La RDC s’inspire de bonnes pratiques marocaines et Ivoiriennes sur la protection de l’enfant

Après vingt jours en Côte d’Ivoire et au Maroc, les membres du groupe de travail multisectoriel du projet de renforcement des capacités des policiers, du personnel judiciaire et des travailleurs sociaux, projet du gouvernement Congolais appuyé par les Affaires Mondiales Canada pour le compte du Canada et mis en œuvre par le Bureau international des droits des enfants (IBCR) ont restitué leur voyage au cours d’un atelier à Sultani à Kinshasa. Ils ont fait des recommandations tirées des bonnes pratiques sur la protection de l’enfant observées dans ces deux pays assortis des modalités de leur mise en œuvre en RDC. Le représentant du ministre des Affaires sociales ayant ouvert et clôturé la cérémonie s’est engagé à faire tout ce qui est en son pouvoir pour assurer la prise en compte de ces recommandations.

Des applaudissements! Ceux des représentants des membres du groupe multisectoriel du projet, des institutions partenaires du secteur de justice, police et travail social, des organisations de la société civile et internationale.  Flory Mutiri, le directeur de cabinet adjoint du ministre des Affaires sociales vient de recevoir des mains de Serge Bouopda Guechou, le chef du projet IBCR, la revue des outils collectés pendant les missions. Il relève plusieurs bonnes pratiques dont quelques-unes viennent d’être expliquées à titre indicatif par les missionnaires.

  • Sur le plan de la justice

-la nécessité pour le gouvernement et les acteurs de définir une politique nationale de protection de l’enfant en vue de designer les priorités et les axes stratégiques ainsi que la détermination des moyens nécessaires. La nécessité d’améliorer la coordination des interventions des acteurs intervenants dans le système de protection de l’enfant en RDC;

-la nécessité d’intégrer de manière permanente et obligatoire des modules de formation portant sur les droits et la protection des enfants au sein de l’Institut national de formation judiciaire(Inaforj) et dans ses départements;

-la nécessité de développer des manuels des procédures devant orienter les magistrats, personnels judiciaires et agents pénitentiaires dans le domaine de la justice;

-la nécessité de réviser la Loi portant protection de l’Enfant (LPE) pour diverses raisons notamment d’introduire la possibilité de permettre aux juges pour enfant de siéger avec des assesseurs (travailleurs sociaux) et adopter les mesures d’applications de la LPE;

-la nécessité d’actionner les mécanismes de médiation en faveur des enfants en conflits avec la loi comme mécanisme extrajudiciaire impliquant les acteurs de la communauté…

 

  • Sur le plan de la police 

-la nécessité d’intégrer le cours sur les droits et la protection de l’enfant dans le curricula de formation de la Direction générale des écoles et formations de la Police nationale congolaise dispensé dans les écoles et l’Académie à tous les niveaux (formation initiale, spécialisée et continue);

-la mise en application du guide opérationnel d’encadrement des escadrons de protection de l’enfant et des préventions des violences sexuelles (PEPVS) dans le domaine de la protection de l’enfant par le commissaire général de la Police nationale congolaise;

-la mise à disposition d’un pool d’assistants sociaux de référence au sein des escadrons PEPVS par une décision d’affectation des divisions des Affaires sociales.

 

Sur le plan travail social

 

-l’amélioration et l’intégration du cours sur les droits et la protection de l’enfant dans le bloc programme de l’Institut national des travailleurs sociaux(INTS);

-développer des filières au sein de l’INTS qui prennent en compte d’autres catégories des travailleurs sociaux par l’intervention du ministère des Affaires sociales;

-la nécessité de développer des politiques sectoriels intégrées dans le document de la politique nationale de la protection de l’enfant à définir;

-la nécessité d’intégrer dans la pratique congolaise l’approche de parentalité positive dans le processus de réhabilitation des enfants en situation difficile et enfant en conflit avec la loi;

 

-production d’un document de politique nationale de protection de l’enfant ;

-réhabilitation effective des centres des centres de promotion sociale ;

-formation des autres catégories de travailleurs sociaux qui sont déjà sur le terrain : les éducateurs spécialisés ;

-établissement d’une cartographie nationale des zones de grandes vulnérabilités des enfants ainsi que les structures de prise en charge des différentes vulnérabilités ;

-généralisation de l’approche de parentalité positive dans le processus de réhabilitation des enfants en situation difficile et enfant en conflit avec la loi…

Les éléments ont été récoltés du 25 au 4 octobre au Maroc et du 17 au 28 octobre 2017 en Côte d’Ivoire.

Le gouvernement engagé à intégrer les bonnes pratiques

Ambassadeur du Canada en RDC Nicolas Simard qui a relevé que ces deux pays ont fait des avancées significatives dans la protection de l’enfant espère que les uns et les autres vont tirer profits de cette opportunité de capitaliser les expériences réussies.

Une belle surprise dans cet atelier : la présence de Sekinnah Lonji. Cette jeune reporter de l’Unicef a relayé Emile Darribere, coordonnateur technique de l’IBCR dans la modération.‘’ Ma présence ici témoigne de votre volonté de soutenir l’enfant’ ’, a-t-elle dit heureuse avant de demander ‘’la prise des mesures adéquates pour l’amélioration des conditions des enfants et la mise en œuvre des bonnes pratiques’’. ‘’Je puis vous assurer que le gouvernement est engagé et déterminé à tout mettre en œuvre pour améliorer tant soit peu les conditions de prise en charge des enfants qui sont en contact avec les services de sécurité et de la justice’’, a conclu le directeur de cabinet adjoint du ministre des Affaires sociale.

 

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