Kolwezi: des jeunes filles produisent des logiciels inédits

Kolwezi: des jeunes filles produisent des logiciels inédits

Au Lualaba où, il existe des écarts entre les sexes sur  l’accès et l’utilisation des technologies, des structures qui promeuvent les NTIC, se battent pour combler le fossé. A l’occasion du mois de la femme ML-Core,une entreprise a organisé une exposition sur les NTIC au complexe scolaire Les Calinours en commue Manika en faveur des instituts supérieurs et universitaires de Kolwezi. Les femmes ont conçu des logiciels qui ont battu en brèche les préjugés.

Ce matin de mars, la cour du complexe scolaire Les Calinours est parsemée des tentes. C’est ‘’l’expo de la jeune fille du Lualaba et les NTIC’’. Dans la première, deux filles de blouson vêtues. Elles sont de l’Université du Cepromad. Elles expliquent aux visiteurs le logiciel « enregistrement des mariages ». Il permet d’enregistrer les mariages civils dans les communes. Elles l’ont expérimenté dans la commune Dilala. ‘’Avec ça, un homme ou une femme ne peut plus se marier deux fois’’, explique Irène Kabulo, l’une de conceptrice. ‘’ Nous pouvons aussi l’étendre dans la commune de Dilala’’, ajoute toute souriante, Pereira Samba, sa collègue. Ce qui a réjoui Hélène Kayakeza, directeur de Cabinet de la ministre provincial du Genre, enfant et famille du Lualaba. ‘’Est-ce possible de l’élargir sur toute l’étendue de la RDC ?’’, a-t-elle demandée émue. ‘’Oui’’, a répondu Samba. Et de lancer : ‘’C’est donc une bonne trouvaille pour décourager les hommes qui trompent leurs femmes en contractant d’autres mariages pendant qu’ils sont déjà mariés.’ ’

Un logiciel pour la femme rurale

L’étonnement du directeur de cabinet de la ministre provinciale du genre est encore grand dans le deuxième stand. Ici, deux autres filles ont capitalisé le thème du mois de la femme : ‘’investir dans la force productrice de la femme rurale, priorité de la RDC’’. Ces étudiantes de l’Université pédagogique de Kolwezi (Upkol) ont conçu ‘’Femme rural’’, un logiciel d’enregistrement des femmes rurales de Pibwe, un village expérimental et périphérique de Kolwezi. ‘’ Nous les avons enregistrées selon leurs activités. Cela permettra que l’on sache les atteindre et coordonner de l’aide en leur faveur’’, explique Ariane Kayombo, très confiante. Même des élèves de quelques écoles de Kolwezi ont conçu des programmes informatiques selon qu’ils font la coupe et couture, la biochimie etc. ‘’ Ce sont des thèmes intéressants que vous avez choisi. Cela démontre à suffisance que les femmes sont aussi fortes en NTIC, transcendant les préjugés’’, soutient Kayakeza qui promet un soutien indéfectible du ministère du Genre.

 

La jeune fille et les NTIC

Selon Hamadoun Touré, secrétaire général de l’International telecommunication union, ’’Il est vital d’amener les femmes et les filles vers les technologies de l’information et de la communication, pour plusieurs raisons. Les TIC facilitent l’accès à l’éducation et à la formation, ils améliorent aussi l’accès aux services de santé et la participation dans l’économie et dans la société civile. Dans un monde où 95% de tous les emplois ont une composante numérique, il est critique de favoriser la présence de femmes et de filles dans les TIC’’  C’est aussi cela la vision de ML-Game  qui a organisé cette exposition. Elle, vise d’abord la jeune fille. ‘’Elles sont dynamiques à l’apprentissage et à travers elles, d’autres femmes peuvent aussi apprendre’’, estime Muriel Luba, le coordonnateur de cette ONG, qui promet ‘’continuer à encadrer ces jeunes filles’’.

Par Annitha Kon,correspondante

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