Matadi: incompréhension autour de l’identification des formations médicales par la police judiciaire

Matadi: incompréhension autour de l’identification des formations médicales par la police judiciaire

Des responsables des structures médicales de Matadi sont en colère. Elles accusent la police judiciaire de tracasseries. Des allégations rejetées par la police judiciaire.

En mains des responsables des structures brandissent des convocations signées par des OPJ. Beaucoup refusent même de répondre à l’invitation. Ils se sont adressées au médecin chef de zone de santé qui lui affirme avoir posé le problème à sa hiérarchie mais aussi au ministère provincial de la santé qui est aussi ministre de l’intérieur.  »Je demande à ces responsables d’être calme, la situation va se décanter », apaise Dr Goethe Makindu.
Locaux de la police judiciaire à Matadi, escadron de lutte contre la criminalité économique et financière. Dans le bureau de la section commerce illégal, des dossiers classés sur une table. Elles proviennent des quelques structures médicales de Matadi qui elles, ont répondu à l’invitation de la police judiciaire. Il y a entre autres l’hôpital St Gérard et le centre médical Nkembo à Minkondo ainsi que le centre médical de l’EBNM à Belvédère. Certains dossiers ont été constitués en 2017, d’autres en 2020. « Dans chaque dossier, il y a en principe une autorisation d’ouverture du ministère de la santé, une autre de la mairie de Matadi, un avis d’implantation du médecin chef de zone de santé, un permis d’installation du ministère national de la santé, un permis d’exploitation du service environnement, les preuves de paiement de la taxe (TRA), 2016, 2017, 2018, 2019 et 2020 », explique un agent qui ajoute « que la section commerce illégal de la police judiciaire mène une opération d’identification de toutes les structures médicales de la province en commençant par la ville de Matadi ». C’est donc d’après lui l’explication à la descente des agents de police judiciaire dans différentes formations médicales de la capitale du Kongo central. « Les agents de police judiciaire viennent avec des convocations et exigent des documents parmi lesquels l’autorisation d’ouverture et autres en plus de l’argent allant de 150 000 FC (75$) à 200000fc (100$), explique remonté un infirmier titulaire dans une aire de santé de la zone de santé de Matadi. C’est une aberration. Il faut que l’officier de police judiciaire qui signe ces convocations soit interpellé ».

Dénoncer les brebis galeuses

 »Ce sont des allégations graves et mensongères. Personne ne demande de l’argent ou ne procède à un quelconque contrôle des documents, rétorque l’agent de police judiciaire. Les responsables des structures sont invités à constituer chacun un dossier avec différentes pièces demandées et à les déposer à la police judiciaire et n’y sont invités que pour fournir des renseignements au sujet de leurs formations sanitaires ». Quand aux convocations, il précise « qu’elles ont été signées par le chef de département Technique et Scientifique en l’absence du chef de département de lutte contre la criminalité économique et financière. Mais, que c’est bel et bien la section commerce illégal qui prend en charge tous les dossiers. » Pour lui, « parler de tracasseries, c’est ignorer totalement la mission de la section commerce illégal de la police judiciaire qui a entre autres tâches de mener des investigations pour rechercher des infractions et débusquer toute activité commerciale illégale. Si jamais un agent que nous qualifierons de brebis galeuse exige une quelconque somme d’argent, il faut le dénoncer ». Cette mission est menée simultanément dans des structures médicales et les dépôts de Bilokos (articles de seconde mains venus d’Europe).
Citant les structures médicales, une équipe de la police judiciaire avait il y a peu effectué une descente dans une formation médicale de Kasangulu. Surprise, tous les microscopes trouvés dans le laboratoire dataient de l’époque coloniale et étaient hors service. « Les résultats des analyses délivrés aux patients étaient de faux, explique l’agent de la police judiciaire. Qui a pu délivrer une autorisation d’ouverture ou un permis d’implantation à un tel centre médical ? ». « Ces genres de structures médicales sont légions même à Matadi et fonctionnent dans l’illégalité et dans des conditions inhumaines exposant la vie humaine », regrette-t-il.
C’est dorénavant un bras de fer entre d’une part, la police judiciaire qui espère à travers cette opération rétablir l’autorité de l’État en luttant contre le coulage des recettes et de l’autre, les structures médicales qui estiment que la police judiciaire outrepasse ses pouvoirs.

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