, mentionne Mahamba.

Les 15 professionnels des médias (13 femmes et deux hommes) venus de plusieurs provinces de la RDC qui suivent cet atelier au Centre d’études pour l’action sociale (CEPAS) sont des journalistes expérimentés, rédacteurs en chef, chefs de rubrique, correspondant de la presse en ligne et des radios de proximité partenaires à Internews.  ‘’ Je suis très flattée’’, jubile Nadine Fula de Zoom Eco. Grace à cette formation, je sais maintenant nuancer un fait et une opinion. Comment repérer les fausses astuces et prendre garde des conséquences juridiques surtout en cas de diffusion d’une infox. Merci à internews. C’est une belle opportunité.’’

Plusieurs médias étrangers face à l’infox recourent à la vérification des faits. Pratique importante, elle permet aux populations de bénéficier d’une information véridique et de ne pas gober des discours mensongers. Et, c’est ce que recherche cet atelier qui rentre dans le cadre du programme MSDA (Media sector development Activity), mis en œuvre par Internews en faveur de ses médias partenaires. Démarré le 10 septembre, il s’achève le 12 septembre 2020. 

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