Matadi : la rente de pension, pomme de discorde entre la SCTP et ses retraités

Matadi : la rente de pension, pomme de discorde entre la SCTP et ses retraités

Au bord du précipice, la société commerciale des transports et des ports (sctp) peine à honorer ses engagements. Ses employés drainent plusieurs mois d’arriérés autant que ses retraités. En ultime recours, ces ex employés de l’ex onatra s’en remettent aux autorités provinciales. Ils ont rencontré le ministre provincial de l’ordre public et celui en charge du travail. Ils espèrent ainsi obtenir réparation après plusieurs et vaines tentatives auprès de la sctp.

Photo/infobascongo

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Tôt le matin, hommes et femmes, la majorité de troisième âge, assiègent littéralement le ministère provincial de l’ordre public jouxtant la résidence officielle du gouverneur de province. Les uns, assis à même le sol ; les autres, sur les marches du parvis du ministère, ou debout fulminant de rage, près de soixante – dix retraités de la sctp font le pied de grue. Ils attendent de rencontrer Félicien Mbedi et Jean Bosco Khonde, respectivement ministres de l’ordre public et du travail. La grogne, est partie du gouvernorat ; mais en l’absence du gouverneur, les retraités se sont donc tournés du coté de deux ministres. Leurs revendications, plusieurs mois d’arriérés de rente.
Quarante deux ans de service à son actif, visage renfrogné, Vangu Kongo râle : ‘’ Que la sctp nous paie les 16mois de rente svp! Cette rente est tellement insignifiante, douze, treize voire quinze à seize milles francs congolais par mois et par personne. L’attitude de la sctp ne relève simplement et purement que de la mauvaise foi ’’, regrette le septuagénaire. ‘’Nous avons plusieurs fois écrit aux autorités de la sctp ; une fois, le directeur général en mission à Matadi a même été informé de nos revendications ; mais, toutes les démarches ont obtenu une fin de non recevoir’’, se désole pour sa part Etienne Diwampovesa, président du comité des retraités de la sctp.
Les deux ministres ont finalement rencontré les manifestants. Cinq d’entre eux se sont par la suite entretenus dans le bâtiment avec les représentants du gouverneur ai Atou Matubuana. Ont aussi été présents, Jean-Pierre Dikenda, directeur de port maritime de la sctp et le maire Pathy Nzuzi.

De la patience
Une heure et demie d’âpres discussions après, les deux membres du gouvernement assurant la médiation entre la sctp et ses anciens employés ressortent pour annoncer le compromis au reste des retraités. ‘’ Nous venons d’informer le gouverneur du bras de fer qui vous oppose à la sctp’’, lance Jean Bosco Khonde ; ‘’il s’entretiendra à son tour avec le dg de la sctp en vue d’une solution imminente, monsieur le gouverneur pourrait le cas échéant recourir au ministre d’Etat et des Transports et voies de communication José Makila en cas d’échec avec la direction générale de la sctp’’, rassure le ministre. Mais il prévient :’’Abstenez-vous de tout acte de sabotage que des politiciens ennemis de la paix pourraient récupérer à des fins de déstabilisation en cette période préélectorale’’.
A Félicien Mbedi d’exhorter :’’soyez patients comme vous l’avez été jusque-là’’.

‘’Nous sommes des vieux loups, nous n’avons jamais rien saboté et n’avons aucunement cette intention car depuis toujours nous revendiquons par écrits’’, rétorque Etienne Diwampovesa. Pour le président du comité des retraités de la société commerciale des transports et des ports, patienter est malheureusement devenu un mode de vie. ‘’Nous allons patienter car nous n’avons pas le choix’’, ajoute- t’il résigné.

Photo/infobascongo

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De la poudre aux yeux?
La société commerciale des transports et des ports traverse actuellement une crise sans précédent. Le contexte économique morose et la vétusté des installations du port de Matadi ont plombé l’activité de cette entreprise de l’Etat. Pour ne rien arranger, la concurrence s’est invitée dans ce cocktail déjà explosif avec l’installation y’a un peu plus d’un an d’un port privé à quelques encablures du port international de Matadi. Conséquences, plusieurs mois d’arriérés de salaires à ses employés ; c’est à croire que la situation de retraités est loin, vraiment loin de trouver une issue.

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