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Martin Kobler, représentant spécial de Ban Ki-moon en RDC sur Rfi

Martin Kobler, représentant spécial du secrétaire général de l'Onu en Rdc

Martin Kobler, représentant spécial du secrétaire général de l’Onu en Rdc

« La réunion n’était pas secrète, la réunion était discrète. […] Il faut encourager et demander au FDLR de désarmer volontairement, si cela marche paisiblement c’est mieux, mais l’option militaire reste sur la table. […] On a maintenant le reste, le reste des génocidaires qui ne veulent pas rentrer au Rwanda, il faut trouver une solution pour eux. Le gouvernement de la RDC a un plan de relocalisation en dehors des Kivu. Ils ne peuvent pas rester au Nord-Kivu, ils ne peuvent pas rester au Sud-Kivu ».

Un chef rebelle sous sanction de l’ONU qui voyage librement dans un avion de l’ONU, ce n’est pas banal ! C’est pourtant ce qui est arrivé il y a quelques jours pour préparer une rencontre très secrète à Rome, en Italie, entre les autorités congolaises et les rebelles hutus rwandais des FDLR.  A quoi a servi cette réunion confidentielle du 26 juin ? Le chef de la Monusco, la Mission de l’ONU pour la stabilisation en RD Congo, l’Allemand Martin Kobler y était.

RFI : Pourquoi cette rencontre secrète la semaine dernière à Rome, en Italie, avec les rebelles Hutus rwandais des FDLR ?

Martin Kobler : La réunion n’était pas secrète, elle était discrète. Et on a dit, c’est la première réunion, maintenant c’est confidentiel, ce n’est pas secret, mais le contenu est confidentiel.

Pour l’instant, le désarmement volontaire des FDLR ne marche pas, puisque ça concerne que 10% des combattants. Quelles sont les options possibles pour atteindre cet objectif ?

M K : Je ne voudrais pas dire ça ne marche pas. Pour moi, ce n’est pas encore un processus crédible, c’est vrai, il faut encourager et demander aux FDLR de désarmer volontairement. Si ça marche paisiblement avec le désarmement, c’est mieux, mais l’option militaire reste sur la table.

Pour convaincre tous les FDLR de rendre leurs armes, il faut offrir un pays d’accueil à ceux qui ne veulent pas rentrer au Rwanda, or le Congo-Kinshasa dit qu’il ne veut pas les garder sur son territoire, est-ce que cela ne ralentit pas le processus ?

M K: C’est vrai, on a des problèmes, mais la première option c’est le rapatriement. Ce sont en particulier des jeunes combattants qui peuvent être intégrés dans la société rwandaise. On l’a déjà fait 11 000 fois depuis 2002, maintenant reste peut-être 1 500 ou 2 000 personnes qui doivent être rapatriés et on encourage ceux qui veulent rentrer avec leurs dépendants, avec leur famille, volontairement au Rwanda de le faire, on les assiste.

Avant éventuellement de rentrer au Rwanda, les dirigeants des FDLR réclament un dialogue inclusif avec les autorités rwandaises, mais celles-ci refusent de parler avec les génocidaires, quelle est la solution ?

M K: Notre position est très claire : le processus de désarmement volontaire n’est pas lié, ils doivent volontairement désarmer, les questions politiques ne sont pas discutées.

Mais pour encourager les gens à rentrer au Rwanda ne vaut-il pas mieux un dialogue avec les autorités rwandaises ?

M K: On a rapatrié dans les dernières années plus de 11 000 combattants, sans dialogue, en particulier ceux qui n’ont rien à faire avec le génocide. S’ils sont nés au Congo, s’ils ont 20, 25, 30 ans, s’ils ne sont pas impliqués dans les génocides en 94, c’est pourquoi ils peuvent rentrer au Rwanda. On a ensuite le reste, les génocidaires qui ne veulent pas rentrer au Rwanda, il faut trouver une solution pour eux. Le gouvernement de la RDC a un plan de relocalisation au dehors des Kivus.

Une relocalisation à l’ouest du Congo-Kinshasa par exemple ?

M K: Ils ne peuvent pas rester au Nord-Kivu, ils ne peuvent pas rester au Sud-Kivu.

Vous dites que vous ne faites pas de politique, mais lors de ces discutions à Rome sous l’égide de Sant’Egidio, vous avez quand même parlé au président des FDLR, Victor Byiringiro, est-ce que ce n’est pas la preuve qu’il a eu des discutions à caractère politique ?

