Interview:La Parole à José Ntedika: »Il ne faut pas présenter à l’opinion que le chef de l’Etat ne veut pas prioriser le port en eaux profondes »

Interview:La Parole à José Ntedika: »Il ne faut pas présenter à l’opinion que le chef de l’Etat ne veut pas prioriser le port en eaux profondes »

Au Kongo central, les habitants sont surchauffés à cause du projet du pont route-rail Brazzaville-Kinshasa. La réponse positive du président Félix Tshisekedi à la Banque africaine de développement(BAD) sur ce projet a, davantage, mis le feu aux poudres. Des manifestations s’organisent pour reclamer d’abord la construction du port en eaux profondes de Banana soutenues notamment par l’Assemblée provinciale et les députés nationaux. Nous sommes allés à la rencontre de José Ntedika, membre du collège de conseillers de Félix Tshisekedi en matière d’infrastructures, en séjour à Matadi.

Infobascongo (IBC): Le pont route-rail est vécu comme une menace au Kongo central. Et, la construction du port de Banana comme la parade. Est-ce votre avis?

José Ntedika (JN): il y’ a des remous partout au sujet du pont qui doit être jeté entre Kinshasa et Brazzaville. Il y’ a des contacts avec la Banque africaine de développement (BAD) et cela crée des tensions. Pourtant, ce pont répond aux enjeux d’ordre sous-régional, régional et donc international. Avec la mondialisation et l’intégration, il faut que nous puissions nous relier entre les pays notamment en Afrique, avec l’Union européenne et d’autres pays. Alors les gens revendiquent pour dire qu’il faille d’abord construire le port en eaux profondes de Banana. C’est un projet qui date de longtemps et qui n’est pas encore finalisé mais que prend à bras le corps le chef de l’État. C’est une question de souveraineté et il est donc clair et formel que le pont entre le Congo et la RDC va être réalisé mais que l’on va prioriser le port en eaux profondes de Banana. Le chef de l’État n’a jamais dit qu’on allait commencer par le pont. L’intention, la volonté du gouvernement de la République guidée par le chef de l’État est que l’on puisse commencer par le port de Banana. À propos, il y a un certain nombre de pourparlers en marche de manière à privilégier les intérêts de la RDC et du Kongo central. Donc, on commencera par le port de Banana et ceux qui disent le port de Banana d’abord ne font que rejoindre le chef de l’État. Il y a donc unanimité entre eux et le président Felix Tshisekedi et c’est une bonne chose.

IBC: Tous ces remous, revendications et tensions ne se justifient pas?

JN: Ils n’ont pas lieu d’être. Et ceci relève simplement de la manipulation et c’est ce qui est indécent en politique. j’ai vu des députés marcher. Est-ce leur rôle? La place des députés n’est pas dans la rue mais à l’hémicycle. Avez-vous entendu l’interpellation soit du ministre des Transports soit des Infrastructures pour connaitre la vérité sur ce dossier? Logiquement, ils auraient dû interpeller ces ministres pour apporter la bonne information et de la moralité à la population. Si les députés avaient joué leur rôle toute cette agitation ne serait pas arrivée. Le 18 mai, lors de ma dernière visite à Matadi, j’avais dit que le garant du bon fonctionnement des institutions saura naviguer entre enjeux internationaux et intérêts locaux notamment du Kongo central, c’est ce qu’il est en train de faire. Il a dit « oui à ses pairs pour la construction du pont, il faut l’intégration mais je voudrais aussi avoir les moyens pour construire le port en eaux profondes de Banana », leur expliquait-il et c’est ce qu’on est en train de faire. Sachez que c’est aussi un projet intégrateur qui implique également la réhabilitation et la modernisation des ports de Matadi et Boma. Retenez que le chef de l’État n’a jamais dit qu’on allait commencer par le pont.

IBC: confirmez-vous le début des travaux du port avant août 2020, début des travaux du pont?

JN: C’est un processus. Le ministre des Affaires foncières a récemment remis de titres de propriété. Sachez aussi que le port de Banana devra s’installer dans une zone d’habitation. Il faudra indemniser des gens. De toute façon, les travaux du pont route-rail Brazzaville-Kinshasa ne débuteront pas avant ceux du port de Banana. Il y a déjà des investissements pour 1 milliard quatre cent milles dollars. Nous estimons que c’est insuffisant, qu’il fallait ouvrir le marché à d’autres investisseurs. Nous nous y attelons pour le bien-être du Kongo central et de la RDC.

