Matadi : à la morgue de Kinkanda comme si la Covid-19 n’existe pas

Matadi : à la morgue de Kinkanda comme si la Covid-19 n’existe pas

L’affluence ces derniers temps à la morgue de Matadi contraste avec les mesures édictées par les autorités pour lutter contre la Covid-19. Une situation qui, si l’on n’y prend garde, risque de causer des dégâts pendant cette 2ème vague de la pandémie.

Morgue de Matadi mardi 26 janvier 9 heures ! Au parvis de ce reposoir, des personnes affluent; après, il est noir de monde, il y a pas moins d’un millier de personnes. Aglutinées, elles échangent sur plusieurs sujets en attendant le retrait des corps pour lesquelles elles sont venues rendre les derniers hommages. La qualification des Léopards en quarts de finale du Chan, la motion de censure contre le Premier ministre ,le mariage à venir d’une fille de Nzanza, ce sont quelques sujets qui alimentent les conversations. A mes côtés, une demoiselle raconte à ses amies l’épisode de Novelas qu’elle a suivi la veille. Mais, il y a aussi des gens qui pleurent, certains chantent. Quand dans un groupe, une dame qui porte le masque ne se fait pas entendre, une autre lance en Kikongo, Katula kuandi yawu bakenakuvuna beto (Enlève ton masque, ils nous trompent, la Covid-19 n’existe pas, Ndlr). Ils sont nombreux sans cache-nez. Ceux qui le portent ne le supportent pas assez longtemps et les placent souvent et vite sous le menton. Certains ont mis deux heures à attendre le retrait des dépouilles mortelles dans cette morgue qui degage une odeur fétide.  »Sa capacité est moindre par rapport au nombre des corps », tente d’expliquer un jeune.

Pas de répression

Pourtant, les instructions du président de la République Félix Tshisekedi et des autorités sanitaires pour éviter la propagation de la Covid-19 pendant cette 2ème vague sont : le port correct et obligatoire des masques, le respect de la distanciation physique… Cependant, il est demandé à la police de contrôler strictement ces mesures. Malheureusement, à la morgue de Kinkanda, c’est un pandemonium. Autrefois, la police jouait son rôle à la morgue. Pour cette 2ème pourtant plus dangereuse, elle est aux abonnés absents.


Or, Matadi demeure l’épicentre de la pandémie au Kongo central avec 246 cas pour cette deuxième vague au 24 janvier pendant qu’elle-même la province, avec
1491 cas depuis le début de la pandémie, selon les chiffres du 24 janvier de la coordination provinciale de riposte contre la Covid-19, se classe 2ème en RDC après Kinshasa.

Leave a Reply

Your email address will not be published.