Bas-Congo : en insécurité, les médecins continuent d’espérer d’être reçus par le gouverneur

Bas-Congo : en insécurité, les médecins continuent d’espérer d’être reçus par le gouverneur

Inquiets de l’insécurité dont ils sont victimes, les médecins du Bas-Congo ont adressé un mémorandum au gouverneur du Bas-Congo. Il contient des recommandations que le Syndicat national des médecins (Synamed), section du Bas-Congo aurait bien voulu lui expliquer. Malheureusement, il n’arrive pas à être reçu.

Teste de paludisme dans un laboratoire médical. Radio Okapi/ Ph. John Bompengo

Teste de paludisme dans un laboratoire médical. Radio Okapi/ Ph. John Bompengo

‘’ Notre situation sécuritaire est préoccupante. J’ai fait des va-et-vient au gouvernorat pour obtenir une audience mais il m’a été dit que le gouverneur n’a pas le temps de nous recevoir’’’, regrette un membre du Synamed. Leur mémorandum déposé il y a une semaine au gouvernorat relève : le déferrement des médecins devant les instances judiciaires sans respect de la procédure. Il cite le cas le plus récent du Dr Bumba Moaso, médecin directeur de l’hôpital général de référence de Kasangulu. ‘’ Il est victime des tracasseries judiciaires pour avoir référé une patiente de 13 ans de suite des opérations compliquées d’une péritonite vers la clinique Ngaliema qui est beaucoup plus équipée. Malheureusement qui est décédée trois semaines plus tard après avoir été opérée à deux reprises’’’, relève le mémorandum. Et d’interroger : ‘’que lui reproche-t-on ? Est-ce d’avoir opéré ou d’avoir référé ?’’’.

Brandir la loi

Le Synamed s’en tient aux prescrits de la loi. Il cite le statut spécifique des médecins promulgué le 11 octobre 2006 qui dispose  en son article 76 : ‘’pour garantir la dignité, la sécurité, la respectabilité et le capital confiance dont le médecin doit jouir, les poursuites à sa charge pour des actes infractionnels qu’il peut commettre dans l’exercice de sa profession ne peuvent être engagés qu’à l’initiative du procureur général près la cour d’appel de son ressort’’’. Et l’alinéa 3 du même article stipule : ‘’ le médecin jouit du privilège de juridiction institué par l’article 94, alinéa 2 de l’ordonnance n°82/020 du 31 mars 1982 portant Code de l’organisation et de compétence judiciaire’’’. Les médecins renchérissent : ‘’ l’article 74 du même statut dit clairement que les fautes professionnelles commises par le médecin à l’occasion de son action médicale relève de la compétence des juridictions de l’ordre des médecins’’’. Ils évoquent aussi d’autres lois qui sécurisent leur profession. ‘’ Les acharnements chroniques sur les médecins prouvent à suffisance le désir sournois de vouloir les nuire de la part de ceux qui sont sensés faire appliquer la loi’’’, dénoncent-ils.

Recommandations

Pour permettre au médecin de mieux travailler, le Synamed recommande : ‘’la sensibilisation des autorités judiciaires et policières sur les articles 74,76 et 77 du statut spécifique des médecins de la Rd Congo, l’amélioration des conditions de travail des médecins de l’Etat et l’arrêt immédiat des tracasseries et en cas de flagrance de respecter la procédure’’’. Il se réserve le droit ‘’de riposter de manière la plus énergique en cas de récidive’’.

Bien que la porte leur ait été fermée, le Synamed continue d’attendre une ouverture de la part de l’exécutif provincial.

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