Le Kongo central pour une stratégie d’adaptation au changement climatique

Le Kongo central pour une stratégie d’adaptation au changement climatique

Le Kongo central comme d’autres provinces de la RDC ne sont pas épargnés par les effets du changement climatique. Ils se font sentir dans plusieurs secteurs et rend les provinces vulnérables. Pour en combattre les conséquences, l’exécutif provincial s’engage à adapter son plan de développement aux nouvelles donnes climatiques. Justin Luemba, vice-gouverneur l’a affirmé à Matadi à l’ouverture de l’atelier de sensibilisation sur l’adaptation aux changements climatiques et son intégration dans les plans de développement provinciaux, organisé par le ministère de l’environnement et développement durable en collaboration avec le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD-RDC).

 » L’intégration de la problématique de questions environnementales et d’adaptation au changement climatique dans le processus de planification provinciale revêt d’une importance capitale. Elle constitue d’ailleurs le 5ème pilier du plan de développement provincial du Kongo central », informe le vice-gouverneur.

PNA, un plan qui traîne le pas

La mise en œuvre de la politique stratégique et plan d’action nationaux pour le changement climatique (PSPA-CC) 2016-2020 centrée à la fois sur les priorités d’atténuation au changement climatique et celles d’adaptation à ses effets, demeure très limitée et non encore mise en œuvre. D’où la nécessité de sensibiliser les parties prenantes sur le processus national d’adaptation aux changements climatiques afin d’actualiser les plans de développement provinciaux.  » Le gouverneur de province a déjà mis en place par arrêté le groupe thématique Changement climatique et développement durable dont la mission essentielle consiste à prendre en compte les questions climatiques dans le processus de planification provinciale », vante-t-il.

Kongo central vulnérable!

Le Kongo central comme Kinshasa, Kwilu, Tshopo, Haut Katanga, est une province vulnérable aux risques climatiques. Le manque d’eau potable, la menace sur la forêt des Mangroves et des infrastructures ainsi que l’érosion côtière en sont une parfaite illustration.  » Des impacts du changement climatique sont déjà perceptibles à travers la province notamment par la persistance de fortes chaleurs, des pluies violentes, la dégradation de terres particulièrement par des érosions ravinattes , l’allongement de la saison sèche, l’augmentation de séquences de sécheresse pendant la saison de pluies, les inondations, la dégradation des pâturages, la pollution de l’air et de l’eau. Ajouter à cela,des pertes en vies humaines enregistrées notamment à Boma, Inkisi, Kimpese, Tshela, Moanda, etc », reconnaît le vice-gouverneur qui pointe aussi « la zone côtière avec son littoral de 40 km confrontée à l’érosion côtière suite à un effet combiné de la topographie, de la nature sableuse du sol et de la dynamique océanique. » C’est dans cette optique que le projet d’appui au processus de « Plan national d’adaptation » (PNA), approuvé par le Fonds vert pour le climat (FVC), va appuyer, dans un cadre pilote, la planification de l’adaptation dans les cinq provinces, pour des secteurs prioritaires comme l’agriculture, le développement rural, la gestion de la zone côtière, la biodiversité, l’énergie, les transports, et l’eau et l’assainissement.

Engagement ferme

La gestion durable de l’environnement et des ressources naturelles vise essentiellement à sauvegarder et à valoriser l’environnement et la biodiversité. Pour y parvenir, l’exécutif provincial se fixe plusieurs objectifs:

  • conserver l’importance et les qualités des ressources naturelles pour une croissance économique durable et une meilleure qualité de vie;
  • assurer les besoins économiques, écologiques et sociaux de la population en ressources forestières, sol et eaux;
  • intégrer la dimension environnementale dans les politiques et actions de développement sectorielles et dans la planification provinciale, communale et locale;
    D’autres stratégies seront prises assure Justin Luemba pour dit-il , »l’amélioration des capacités de résilience y compris des mécanismes de prévention et des réponses aux catastrophes naturelles et au changement climatique. » Il s’agit de:
  • la promotion de modes de production et de consommation durable dans tous les secteurs de développement;
  • la promotion de l’éducation environnementale et des actions de communication;
  • la protection de la biodiversité et la diffusion des variétés résistantes à la sécheresse;
  • la gestion intégrée des ressources en eaux;
  • le développement de l’accès à l’énergie notamment le système décentralisé énergie renouvelable;
  • la gestion des risques naturels à travers notamment le développement du système d’alerte précoce de renforcement du cadre légal et institutionnel de lutte contre les érosions et les inondations;
  • le renforcement des capacités des services météorologiques pour anticiper les évolutions du climat et de la météorologie;
  • la gestion des épidémies et la lutte contre les maladies vectorielles.
     » Nous saluons l’engagement du gouvernement provincial à doter la province d’une stratégie d’adaptation au changement climatique et son intégration au Plan stratégique de développement de la province à savoir le Plan de développement provincial (PDP) », a remercié Charles Wasikama, analyste au PNUD / Kinshasa.  » Nous attendons des recommandations qui puissent servir à enrichir le plan de développement provincial du Kongo central », espère enfin Justin Luemba, s’adressant aux participants. Parmi eux,des délégués du gouvernement de la République, ceux des ONG internationales et nationales et dix animateurs des radios communautaires.
    Cet atelier est financé par le Fonds vert pour le Climat. Il s’achève le 20 juin.

Leave a Reply

Your email address will not be published.