Non, on avait quelques membres du leadership des FDLR, mais Victor Byiringiro n’était pas à Rome.

Alors si Victor Byiringiro n’était pas lui même à Rome, d’autres leaders des FDLR étaient présents, peut-on parler avec des hommes politiques sans parler politique ?

M K: Comme j’ai dit, on ne parle pas de Rome et du contenu de cette réunion parce que c’est confidentiel, mais il faut avoir un processus crédible pour le désarmement volontaire.

Pour pouvoir organiser cette réunion, vous avez accepté de transporter du Nord-Kivu à Kinshasa, plusieurs responsables FDLR dont leur président Victor Byiringiro qui est sous sanction des Nations unies, donc, du coup, le Rwanda vous accuse d’avoir violé les procédures de l’ONU ?

M K: Mais non, monsieur Victor n’a pas obtenu cette permission de voyager, il est resté ici au Congo, il n’a pas voyagé à Rome.

Il n’a pas voyagé de Kinshasa jusqu’à Rome, mais il a quand même voyagé du Nord-Kivu jusqu’à Kinshasa dans un avion de la Monusco ?

M K: Oui.

Et de ce point de vue, vous n’avez pas violé les procédures des Nations unies ?

M K: Non, ce sont les voyages internationaux en dehors du Congo et il n’a jamais quitté le Congo.

C’est-à-dire que même si quelqu’un est sous sanction des Nations unies, la Monusco peut le transporter à l’intérieur du Congo ?

M K: On a respecté les règles des Nations unies, il n’a pas quitté le pays. Pour nous, la chose la plus importante est de restituer la paix.

 

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Posté par on juil 2 2014. Classé sous A la une, National, Politique. Vous pouvez suivre toute les entrées a travers le RSS 2.0. Vous pouvez aller directement à la fin et laisser un commentaire. Envoyer un ping n'est pas actuellement autorisé.

3 commentaires pour “Martin Kobler, représentant spécial de Ban Ki-moon en RDC sur Rfi”

  1. NKOSI SIKELELE

    Le sénateur Jacques Djoli a dénoncé le projet visant la relocalisation des éléments des Fdlr dans les territoires de la province de l’Equateur. Le sénateur voit dans ce projet l’idée de transporter la guerre à l’Equateur. Il s’oppose ainsi à cette démarche. Il a fait savoir à «CongoNews», qu’il envisage une dynamique pour barrer la route à cette aventure.
    L’ancien vice-président de la Ceni, a été suivi dans sa logique par l’Association des ressortissants de l’Equateur «Le Grand Equateur», qui a abondé dans le même sens via une prise de position commune. Dans cette prise de position, les originaires de la province de l’Equateur réunis au sein du «Grand Equateur» -Association socioculturelle regroupant les fils et filles de ladite province ont manifesté leurs inquiétudes sur le projet imminent de relocalisation des éléments du Front Démocratique pour la Libération du Rwanda, Fdlc chez-eux. «Le Grand Equateur» attire à cette même occasion l’attention de la Monusco et du gouvernement de la République sur ce projet, que les originaires de l’Equateur qualifient de macabre.

    Les Equatoriens ont désapprouvé à l’unisson l’initiative de ce transfert. «Le Grand Equateur» tient à relayer l’opposition catégorique des ressortissants de la province de l’Equateur à cette démarche en raison des conséquences fâcheuses que cette opération produirait dans ladite province. Entre autres rasions de rejet de ce projet, l’association rappelle que les Ressortissants de la province de l’Equateur ont encore frais en mémoire les atrocités et les tueries entre Hutu et Tutsi dans la province, notamment à Mbandaka, lors de l’entrée des éléments de l’AFDL. Dans leur prise de position, les ressortissants de l’Equateur se plaignent qu’à cette période, ils ont vu défiler dans leur province des troupes des différentes nations aux moeurs peu recommandables et aux états sérologiques douteux, dont les tares ne sont pas faciles à éradiquer.

    Il s’agit surtout des troupes rwandaises, tchadiennes, namibiennes, zimbabwéennes, tanzaniennes, ougandaises et autres Mbororo aux statuts ambigus. Aussi, importe-t-il de préciser que lors du passage de ces troupes, plusieurs familles ont été disloquées, des jeunes filles enlevées pour servir d’esclaves sexuels de leurs bourreaux, d’autres encore violées, rendues grosses contre leur volonté et abandonnées, note «Le Grande Equateur» dans sa prise de position. Où il rappelle l’instabilité consécutive à la rébellion «Enyele», tout comme la forte militarisation du Nord Equateur dénoncée en son temps, doublée d’une forte concentration dans le Centre commando de Kotakoli, des centaines d’hommes en uniforme à consonance linguistique commune avec les Fdlr.

