A Moanda, la Première dame Denise Nyakeru interpelle les journalistes congolais

A Moanda, la Première dame Denise Nyakeru interpelle les journalistes congolais

Elle était attendue sur le terrain des remontrances sur le conflit qui mine la corporation des journalistes congolais. Denise Nyakeru, la Première dame a pris une autre tangente aussi intéressante : la santé, l’éducation et les violences basées sur le genre. La marraine du Congrès des journalistes les conscientise à traiter ces sujets.

Par Nana Mbungu

D’entrée de jeu, la Première dame a rappelé qu’elle est une farouche combattante pour l’amélioration des conditions de la femme. ‘’ Dans ma vision dénommée ‘’Plus forte’’, je me suis  donnée le rêve de voir une société congolaise dans laquelle chaque femme est valorisée et  considérée comme un atout indispensable dont les talents et valeurs sont reconnus et pleinement pour son épanouissement’’, précise Denise Nyakeru. Elle sait qu’elle ne peut atteindre cette noble mission sans l’appui des médias. Ils existent bel et bien en RDC mais elle estime ‘’qu’ils pourraient insister un peu plus souvent et de manière beaucoup plus efficace pour un grand impact sur des sujets cruciaux de société qui quelques fois sont malheureusement négligés’’.

Elle commence par la santé. La maladie pour laquelle sa fondation est fortement engagée est la drépanocytose. Et, ce n’est pas pour rien. La RDC est le 3ème pays le plus touché par l’anémie SS après l’Inde et le Nigeria. Trois femmes meurent chaque heure pour des causes évitables liées à la grossesse et à l’accouchement dont l’une des causes et la drépanocytose. Un enfant sur 10 meure avant d’atteindre l’âge de 5 ans. ‘’Ce sont des sujets tristes qui nous appellent à changer cette situation érigée en paradigme. Si nous ne faisons rien dès maintenant, nous n’aurons que nos yeux pour pleurer la souffrance des nôtres. Il y a tant de choses que les médias peuvent faire pour sauver des vies. Il n’y a pas que les professionnels de la santé pour le faire’’, interpelle la Première dame. L’éducation des enfants, c’est aussi ce pourquoi, elle sollicite l’implication des professionnels des médias.

Interpellation

En effet, le taux de déperdition scolaire est le plus élevé chez la jeune fille que chez le jeune garçon. ‘’C’est une réalité que nous vivons tous. Au-delà de la gratuité de l’enseignement de base concrétisé par le président de la République, reconnait-elle, les médias pourraient s’approprier davantage la question sur la promotion continue de l’éducation.’’ Cela peut lutter contre le mariage précoce, le banditisme urbain…Enfin, la première Dame est préoccupée par les violences basées sur le genre. 52% de femmes depuis l’âge de 15 ans ont subi des violences physiques de la part des hommes ou de leurs partenaires. 7% d’entre elles ont subi des violences pendant la grossesse, 43% des femmes de 25 ans  à 49 ans ont déclaré avoir été marié avant 18 ans. ‘’Ce sont des chiffres bouleversants’’, s’exclame-t-elle. ‘’Encore une fois, les médias par des moyens ingénieux et innovants pourraient prendre à bras les corps cette thématique des violences basées sur le genre pour réduire ce fléau qui dévalorise nos filles, nos sœurs, nos mères aussi nos garçons et nos hommes’’

C’est grâce au soutien financier de sa fondation que le 9 è Congrès des journalistes de la RDC se tient. Dans un contexte où deux camps se regardent en chiens de faïence. ‘’ Ne détruisons pas le modèle  que le temps, le travail acharné et quelques fois des larmes ont pris du mal à construire. Plein succès à vos travaux. J’espère que les résolutions qui en seront issues jalonnent votre voyage de quatre ans et apportent la lumière nécessaire pour éclairer la voie qui vous conduit au prochain port avec une profession digne à la taille et aux ambitions de notre grand et beau pays’’, conclut Denise Nyakeru.

Lire aussi:La première Dame Denise Nyakeru est arrivée à Moanda

Photo replik.cd

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