Des messages à Denise Nyakeru, la Première dame de la RDC

Des messages à Denise Nyakeru, la Première dame de la RDC

Le Congrès des journalistes de la RDC appartient désormais au passé mais le message lancé par la Première dame Denise Nyakeru ne l’est pas. Il continue de résonner au-delà de Moanda,au Kongo central. Participants et non participants réagissent sur son interpellation des journalistes à traiter des questions sur la drépanocytose, l’éducation et les violences basées sur le genre.

‘Marianne Mujing yang, journaliste de Lubumbashi, participante au Congrès des journalistes, à Moanda

 » Je suis chaque fois touchée quand je la suis. Je sens dans ce qu’elle fait, elle est vraie. Elle a relevé trois points dans son discours. Mais le point qui m’a fortement touchée est celle qui concerne les enfants drépanocytaires. Parce que dans ma famille, j’ai également des cas de ces enfants. Ces enfants dans la société sont souvent négligés  Il y a un problème réel de prise en charge. Dans son association, Plus fortes, elle insiste sur ça. Nous la presse nous sont censés l’accompagner par des émissions de sensibilisation »

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Jean- précieux Bwalungu, étudiant congolais en Géorgie, USA

 »En réalité lorsque madame Denise Nyakeru interpelle les journalistes  surtout sur l’éducation, la drépanocytose et les violences basées sur le genre, c’est très bonne chose car ce sont des faits de société, des choses que les gens ignorent que le journaliste doit rendre public à une large audience. Pour que cela réussisse, elle doit d’abord poser des actes qui suscitent la confiance. Cela va interpeller les journalistes. Mais elle doit aussi accompagner les journalistes pour qu’ils fassent bien leur travail. Dans d’autres pays développés l’Etat subventionne, équipe, forme les journalistes pour que leur travail soit efficace et qu’ils vivent dans une certaine indépendance. Elle doit travailler pour la liberté des journalistes pour que lorsqu’il rapporte sur les violences basées sur le genre, qu’ils soient en sécurité. C’est alors que l’objectif qu’elle cherche sera atteint »

Berline Pibwe, une infirmière anémique, habitante de Matadi, au Kongo central

 »L’interpellation de la Première dame est très importante. Aujourd’hui, les médias ne véhiculent presque pas l’information sur la drépanocytose. Beaucoup de personnes l’ignorent pendant que nous sommes au XXIème siècle ou toute personne à un téléphone, un téléviseur. Nos médias peuvent parler de la drépanocytose pendant une journée puis c’est fini. Pourtant, les gens se marient chaque jour. Ils cherchent à avoir des enfants. Leurs enfants anémiques souffrent meurent tous les jours et parfois les parents ne savent pas qu’ils les sont parce qu’ils n’ont pas l’information. La Première dame a raison. Les médias ne nous aident pas. Il faut que la sensibilisation se fasse dans les langues nationales voire vernaculaires ».

Par ailleurs, puisque je suis de Matadi, la situation des anémiques dans cette ville est dramatique. Je me suis rendue à Kinshasa pour un bilan de santé au centre Mabanga de Yolo tout simplement parce que depuis que le Docteur Kalwuila est décédé, il n’y a plus de spécialiste au centre Saint-Gérard de Mikondo en plus du manque de matériel. Malheureusement, j’ai été consulté par un généraliste parce qu’il n’y a pas de spécialise. J’ai des larmes aux yeux quand je pense au Docteur Kalwuila. J’aurai pu aller à Monkole mais avec quels moyens? Je pense que la première Dame mesure la portée de son combat sur la drépanocytose. Mon rêve est de l’accompagner dans cette lutte.

M.I. Phongo, étudiante en journalisme en Belgique

La Première dame a bien vu. Au Congo, mon pays, les journalistes voient plus la politique. C’est un domaine qui est rémunérateur. Les questions de population telles que soulevées par Denise Nyakeru sont très importants mais cela ne permet pas aux journalistes déjà impayés dans leurs médias de survivre. Pourquoi ne pourrait-elle organiser des bourses de reportages sur l’éducation, la drépanocytose et les violences basées sur le genre puisqu’elle travaille déjà en harmonie avec l’UNPC. Sa fondation pourrait aussi initier un prix de journalisme sur ce thème. Je lui demande de s’impliquer pour que les journalistes l’aide à parvenir à ses objectifs. Pourquoi ne peut-elle pas accompagner la dépénalisation des délits de presse ? Je l’encourage dans ses initiatives ô combien louable!

Cédric Bile, économiste, enseignant à l’ISC/Matadi

La santé et l’éducation sont intimement liées au niveau de la richesse du pays. Un pays riche sait naturellement assurer la santé et l’éducation de son peuple. Il y a donc un lien de causalité entre ces variables. 

Le pays est frappé par la pauvreté que ce soit au niveau urbain que rural. En insistant sur la santé, la première dame s’inquiète sur la drépanocytose, la mortalité infantile….

Beaucoup de problèmes de santé en RDC sont dus à l’extrême pauvreté, surtout dans les milieux ruraux. Concernant l’éducation, la première dame insiste sur le taux de déperdition qui est très élevé pour les  filles. Avant la gratuité de l’enseignement de base, beaucoup de familles pauvres et nombreuses  organisaient la rotation scolaire en triant les enfants qui vont fréquenter l’école l’année en cours et renvoyer d’autres l’an prochain quand les premiers vont être mis en repos : c’est le fruit de l’extrême pauvreté. Dans ce système, c’était les filles qui étaient plus victimes. Alors, pendant que les filles étaient mises en repos, nombreuses tombaient grosses et contracter des mariages précoces et même pendant les études parce que les parents sont incapables de leur offrir même la bande hygiénique. Heureusement que ce problème est résolu en procédant par la gratuité. Mais en milieu rural le problème persiste parce qu’il y a des enfants qui doivent parcourir 10 km pour retrouver l’école. De ce qui précède, l’idée de la distinguée première dame est très louable, nous lui en félicitons. Mais, le gouvernement doit premièrement s’investir avant la fondation.

Photo replik.cd

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