Des aveugles initiés à l’utilisation de la canne blanche à Boma

Des aveugles initiés à l’utilisation de la canne blanche à Boma

A Boma, les malvoyants ont appris à se servir de la canne blanche. L’Union nationale des aveugles du Congo (Unac) Kongo central a initié cette activité, à l’occasion de la journée internationale de la canne blanche,le 15 octobre.

Scène inédite à l’entrée du Pont ville, à Boma. Enfants, jeunes et vieux, tous aveugles encadrés par des membres de famille se familiarisent à la canne blanche. Ils étaient 118. La police de circulation routière les encadre. Pour certains, c’est pour la première fois.  »La canne est votre guide », explique Mathieu Malonda, enseignant à l’Institut pour aveugle de Boma (IAB), ancien élève de cette école. Il leur a expliqué comment faire les tâtonnements et le balayage avec la canne.

Sauver l’IAB

A l’IAB, malvoyants, membres de famille, autres personnes vivant avec handicap et invités ont échangé sur les problèmes majeurs qui freinent l’épanouissement des aveugles après la séance d’initiation à la canne blanche.  »Un aveugle a le droit de bénéficier de l’autonomie de vie, des services sociaux dans la société pour qu’il soit indépendant. Pour ce faire, il doit étudier, il doit travailler. Mais regardez dans quelles conditions étudient les enfants handicapés dans cette école, unique du Kongo central? », fait observer Me Patrick Amina coordonnateur de l’UNAC Kongo central. En effet, l’IAB qui déjà n’évolue pas dans ses propres bâtiments est abandonné, il n’y a pas de matériel, etc… Pourtant, c’est dans cet institut qu’il a étudié. C’est aussi le cas d’Isaac ,un jeune de 23 ans.  »Mon fils est né avec un cancer d’yeux. On les lui a enlevés pour les remplacer par des prothèses. Il est aveugle. Cette école l’a aidé. Mon fils a grandi ici depuis qu’il avait 3 ans. Il est ce qu’il est grâce à cette école et c’est le plus intelligent de tous mes enfants. Aujourd’hui, il vit aux USA, il fait le droit, il joue au synthétiseur habilement et chante. Nous l’avons éduqué comme tous les enfants. N’abandonnez pas vos enfants aveugles », conseille la mère d’Isaac. C’est pour cela que la directrice de l’IAB Célestine Lumba tend la main aux personnes de bonne volonté pour la construction des infrastructures de cet institut.  »Les aveugles doivent être formés à l’école et non à la maison », plaide-t-elle.

Leave a Reply

Your email address will not be published.