Interview : les gouvernants invités au respect de 10% de la rétrocession pétrolière

Interview : les gouvernants invités au respect de 10% de la rétrocession pétrolière

La morgue moderne inaugurée récemment dans la cité pétrolifère de Moanda par des particuliers n’est pas seulement un sujet de fierté mais une interpellation. Jean-Marie Mulatu, député national, élu de cette juridiction invite les gouvernants au strict respect de 10% de la rétrocession pétrolière pour l’essor de ce coin du Bas-Congo.

Jean Marie MULATU

Jean Marie MULATU

Infobascongo : Monsieur Jean-Marie Mulatu, vous êtes député national, élu de Moanda. Aujourd’hui cette cité vient d’être dotée d’une morgue moderne. Quel sentiment vous anime ?

Jean-Marie Mulatu : Une fierté, un soulagement pour toutes les peines que nous avons endurées durant toute cette période qu’on n’avait pas une morgue digne de ce nom.

IBC : Moanda est confronté à beaucoup de problèmes notamment des infrastructures. Que faites-vous pour inciter les gouvernants à les résoudre ?

JMM : Ecoutez, le problème que nous avons en RDC est liée à  nos dirigeants, à l’exécutif. Il est responsable de tout. Moanda, par exemple a été doté récemment de 10% de la rétrocession pétrolière. Le trimestre vient de s’écouler. Jusque là, le gouvernement ne paie pas ces 10%. C’est déjà une entrave même au respect de ce texte que nous avons voté. Je dirai que l’argent qui devait être destiné à telle ou telles autres fins est toujours détourné pour d’autres fins,malheureusement. L’élu que je suis qu’est ce que je fais ? Je pousse. Muni des textes que nous avons,des promesses  que nous avons, des engagements des uns et des autres, nous essayons de suivre de façon que ça se réalise. Mieux vaut tard que jamais.

IBC : Quitter Moanda pour atteindre Boma aujourd’hui, il faut mettre plus ou moins 3 heures. Cela ne préoccupe pas l’élu de Moanda que vous êtes?

JMM : Ecoutez, l’élu ne construit pas de routes,c’est le gouvernement. Si le gouvernement Matata (Premier ministre congolais) donnait au territoire de Moanda les 10% de rétrocession pétrolière, je pense qu’on pourrait, avec l’aide des banques, financer la construction de la route. Aujourd’hui, elle fait moins de 130 km avec le tracé actuel qui date de je ne sais quelle période. Avec les nouveaux instruments, le système GPRS et consort, la route de Boma pourrait faire peut être moins de 80 km. Et avec l’argent de la rétrocession pétrolière, on peut trouver une structure qui pourrait nous construire cette infrastructure. Malheureusement, là encore l’exécutif fait défaut.

IBC : Qu’est – ce que vous demandez alors aux gouvernants ?

JMM: Qu’ils respectent les textes. Qu’ils respectent tout ce qui est mis à la disposition des entités de façon qu’elles puissent se développer. La République n’est pas Kinshasa. Moanda contribue à 10% au budget national. Mais vous avez vu dans quel état nous vivons. Nous déplorons tout mais ce sont des privés qui travaillent. La morgue, ailleurs, c’est l’Etat. Mais ici, ce sont des privés qui construisent. Hélas ! Nous continuerons à parler dans le respect, dans la dignité jusqu’à ce que nous aurons ce que nous voulons pour le bien-être de notre communauté.

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