IBC: Ce projet du port de Banana n’ira-t-il pas au-delà du mandat du président Tshisekedi?

JN: Ne soyez pas calendaires. Vu son étendu, la construction du port de Banana prendra certes beaucoup plus de temps que celle du pont route-rail Brazzaville-Kinshasa, mais la volonté du président de la République est que le port soit d’abord opérationnel. La construction du tunnel de mont Blanc a fait 15 ans. Nous devons apprendre à faire des choses durables pour le bien de nos enfants. Nous ne voulons pas que nos enfants paient le lourd tribu de mauvaises négociations. Ce projet date de huit ans mais il n’est pas encore opérationnel par ce que des gens mal intentionnées veulent en tirer profit.

IBC: Qui, du Congo et de la RDC, profitera du pont route-rail Brazzaville-Kinshasa?

JN: Le Congo ne sera gagnant que si nous sommes nonchalants. Des gros navires accostent à Pointe-Noire. Ce sera plus facile avec l’autoroute qui va jusque Brazzaville d’acheminer la marchandise dans la capitale congolaise. Mais cela ne doit pas nous effrayer. Bien au contraire, nous devons nous rendre plus compétitifs et nous allons nous y employer. À Luanda aussi il y’ a un port en eaux profondes. À nous d’ériger le nôtre pour être plus compétitif. Si ce projet aboutit avec la réhabilitation des ports de Matadi et Boma, le Congo ne va pas nous damer les pions. Ce pont va faciliter la tâche à nos compatriotes qui traversent le fleuve dans des conditions parfois dangereuses pour s’approvisionner en produits manufacturés. Donc, nous allons aussi gagner. Le monde d’aujourdhui est celui d’intégration et de concurrence. À nous de tirer partie de cette compétition. À ce sujet, nous sommes en avance par rapport au Congo sur plusieurs points. Nous avons plus de potentialités en ressources naturelles et humaines et une plus grande étendue que le Congo. Beaucoup d’investisseurs qui y vont le font pour lorgner sur la RDC. Si nous sommes compétitifs, nous pourrons les attirer chez nous! Même si l’importation est faible en RDC, le Kongo central par exemple, peut se servir du marché kinois pour avoir des débouchés. Kinshasa avec ses 12 millions d’habitants constitue un grand marché pour la province. À nous d’être vigilants.

IBC: À quoi la population du Kongo central doit alors s’en tenir d’autant qu’elle entend poursuivre des manifestations?

JN: Il ne faut pas présenter à l’opinion que le chef de l’État ne veut pas prioriser le port en eaux profondes de Banana alors que c’est son intention. Il l’avait dit à Boma le 19 avril lors du lancement des travaux de construction de la route Boma-Moanda et si l’on s’en tient à sa déclaration, toute la manipulation autour n’a pas raison d’être. Y’a pas photo y’a pas match. Que l’opinion ne cède donc pas à la manipulation. Manifester est une expression de démocratie, je l’admets mais si l’on avait la bonne information on allait avoir moins d’agitation. Le chef de l’État reste ferme. Il a dit vouloir donner priorité au port en eaux profondes de Banana et il le fera. Que la population soit apaisée car il ne bradera jamais les intérêts des Congolais.

One Response to "Interview:La Parole à José Ntedika: »Il ne faut pas présenter à l’opinion que le chef de l’Etat ne veut pas prioriser le port en eaux profondes »"

  1. Kimpwanza Dia Kongo  30 juin 2019 at 10:41

    Encore un kinati nkutu au service cette fois de Tshilombo qui défends son maître . Ce dernier s’ est empressé de signer le projet pont-route entre Kinsasa et Brazza après avoir reçu une enveloppe garni d’ espèces sonnantes et trébuchante de la part de l’homme d’ affaire français Bolloré entérinant ainsi la mise à mort des des ports du Kongo central ! Pourquoi ce monsieur veut absolument construire ce pont si ce n’ est pour en tirer le plus grand bénéfice de la part de la RDC ? Sieur Ntedika vous êtes un traître comme on en connaît beaucoup au Kongo crentral , vous jouez bien votre rôle de porteur de mallette pour défendre l’ indéfendable .

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