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Bas-Congo:du poisson bon marché grâce aux chalutiers locaux

bord de l'Atlantique à Muanda/infobascongo

bord de l’Atlantique à Muanda/infobascongo

(Syfia Grands Lacs/RD Congo) Pour réduire les prix galopants des poissons sur les marchés locaux, les pêcheurs de la cité côtière de Muanda (Bas-Congo) fabriquent eux-mêmes leurs bateaux de pêche en bois.

 Depuis quelques mois, le petit marché établi au poste frontalier de Yacht sur la rive droite, à l’embouchure du fleuve Congo, attire la curiosité des voyageurs en partance pour la ville angolaise de Soyo. Tous ou presque s’arrêtent devant la dizaine de bateaux en bois fabriqués par les pêcheurs de Muanda, au Bas-Congo, à 600 km au sud-ouest de Kinshasa. “Nous avons pris cette initiative pour inonder les marchés locaux en poissons du fait des prix qui ne cessaient de prendre l’ascenseur”, explique Laurent Nkula, un des pêcheurs. Pour son collègue, Simon Kilombo Tshitshi, “le coût trop élevé pour investir dans les unités industrielles (plus de 500 000 $) m’a contraint à mettre à profit le peu de génie que j’ai. Aujourd’hui, les résultats sont là !”, se félicite-t-il.

 Ces bateaux sont de petits navires motorisés longs de plus ou moins 12 m avec une capacité qui varie de 5 à 10 tonnes. La coque est faite essentiellement de bois au-dessus de laquelle est posé, dans la partie arrière, un bâtiment de fortune monté avec des branches mortes de palmiers. Entre deux planches superposées de la coque se trouvent plaquées des lattes en bois sanglées par des morceaux de sacs. Le tout fixé au moyen d’une colle, elle aussi artisanale, obtenue en mélangeant du liège avec de l’essence… Sur le bâtiment flotte, au contact du vent, le drapeau de la RD Congo

 

Poissons bon marché

Au retour de la pêche d’un de ces solides chalutiers fait maison, les gens accourent s’approvisionner en poissons, à des prix bon marché comparés à ceux pratiqués par les Chinois de Bosa Grand Océan Pêche, l’unique entreprise de pêche industrielle de Muanda. Un kilo de poisson capitaine qui coûtait autrefois 9 000 Fc (10 $) est vendu aujourd’hui presque trois fois moins cher auprès des pêcheurs congolais. Il en est de même du poisson salé communément appelé “mfuobo” dont le kilo se négociait avant à 4 500 Fc (5 $) contre actuellement 1 500 Fc (1,6 $) chez les Congolais et 2 500 Fc (2,7 $) chez les Chinois. “C’est une des raisons qui nous ont poussés à fabriquer nos propres chalutiers”, explique le pêcheur Jean Balu Balu.

 

Depuis la mise en service desdits chalutiers, début 2013, le territoire de Muanda ne connait plus de pénurie. Même pendant la saison sèche, les marchés locaux sont régulièrement ravitaillés. Ce qui, il y a un an, n’était pas possible. Les paysans des villages éloignés de Muanda se réjouissent, eux aussi. “Le génie de nos pêcheurs locaux a sauvé la population de la faim. Nous mangeons du poisson quand l’envie nous prend…”, fait remarquer Victor Mangovo, habitant du village Luibi.

 

L’administrateur du territoire adjoint de Muanda, Vincent Dikila Nsingi, content des exploits réalisés par les “matelots” de son entité, les exhorte à présent à se mettre en ordre avec la loi. “L’exploitation de ces chalutiers est conditionnée par l’acquisition des documents légaux, notamment l’autorisation d’exploitation, le certificat de contrôle technique et la police d’assurance“. Un message reçu 5 sur 5 par les exploitants de ces bateaux, qui sollicitent toutefois de l’autorité une dérogation provisoire, le temps de se mettre en règle. “Nous ne sommes qu’au début de nos activités. Nous demandons qu’un temps nous soit accordé afin d’apprêter les documents demandés”, plaide Jean Balu Balu. Comme la plupart de ses camarades, il promet de ne pas travailler dans l’illégalité.

Dieudonné Muaka Dimbi

URL simplifié: http://www.infobascongo.net/beta/?p=13958

Posté par on nov 7 2013. Classé sous A la une, Economie. Vous pouvez suivre toute les entrées a travers le RSS 2.0. Vous pouvez aller directement à la fin et laisser un commentaire. Envoyer un ping n'est pas actuellement autorisé.

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