    Toujours dans leur prise de position, les ressortissants de l’Equateur redoutent le flux des réfugiés centrafricains parmi lesquels on compte des hommes en armes et dont la présence constitue un danger permanent. Ils s’inquiètent par ailleurs de l’instabilité politique grandissante en République Centrafricaine voisine qui peut à tout moment s’importer dans la province à moindre facture ; évoquant l’instabilité qui proviendrait du Sud-Soudan. En conclusion, les Ressortissants de la province de l’Equateur, toutes tendances confondues, rappellent d’une part, à la communauté internationale, à travers la MONUSCO qui a le mandat de protéger les populations civiles, d’assurer préventivement la protection des populations de la province de l’Equateur dans ce projet imminent décrié et, d’autre part, au gouvernement de la République démocratique du Congo de faire observer les normes des Nations Unies en relocalisant ces criminels de Fdlr à 300 km de leur pays d’origine afin de rassurer les uns et les autres de leur contrôle.

    Samuel Mbuta
    Kinshasa, 13/06/2014 (Congo News, via mediacongo.net)

  2. NKOSI SIKELELE

    Les autorités de la province de l’Equateur lors d’une réunion tenue le mois dernier à Kinshasa ont attiré l’attention de l’option nationale et internationale leur refus de relocalisation des FDLR dans la province de l’Equateur, or en dehors de l’Equateur la province du Bas-Congo est visée dans sa partie littorale (Muanda). Sur ce, la vigilance oblige pour freiner le plan rwandais chez les nekongos. Nous pleurons les makese de BDM tués innocemment pour cause de positionnement. Nous ne voulons pas vivre le calvaire vécu par nos frères et sœurs de l’Est. Voila la présence des sujets aux origines douteux en fonction dans la province chère à Simon Kimbangu.

  3. Don Pépé Mpela

    Au fait, c’est aux intellectuels congolais de comprendre ce qui se joue dans ce chassé-croisé entre les animateurs de différentes institutions en RDC si non, il nous sera difficile de savoir pourquoi Jésus et Satan, deux enfants de Dieu mais, voilà que ces deux là sont représentés l’un en blanc et l’autre en noir. Quel ce papa Kongo qui toussera pas voire criera pas lorsque du vente de sa chère épouse, deux rejetons sortent de deux couleurs différentes ? Si réellement tous ces gens parlent du même Congo que nous, il se s’interroger si :
    1. Pour les discussions des Rwandais le représentant de l’ONU au Rwanda ou ailleurs ne le fait pas à domicile. Pourquoi les discussions de la RDC sont toujours éloignées de notre territoire ?
    2. M. Kobler, n’est-ce pas un autre haut Commissaire de l’UE en RDC chargé des affaires étrangères et humanitaires en Afrique ? Qu’il nous dise l’alinéa voire l’article de la résolution onusienne qui lui octroie cette démarche. Trafiquant blanc en terre Congolaise pour nous distraire davantage.
    3. Il est la personne sur qui la stratégie occidentale se définie. Car, dés lors qu’il arrive à réunir politiciens du régime et ceux de l’opposition, le communauté dite internationale envoie ses feu man pour intimider Kabila afin de ne pas toucher à la constitution et de quitter le pouvoir selon la loi. Ok. Or, il se fait que Kabila ne soit pas le seul dirigeant africain fin mandat. Pourquoi on ne dit pas aux autres comme les Sassou et le Dos santos ? Résultat, kabila touchera la constitution. Pour ne pas le faire, il dira que OUI , mais condition que mes confrères africains ne le fassent pas vu que nous sommes tous fin mandat. Résultat, cette communauté se moque de vous et montre à Kabila que faire pour rester eu pouvoir. De même Kobler, il sait comment faire pour que les Rwandais ne rentrent pas chez eux si non lui n’aura plus du travail. Que faire et comment éviter le bain de sang lorsqu’on voie ce que Kabila a reçu de la Russie pour faire face aux drônes américaines une fois il touche la constitution ! A mon avis, la communauté internationale rime avec la corruption voire la moquerie pour la vie des pauvres. Pitié pour tout un peuple qui ne comprend rien.

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