Kongo central:le bois d’or ne lutte pas contre le chikungunia

Kongo central:le bois d’or ne lutte pas contre le chikungunia

Depuis la déclaration de l’épidémie du chikungunia à Kinshasa et au Kongo central, de plus en plus de matadiens portent autour du poignée, de la cheville voire de la hanche,la liane du boir d’or(Millettia versicolor), arbre appelé « Mbota » en langue locale. Ils espèrent ainsi se prémunir du chikungunia. Simple croyance selon des médecins.

« J’y crois dur comme fer », lance Nana,l à vingtaine et vendeuse de fripperie à kiamvu. Le bracelet en liane autour du poignée, elle dit l’avoir reçu de sa mère. À ses côtés, deux hommes. Ils affirment avoir un témoignage poignant.  » Le chikungunia a frappé une famille de cinq personnes dans mon quartier. Seul, dit-il, le gars qui portait la liane a été épargné. À son voisin de renchérir:  » C’est traditionnel. Faut y croire autant que le traitement moderne ».
Dans une famille à kinkanda, c’est une septuagénaire et sa petite fille de cinq ans qui en portent. La première au poignée gauche et à la cheville droite, la deuxième au poignée droit. « Au village( nsumbi), nous utilisons le mbota pour se prémunir de plusieurs maladies; pourquoi pas contre le chikungunia, s’exclame- t-elle? ». Octogonaire maman Niangi reconnait que le »‘mbota » est utilisé pour raffermir les jambes des enfants en bas âge qui peinent à marcher. Mais le chikungunia est un moustique. Rien ne résiste au bois noir pour les habitants. Keke, elle, l’a reçu de son père, un intellectuel.  » Papa m’a dit que c’est un anti moustique ».

Le bois noir n’a rien avoir avec le chikungunia

Le Milletia versicolor est une plante de la famille de Fabaceae. Le site plantnet-project.org parle de cette essence comme médicinale,ornementale,fourragère et d’un bois d’oeuvre. Le chikungunia,maladie virale a été déclaré en février à Kinshasa et au Kongo central.Transmis par un moustique,ces symptômes sont:la fièvre,douleurs aux articulations,céphalées,éruptions cutanées…Les dispensaires,hôpitaux sont bondés des malades.Selon F.D du centre de santé.de la DGDA Matadi, »chaque jour,nous enrégistrons plus de 300 malades ». A l’hôpital général de Kiamvu à Matadi,deux à trois malades partagent le lit. Même situation à Kasangulu. Parmi les malades,certains portent pourtant sur le poignée la liane du bois d’or.
Pour docteur Goethe Makindu,  » il n’y a aucun rapport entre la fameuse bracelet et la piqûre du moustique-tigre, à l’origine de la maladie. La psychose qui s’est emparée de la population la pousse à recourir des moyens mêmes les plus farfelues »,regrette le médecin chef de zone de santé de Matadi. Pour rompre et éviter le lien avec le moustique aedes aegypti, Il recommande des moyens préventifs, seules armes contre la maladie dont on a aucun vaccin pour l’heure: la suppression des eaux stagnantes autour des habitations, l’assainissement du milieu avec notamment le désherbage ainsi que la pulvérisation d’insecticides des habitations et la mise en place de grillages anti-moustiques aux fenêtres. A en croire un médecin, une équipe de l’Institut national des recherches biomédicales est attendue à Matadi pour prelever des échantillions.Dans l’entretemps,les familles se sont abandonnés par l’Etat. »Leur silence inquiète,nous dépensons énormément avec cette maladie »,se plaint Bibiane Makwala.
En attendant, pitshen, surfe sur cette psychose pour écouler sa marchandise. Il sillonne Matadi ses lianes en mains à la recherche des clients. Et, il ne chôme pas. « Je ne crois pas trop au pouvoir de répulsion de moustiques du milletsia versicolor(mbota). L’essentiel pour moi est de faire de bonnes affaires », lache-til, sourire aux lèvres.

Leave a Reply

Your email address will not be published.