Interview : ‘’…au Kongo Central, les consultations voulues par le chef de l’Etat n’ont pas été inclusives…’’.

Interview : ‘’…au Kongo Central, les consultations voulues par le chef de l’Etat n’ont pas été inclusives…’’.

Au Kongo Central, les consultations provinciales ont pris fin. Les groupes reçus par Jacques Mbadu, le gouverneur de province disent oui à la table ronde. C’est autant pour la société civile forces vives, signale Valentin Vangi son coordonnateur bien que mécontente de n’avoir pas été reçue.

Valentin Vangi,coordonnateur de la société civile forces vives Kongo central/Infobascongo

Valentin Vangi,coordonnateur de la société civile forces vives Kongo central/Infobascongo

Infobascongo (IBC) : Après les consultations initiées par le chef de l’Etat sur le plan national. Ce sont les concertations en province. Fallait-il que les provinces entrent aussi dans la danse ?
Valentin Vangi (VV) : Oui. Le chef de l’Etat a voulu un processus de consultation participatif et inclusif. C’est son souci. Mais c’est la compréhension de sa vision qui a posé problème. Nous avons vu dans d’autres provinces que ces concertations ont été un succès. Nous avons vu que le gouverneur de Kasaï-Occidental est allé même dans les territoires. Par contre cette vision n’a pas été comprise au Kongo Central. La semaine passée, nous avons été contactés par le cabinet du gouverneur. Il nous a même demandé le nombre des personnes qui constituent la société civile. De notre part, nous avons réuni toutes les coordinations au niveau des territoires. Le lundi, nous avons réuni tous les groupes thématiques pour préparer le cahier de charge. Malheureusement, nous sommes dans le regret de constater qu’au Kongo Central, les concertations voulues par le chef de l’Etat n’ont pas été inclusives. Nous étions surpris que ce soit les associations des faits qui ont été reçus par le gouverneur. Par contre, nous qui avons l’emprise sur la base nous n’avons pas été reçus. Nous ne savons pas pour quelle raison.
Nous sommes frustrés. Ces concertations ne sont pas une initiative provinciale. Les gouverneurs ont juste reçu le mandat du chef de l’Etat. Il ne peut pas continuer le travail en province à cause de ses multiples charges. Et donc, le gouverneur du Kongo Central n’avait pas raison de choisir les couches sociales ou politiques à rencontrer. Nous disons ce n’est pas respecter les instructions du chef de l’Etat.
IBC : Pourquoi soutenez-vous ce dialogue maintenant seulement pourtant en 2012 déjà, les accords d’Addis-Abeba le programmaient ? Et quel rôle le gouverneur du Kongo Central jouer ?
VV : En 2013, nous avons eu les concertations nationales. Le dialogue n’est pas une obligation mais une convocation selon le besoin. Aujourd’hui, le besoin c’est d’avoir un processus électoral apaisé. Très souvent dans notre pays les élections apportent la mort au lieu du développement. Nous pensons que ce dialogue est opportun vu les thèmes inscrits à l’ordre du jour. L’idée du chef de l’Etat est bonne. Au sujet du rôle à jouer par le gouverneur,à la lumière de ce qui vient de se passer, qu’il ne joue aucun rôle. Nous qui avons la maturité politique nous ne pouvons pas comprendre. Le prophète Simon Kimbangu et Kimpa Vita qui ont milité pour l’indépendance sont originaires du Kongo Central. Cette province ne peut pas accepter l’exclusion. Que le chef de l’Etat avec le bureau de facilitation organise les travaux voire faire le choix des participants.
IBC : Quels sont les problèmes que la société civile voulait mettre sur la table de l’exécutif provincial ?
VV : Il s’agit du calendrier électoral qui pose problème. La Société Civile Forces Vives dit oui aux discussions autour du calendrier électoral publié par la CENI tout en respectant la Constitution et les institutions. Autre problème, c’est l’enrôlement de nouveaux majeurs. Nous disons oui pour vu que cette opération n’entrave pas le processus électoral déjà en cours. La CENI dit que les élections provinciales et locales organisées cette année sont des arriérés. A ce titre, elle a prévu d’enregistrer les nouveaux majeurs en janvier prochain. Et donc, nous nous pensons que si ce calendrier peut être respecté comme tel. Le faire maintenant veut dire que les élections prévues en 2015 ne peuvent pas avoir lieu. Or, la Société Civile Forces Vives est fortement attachée à l’organisation des élections locales. Elle permettra la mise en œuvre de la décentralisation, la stabilité au niveau local. Aujourd’hui, comparons le programme du gouvernement provincial ou national par rapport au vécu quotidien de la population, au développement. Nous sommes très bas. Nous voulons que les élections locales aient lieu, que nous ayons des élus émanant de la volonté de la population. Puisque tous les chefs de secteurs, les maires des villes, les bourgmestres sont recommandés par les députés ou par les partis politiques,ils leur sont redevables et non à la population. Je sais qu’ils ne reçoivent plus les frais de fonctionnement et de développement. Ce qui est encore à déplorer. Mais quand ils recevaient cet argent, quel était leur plan de développement ? Nous sommes fortement attachés à la tenue des élections locales et provinciales. Nous avons des élus qui ont fait 10 ans. Vous comprenez qu’ils ne sont plus redevables à leur base. Ils s’enfoutent. Il faut que les choses changent. La valeur des institutions dépend des animateurs. Ceux qui sont en place ont démontré leur limite. Nous avons un problème de financement pour la tenue des élections. Nous nous disons, c’est notre responsabilité. Que le gouvernement fasse comme en 2011. On ne peut ne pas respecter le calendrier électoral à cause de financement 55 ans après l’indépendance. C’est une honte ! Nous avons atteint la limite de la maturité. Le chef de l’Etat a déclaré que la Rd Congo est devenu de nouveau debout. Par conséquent, nous sommes capables de financer nos élections. Autre problème spécifique pour le Kongo Central, c’est l’arrêté du Premier ministre interdisant l’importation des véhicules vieux de 10 ans. La conséquence directe est que plus de 35 000 personnes sont frustrées. Elles dépendaient de cette activité car elles transportaient ce qu’on appelait ‘’bilokos’’. Que le premier ministre revoit sa décision, c’est très important pour le Kongo Central. Nous le voulons avant la tenue des élections. Concernant le projet Inga 3, on parle de 14 000 emplois. Quelle est la situation du Kongo Central ? Toutes les opportunités d’emploi, 80% des travailleurs sont des recommandés. Etant nationaliste, j’aime qu’on privilégie aussi les fils et filles Ne Kongo puisqu’ils sortent des universités. Nous voulons que ce dialogue national soit facilité par les Congolais eux-mêmes. Que le chef de l’Etat nomme un bureau de facilitation en tenant compte du genre. Qu’il ne commette pas l’erreur des concertations nationales en nommant le président de l’Assemblée nationale et du Sénat. Les résultats, vous le connaissez ! C’est la vision de la Société Civile Forces Vives du Kongo Central sous l’accomplissement bien entendu de la communauté internationale.
IBC : Le but de ce dialogue, c’est notamment un calendrier électoral consensuel. Faut-il parler des élections avec le président Kabila ou la Commission electorale nationale indépendante (CENI) ?
VV : Mais qui a l’imperium ? C’est Joseph Kabila. Qu’on le veule ou pas. Toutes les institutions lui sont soumises. Donc nous devons parler avec la personne qui a la vision. La CENI n’est qu’un organe technique qui exécute ce que la personne qui a l’imperium veut.
IBC : Si les recommandations des concertations de 2013 (près de 600) n’ont presque pas été appliquées ceux du dialogue, les seront-elles ?
VV : Je suis déçu ! Je ne peux pas comprendre que j’aie passé plus de 35 jours à Kinshasa laissant mon travail et puis à la fin on parle de 100 recommandations prioritaires et sa mise en œuvre est de 23%. Ce n’est pas normal pour un pays qui se respecte. Je crois ici le contexte est différent. Avec le dialogue national, il est question de dialoguer au sujet des questions spécifiques (calendrier électoral, enrôlement de nouveaux majeurs, sécurisation, financement). Avec ça, nous aurons quatre résolutions et c’est facile de les exécuter. Par contre, les concertations nationales étaient globales avec tous les aspects de la vie sociale.
IBC : Comment expliquez-vous que l’UDPS qui a toujours clamé la tricherie accepte aujourd’hui le dialogue ? Et l’opposition est pour l’instant divisée. N’est-ce pas là un stratagème de la Majorité présidentielle : diviser pour mieux régner ?
VV : Le monde n’appartient pas aux radicaux. Les grands sont ceux qui savent concéder. Si l’UDPS trouve qu’on avait volé son pouvoir et que maintenant, c’est l’organisation des élections transparentes, j’accepte également et je le félicite.
Aussi, je m’oppose à l’opposition. Nous sommes allés aux concertations nationales, elle a refusé de prendre part. Je crois que la politique de la chaise vide est indécise. Il faut affronter les gens. Comment peut-on trouver des solutions à un problème ? C’est autour d’une table. Si on ne s’accorde pas, on ne signe pas les conclusions. Que l’on veule ou pas le peuple et la nation, ils sont l’intérêt commun de l’opposition, le pouvoir, la société civile. Je crois que c’est une mauvaise décision de ne pas participer.

