Journée internationale pour l’élimination de la pauvreté: les suggestions de l’économiste Cédric Bile aux autorités congolaises

Journée internationale pour l’élimination de la pauvreté: les suggestions de l’économiste Cédric Bile aux autorités congolaises

Considéré comme un problème du millénaire, la pauvreté ne cesse d’inquiéter chacun de nous à cause de ses effets néfastes. Au-delà de plusieurs approches définitionnelles et de mesures, les réflexions s’orientent vers le constat d’un cœur irréductible de privation absolue (A.SEN) . Le jeune économiste Cédric Bile,enseignant a réfléchi sur la pauvreté qui mine la RDC,en prélude de la journée internationale pour l’élimination de la pauvreté,le 17 octobre.

Il est fort inquiétant de constater qu’après plusieurs objectifs fixés pour réduire la pauvreté, les solutions ne sont pas au rendez-vous.Le secteur agricole et extractif demeure le pilier de l’économie avec 43, 9% du PIB en 2019. Malgré l’ampleur de l’agriculture, le pays est classé parmi les trois premiers au monde à être trempé dans l’insécurité alimentaire (FAO).

La question des finances publiques (budget) demeure très opaque et c’est difficile d’élucider la hauteur du budget de l’année en cours.

Notons que l’ampleur de la pauvreté varie considérablement d’une région à une autre selon qu’on réside en milieu urbain ou rural, selon les groupes sociaux professionnels.

Jusque récemment (2016 ), près de 70% de la population vivait en situation d’extrême pauvreté et la banque mondiale prévoyait d’environ 73% en 2018. Le principal secteur qui emploie les pauvres est l’agriculture.

Éducation: avant la gratuité de l’enseignement de base, le taux d’achèvement du primaire s’élevait à 70%

Santé : L’accès aux soins appropriés est aléatoire. Les infrastructures sanitaires en état de délabrement très avancé. L’indicateur nombre de médecins pour 1000 habitants demeure médiocre, la capacité à produire et exporter les médicaments s’est tellement étiolée qu’on assiste à la montée de la médecine traditionnelle.

Accès à l’eau potable, hygiène, assainissement, énergie demeure encore un rêve dans beaucoup de coins du pays. De la même façon que le transport, la télécommunication, habitat, emploi…

Les inégalités sont également très remarquables et surtout dans la répartition des richesses du pays comme le montre le coefficient de GINI s’élevant à 0, 65.
-Exode rural, insécurité et criminalité constituent aussi le quotidien du peuple congolais.

Quelle est l’action de politique économique ?

Le contours fait de plusieurs pays pauvres en général et la RDC en particulier, les économistes du développement sont unanimes à une problématique : la question institutionnelle.
Au delà du fait que la pauvreté soit un fruit de la colonisation, de l’impérialisme,… Les économistes soulignent la responsabilité des gouvernements des pays pauvres : Prédateurs, anarchiques et surchargés. En bref, la réduction de la pauvreté impose l’installation des institutions qui soient compatibles aux exigences de l’émergence économique.
Après cette question institutionnelle, les recommandations secondaires pour la RDC seraient celles-ci :

  1. Orienter les dépenses publiques vers les secteurs porteurs ( éducation, santé,…);
  2. Réduire les inégalités sociales;
  3. Améliorer le climat des affaires;
  4. Relancer de grands projets agricoles pour espérer réduire l’insécurité alimentaire;
  5. Réformer l’armée et la police pour espérer assurer la sécurité du pays
  6. Renforcer les capacités de captages, traitement, stockage et distribution d’eau potable (Regiseso), la rénovation de la SNE;
    Toutes ces recommandations dépendent des institutions mises en place pour relancer l’émergence. Ce qui justifie l’idée du Chef de l’état de commencer par installer l’état de droit.

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