Le maire Pathy Nzuzi: ‘’Il n’y a pas d’insécurité à Matadi’’

Le maire Pathy Nzuzi: ‘’Il n’y a pas d’insécurité à Matadi’’

Au cours d’une rencontre fortuite avec un groupe d’étudiants de l’Université libre de Matadi (Ulimat), le maire Pathy Nzuzi déclare qu’il n’y a pas d’insécurité à Matadi et que sa juridiction n’a simplement que quelques cas d’insécurité.

A la dizaine d’étudiants présents à l’université pour un travail pratique, Pathy Nzuzi explique : ‘’Une ville en insécurité est celle où l’on ne peut faire 10 mètres sans être la cible d’inciviques, braqueurs, racketteurs, voleurs ou bandits ». Il cite en exemple Johannesburg en Afrique du sud.

A Matadi, déclare-t-il, « nous avons quelques cas isolés d’insécurité: braquage ici ou vol à main armée là ». Une déclaration qui dépasse l’entendement des étudiants. « Il y a l’insécurité à Matadi », rétorquent-ils à l’unisson. Ils en veulent pour preuve : »A Mvuadu par exemple, les motocyclistes sont devenus maîtres dans l’art de voler et s’enfuient après leurs forfaits. »

Cela pousse le maire à hausser  le ton: ‘’Ce sont des cas isolés. Le jour où il y aura l’insécurité à Matadi, vous n’allez plus vous promener ». 

Dénoncer

Il est revenu sur l’opération ‘’Tia na se’’ qu’il avait initiée lorsqu’il a été nommé maire de Matadi (Tia na se, calme-toi !, Ndlr).  Une opération qui consistait à dialoguer avec les kulunas (racketteurs, Ndlr) en vue de les conscientiser. « Il y avait l’insécurité avant cette opération, explique-t-il. Car, on ne pouvait pas circuler dans plusieurs quartiers de la ville ». Mais quand je l’ai instaurée et que j’ai approché les kulunas pour les orienter à autre chose, les attaques ont baissé de 70%. Mais, vous qui étiez censés soutenir cette opération, vous en étiez contre et m’aviez traité d’être en intelligence avec ces jeunes », regrette le maire.

Dans sa traque aux kulunas, Pathy Nzuzi propose de l’argent à qui livrerait des informations à la police. Cela a permis de mettre la main sur Booker, un chef de file d’un gang à la base du meurtre d’un autre chef de file des suites d’une bagarre rangée à Belvédère en commune de Mvuzi. Cagnotte : 100 000 fc (50$). Récemment trois jeunes jugés en flagrance dans les parvis de la mairie ont été condamnés à 5 ans de servitude pénale.  » Vous devez dénoncer, recommande le maire à ces étudiants. Les malfaiteurs vivent avec vous mais vous ne le dénoncer pas, le maire ni la police ne peuvent être derrière chaque Matadien pour les sécuriser. La sécurité est l’affaire de tous, Maire, population et police. »

Un policier pour 5000 personnes

Mais la police doit aussi jouer son rôle, celle de sécuriser les personnes et leurs biens. Malheureusement, elle manque cruellement des moyens et  les effectifs. Pour une population estimée à 1 million d’habitants, la capitale du Kongo central ne compte que près de 200 policiers. Commune de Mvuzi: 52; Nzanza: 48 et Matadi une trentaine. « Souffrez que quand vous appelez la police qu’elle ne vienne qu’en retard. Car, en plus de l’insuffisance des moyens de locomotion, le carburant fait parfois défaut’’, confie un responsable de la police qui précise que ces moyens doivent provenir du gouvernement central. Une déclaration aux antipodes de celle du commissaire divisionnaire adjoint Placide Nyembo qui a estimé lors d’une parade, ‘’avoir des hommes et des moyens’’.

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