Kinshasa : un mode opératoire en chantier pour les acteurs de la protection de l’enfant

Kinshasa : un mode opératoire en chantier pour les acteurs de la protection de l’enfant

Des acteurs de la protection de l’enfant viennent de participer à l’atelier de développement d’un mode opératoire pour les travailleurs sociaux à l’Université protestante au Congo. Au terme de trois jours de travail sous notamment la co-facilitation de Fatou Alpha Cissé, chargée de programmes de l’Afrique Subsaharienne du Bureau international des droits des enfants (IBCR),ces acteurs soutiennent la validation et la vulgarisation de ce guide.

Didier Kabeya, Assistant social, chef de pool des assistants sociaux près du tribunal d’enfants de Kinshasa Gombe.
Je viens de participer à cet atelier que j’estime très important parce qu’au niveau de la prise en charge des problèmes des enfants, il y a beaucoup de gens qui ne maîtrisent pas la procédure. Des fois, il y a des personnes qui n’ont ni qualité ni formation qui s’amusent à accompagner les enfants pendant qu’il y a des personnes à titrées qui doivent être formées et informées et bien disposées à accomplir leur mission.
L’atelier a tourné autour de la mise en place du mode opératoire pour les travailleurs sociaux. C’est très important parce que chez nous, il y a beaucoup de charlatans. La procédure pour accompagner de son milieu de vie ;du milieu ou son problème est posé jusqu’à la résolution de ce problème, il y a beaucoup de gens qui ne maîtrisent pas comment le faire. Mais avec la mise en place de ce document que nous espérons sera bien diffusé à travers le pays, il y aura la résolution du problème de : comment répondre aux problèmes de l’enfant ? Qui peut accompagner l’enfant ? Qui peut trouver la solution au problème de cet enfant ? Comment accompagner l’enfant ? Avec qui travailler ?
Que l’IBCR ne baisse pas les bras. L’étendue de la République est vaste mais il vient d’affronter quelque chose que les gens ne pouvaient considérer comme important. Si nous avons beaucoup de problèmes dans les tribunaux, dans les centres d’hébergements, c’est parce qu’il n’y a pas une procédure claire sur : Qui peut faire quoi ? Avec qui ? Et comment le faire ?
Néhémie Nkusu, président de la Fraternité des prisons du Kongo Central.
Cet atelier était très important pour moi. Cela m’a permis d’accroitre beaucoup de notions mais aussi d’approfondir d’autres que j’avais mais dont je n’avais pas de maîtrise. En tant qu’acteurs dans le secteur de la justice précisément dans le domaine pénitentiaire, nous sommes en face de beaucoup d’enfants dans des quartiers spéciaux des mineurs, dans des prisons… J’ai compris maintenant le parcours de l’enfant que ce soit en situation difficile, enfant en conflit avec la loi, l’enfant victime ou témoin et ou qualifié d’infraction. J’ai été suffisamment outillé et édifié pour savoir comment il peut être géré, accompagné, assiste par les différents acteurs, entre autres, les travailleurs sociaux, les OPJ, les APJ.
Je remercie sincèrement l’IBCR. Nous avons beaucoup d’acteurs qui interviennent dans le domaine de la protection de l’enfant, chacun se débrouille d’une manière ou d’une autre. Maintenant avec ce mode opératoire, nous aurons un outil de référence pour chacun des acteurs. Nous avons tous contribué. Il devra être rédigé, validé et diffusé.

Henri Fataki, chef de division provinciale de la justice du Kongo Central.
Il fallait bien que cet atelier ait lieu. La question des enfants est cruciale. Sur le terrain, nous rencontrons des difficultés. Avec nos structures publiques telles que les EGE qui ne fonctionnent plus, actuellement les enfants se retrouvent parfois dans des structures, des pièces que nous organisons au sein de détention qu’on appelle des pavillons pour mineurs. Or, ces espaces ne sont pas prévus pour les enfants. Faute de mieux, nous les acceptons dedans avec une sorte d’isolement. Nous pouvons qualifier cela de détention préventive or, l’enfant ne peut pas être en détention préventive. Avec ce mode opératoire, une fois diffusé, cela va nous permettre de changer de comportement sur le terrain.
David Bodeli, commandant de l’escadron de protection de l’enfant et des préventions de violences sexuelles de Bukavu au Sud-Kivu

Dans cet atelier, nous avons défini le rôle d’un assistant social, expliqué le schéma que doit suivre l’accompagnement que ce soit d’un enfant en situation difficile, d’un enfant victime ou témoin de violence. Il y a le draft qui est proposé, des éléments seront mis dans ce guide et dans les jours à venir, il sera opérationnel. Ce guide sera très utile pour les assistants sociaux et pour ceux qui travaillent avec eux. Les gens pourront connaître ce que fait l’assistant social, son importance…
Ce document est important pour les policiers et surtout pour nous qui travaillons dans les unités spécialisées de protection de l’enfant dans le sens que nous travaillons en synergie, la protection de l’enfant n’étant pas l’affaire d’une seule personne. Des référencements doivent être faits. Il s’agit pour moi de connaitre que peut m’apporter comme service un assistant social lorsque je suis avec un enfant en situation difficile, en conflit avec la loi, victime et ou témoin des faits infractionnels.

Docteur Jérémie Muhindo, médecin chef de zone de santé de Kamango au Nord Kivu.
La matière de cet atelier était très intéressante surtout qu’il s’agissait du mode opératoire que nous voulons mettre à disposition des assistants sociaux qui vont s’en servir pour la protection de l’enfant. Nous avons usé de toutes les sources scientifiques et pratiques pour mettre un mode opératoire qui va servir. Il répond exactement au standard international. Et pourquoi, un médecin dans un tel atelier ? Je réponds : ‘’Un monde, une santé’’. Il y a la multisectorialité, la multidisciplinarité dans le cadre de la protection de l’enfant.
Nous félicitons l’IBCR et encourageons surtout la formation des assistants sociaux. Nous comprenons qu’avec IBCR, il y a des outils de référence mais aussi des cadres sur lesquels les assistants sociaux peuvent s’appuyer.

 

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