Journée internationale du sport féminin le 1er février; Rd Congo : Sophie Ntala, première arbitre femme oubliée

A Matadi, chef-lieu du Bas-Congo vit Sophie Ntala. Première femme arbitre de la Rd Congo, elle a influencé pas mal de filles à faire comme elle. D’autres sont devenues des footballeuses. Malheureusement, elle est restée dans les oubliettes. Portrait.

Elle a fière allure cette arbitre quand elle officie des matches. ‘’Je n’ai qu’une chose en tête : faire correctement mon travail’’, dit Sophie Ntala. Son travail l’a conduit dans plusieurs provinces de la Rd Congo.

Soixante sept ans, elle est la première femme arbitre du pays. C’est en 1976 qu’elle commence à officier des rencontres après une année d’études au vestiaire du stade Lumumba de Matadi. Lors de sa première prestation, elle se démarque comme arbitre assistante. ‘’Ce jour là, les gens m’ont découvert’’, se souvient-elle.  Ses habilités ont inspiré d’autres femmes. ‘’C’est vraiment une femme compétente. C’est grâce à elle que je suis devenue arbitre’’, témoigne Véronique Kasa.

Encadreuse des footballeurs

Mais sa passion n’est pas seulement l’arbitrage. Dès 1970, elle crée une équipe de football féminine :’’La Renaissance’’. C’est finalement, un rêve d’enfance qu’elle réalise. ‘’Mon frère André Kemana alias Bomboti était Capitaine de l’équipe de Veti, puis de Diable rouge. Les joueurs le fréquentaient régulièrement. Il m’est arrivé plusieurs fois de les accompagner lors des entrainements voire lorsqu’ils jouaient. Petit à petit, je suis devenue  sportive’’, raconte Sophie.  Cette tache n’a pas été facile. ‘’ Je sollicitais des joueuses à Kinshasa et au Bas-Congo. C’était dure puisqu’il fallait supplier leurs parents qui ne comprenaient pas le bien-fondé du football’’, explique-t-elle. Pour l’essor de cette équipe, Ntala vend  le haricot et du riz. Mais, elle connaîtra beaucoup de difficultés. Découragée, elle abandonne pour fonder ‘’Diable noir’’, une équipe masculine. ‘’ Là aussi, il y a des problèmes mais j’arrive quand même à les maitriser. J’héberge sept joueurs qui sont totalement pris en charge par moi. Ce n’est pas facile.’’

Aucune reconnaissance

Veuve et mère de sept enfants, son défunt époux est pour beaucoup dans son succès. Mais, elle est dans les oubliettes. ‘’Si le pays compte à ce jour  des arbitres femmes, c’est grâce à moi. Je n’étais pas seulement arbitre mais j’ai eu à réconcilier Reji et Rvm ; Vita et Bilima, des équipes reconnues bagarreuses. A chaque match, c’est moi qui était sollicitée .Mais je n’ai jamais été primée. Pas un jubilé d’or, pas de trophée pour me remercier’’, regrette l’arbitre.

Bien qu’elle ait cessé de monter sur le terrain, elle reste visible dans les gradins du stade comme supporteurs. Elle ne manque jamais un sifflet dans la bouche. Sophie Ntala est une grande animatrice.

 

 

 

 

 

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