Rapport 2020 de JED: le Kongo central parmi les zones dangereuses pour la presse

Rapport 2020 de JED: le Kongo central parmi les zones dangereuses pour la presse

Journaliste en danger (JED) a publié son rapport annuel sur la liberté de la presse en RDC le 2 novembre, à l’occasion de la  Journée internationale de la fin de l’impunité pour les crimes commis contre des journalistes. Il appert que le Kongo central fait partie des provinces les plus à risques pour les journalistes et les médias.

JED classe le Kongo central 12ème parmi les provinces les plus à risques pour les journalistes et les médias. L’ONG a répertorié trois cas de violation de la liberté de la presse en 2020. En photo apparaît Carlys Kaluangila, journaliste-correspondant, à Matadi, d’Antenne A. ‘’ Il a été interpellé au bureau local de l’Agence nationale de renseignement (ANR) de Matadi, chef-lieu de la province du Kongo Central, pour avoir diffusé une information contredisant le bilan officiel donné par l’autorité provinciale sur les affrontements entre des éléments de la police nationale congolaise et des adeptes du mouvement politico-religieux Bundu dia Mayala. Il y a été détenu pendant 24 heures avant d’être libéré le lendemain sans condition’’, renseigne le rapport. L’ONG répertorie encore deux cas. ‘’ Patrick Palata, directeur de Tala Tala TV, chaîne privée émettant à Matadi, a été arrêté et détenu dans les installations de l’ANR. Il a été libéré sans condition, le mardi 14 juillet vers 20 heures. Le journaliste a été auditionné autour d’un reportage en rapport avec la mort d’une femme, non encore diffusé par son média, qu’il a réalisé la veille de son arrestation à Boko, une localité du territoire de Seke-banza, à 7 km de Matadi. Bien avant son cameraman Justin Okito a été appréhendé à son lieu de travail et conduit au bureau local de l’ANR où il a été longuement entendu sur procès-verbal toujours autour de ce reportage. La carte mémoire contenant toutes les interviews réalisées à Boko a été confisquée avant sa libération’’. Ils grossissent le nombre de 116 cas d’atteinte à la liberté de la presse en 2020. Si un journaliste a été assassiné, un autre est porté disparu.  En 2019, un seul cas d’atteinte avait été enregistré au Kongo central.

‘’Le retour des prédateurs’’

Le rapport de JED s’intitule :’’La liberté de la presse sous le signe du Coronavirus : Le retour des prédateurs.’’ ‘’ Près de la moitié, soit 35 cas sont le fait de la police et de l’ANR, tandis que 48 cas reviennent aux autorités politiques ou administratives, c’est à dire les gouverneurs des provinces ou les administrateurs des territoires’’, souligne le rapport de 104 pages. ‘’ La liberté de la presse, ce n’est pas seulement le droit d’informer et d’être informé. Mais elle représente aussi le visage de ces hommes et de ces femmes, journalistes, qui sont menacés, agressés, battus, arrêtés, et parfois tués, à cause de leur travail… Les services de sécurité ne sont pas les seuls à s’attaquer à la presse. Il y a de plus en plus, des fanatiques, des militants politiques qui s’en prennent aux journalistes ’’, relève-t-il.

JED propose qu’il soit mis fin à l’impunité des prédateurs, que la Loi sur la presse soit modernisée et que l’indépendance de l’autorité de régulation soit renforcée. ‘’ Le Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication (CSAC) ne fonctionne pas de façon indépendante et connait des interférences, notamment du ministère de la Communication et des médias, et n’est pas doté des fonds nécessaires à son fonctionnement ’’interpelle JED. Au Kongo central, c’est notamment grâce à cet organe que les journalistes recouvrent la liberté. Déguerpi, mal loti, il fonctionne dans la maison de son coordonnateur Célestin Bibimbu.

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