Matadi: des présumés bandits présentés au public

Matadi: des présumés bandits présentés au public

Une trentaine de présumés kulunas (racketeurs, Ndlr), ont été présentés jeudi 12 novembre à la population, au commissariat de la police de Matadi à 2415.
Des victimes ont reconnus leurs biens volés et certains de leurs bourreaux, tous de Matadiens tandis que la population réclame leur transfèrement à Kanyama Kasese au Service national.

Devant le bâtiment du commissariat urbain, des badauds s’agglutinent comme pour un spectacle et l’attraction n’est autre qu’une trentaine de présumés malfaiteurs dits  »kulunas » présentés par le maire Pathy Nzuzi. Torses nus, certains presque dénudés, visages enflés, plaies et marques de fouet sur le corps, ils sont assis par terre en cercle, fortement attachés les uns aux autres par des cordes à linges au niveau de biceps et sous un soleil de plomb. Au milieu d’eux, des machettes, leurs armes, du chanvre en grande quantité, des liqueurs fortes et des biens volés: un téléviseur plasma, un lecteur DVD et autres appareils électroniques, ce qui reste de leur butin.

Seules ne sont pas attachées, quatre femmes, une la cinquantaine d’apparence et trois jeunes femmes dont une enceinte et une autre portant un bébé. Les Matadiens en nombre et les médias les filment sous toutes les coutures. Au balcon du commissariat, des policiers et des victimes dont une femme de 65 ans personne vivant avec handicap marquée au fer rouge par le viol qu’elle a subit. Elle a pu identifier ses trois bourreaux. On coupe les cheveux à certains d’entre eux sous les acclamations de la foule. D’autres clament leur innocence, mais le maire Pathy Nzuzi le cloue au pilori: « Personne n’est innocent parmi eux, affirme-t-il d’un ton martial s’adressant à ses administrés. Ceux qui dévalisent les boutiques, ceux qui s’attaquent aux motocyclistes pour voler leurs motos, ceux qui s’introduisent dans des maisons pour y voler et violer, ceux qui s’attaquent aux paisibles citoyens en pleine rue, les voici. Ils sont tous Matadiens et vivent parmi nous, mais personne ne les dénonce, sauf l’un d’eux répenti . »

Dénonciation

Il y a deux mois, en effet, un malfrat répenti a dénoncé ses anciens amis. Plusieurs actions de la police ont depuis permis d’arrêter ces différents groupes. « Grâce à ce kuluna répenti, nous avons dressé une liste des ces  »kulunas » et nous allons les traquer et les avoir tous », promet Pathy Nzuzi sous les applaudissements de la population. « Que le maire règne car jamais nous avons vu ceci », crie une victime. « Qu’on les achémine à Kanyama Kasese comme c’est désormais le cas à kinshasa », exigent des curieux et les victimes. « Ça dépendra du gouverneur, pas de moi, mais avant ils feront face à la justice », leur répond le maire, un fouet à la main et qui par moment donne de l’eau à quelques présumés voleurs déshydratés.

Matadi connait depuis quelques mois un regain de violence. La liste des victimes est longue. Dans la nuit de samedi à dimanche, une quarantaine de ces présumés malfrats ont, selon des victimes, semé la terreur à Kinkanda où ils se sont notamment introduits par effraction dans la maison d’un agent de Matadi Gateway Terminal (MGT) emportant beaucoup de biens de valeur et de l’argent et ont violé une femme de 65 ans vers l’école Les amis de Jésus.
Aux quartiers Nord et Biwewe, les habitants vivent la peur au ventre car des bandes rivales s’y affrontent régulièrement. Ceux qui habitent Nord sont déclarés persona non grata à Biwewe et inversement.

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