2 Responses to "Interview : ‘’…au Kongo Central, les consultations voulues par le chef de l’Etat n’ont pas été inclusives…’’."

  1. Mamona Mbua  2 juillet 2015 at 15:34

    Mr. Valentin,

    Je suis très content de savoir que tu t’affiche dans un journal publié dans le Bas-Congo. Il est aussi établi que tu animes la société civile du Bas/Congo.
    Deux questions que je voudrais te poser sont simples. A t-on déjà vu un voleur crié aux voleurs? A t-on déjà vu un pyromane se transformer en sapeur pompier? Un adage Kongo dit: « Nkutu a zowa, nkumbu mosi batulanga yo koko, nkumbu nzole zoba lukidi. » A comprendre qui veut? Les intellectuels Congolais ont perdu raison? Tu affirmes une chose et son contraire à la fois. Sur plus de 600 recommendations de la concertation de 2013, seules 100 ont connu un début d’application, c’est-à’dire 23%. Aujourd’hui, un autre dialogue est convoqué. Pour traiter quoi? Tous les problèmes évoqués peuvent être traités en dehors de l’institution Présidence de la République.

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  2. Kembo wa Kembo  1 juillet 2015 at 14:15

    S.O.S
    Sur ce, il n’est pas bon d’exclure qui que se soit, SVP… Le Dialogue n’a pas un agenda cache…
    Ce comportement n’est pas correct….

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