Le Kongo central, un de mauvais élèves en matière de vaccination d’enfants

Le Kongo central, un de mauvais élèves en matière de vaccination d’enfants

Après le Nord-Kivu (79%) et le Sud-kivu (49%), le Kongo central occupe la troisième marche du podium avec 48 % d’enfants complètement vaccinés. Ce qui fait de lui une province au taux d’enfants insuffisamment ou non vaccinés élevé. Ces chiffres ont été révélés au forum national sur la vaccination et l’éradication de la poliomyélite tenu à Kinshasa les 22 et 23 juillet, travaux dont le ministre provincial de la santé vient de restituer le contenu au cours d’une matinée à Matadi.

Les 48% concernent 126 000 enfants de 12 à 23 mois qui ont reçu tous les vaccins et à intervalles réguliers. Mais, beaucoup ne l’ont pas été.  » En matière de vaccination la situation n’est pas rose au Kongo central, car 35% (94 500 enfants) n’ont pas reçu tous les vaccins et sont donc insuffisamment vaccinés et 20% (42 000 enfants) n’ont reçu aucun vaccin », informe désolé Dr Jacques Kimfuta, chef de Division provinciale de la santé. Exemple frappant de cette situation dramatique, 23 villages de la zone de santé de Matadi sur la rive droite du fleuve Congo. Les enfants de ces villages n’ont jamais été vaccinés, les prestataires n’y ont jamais foulé les pieds.  »  » C’est touchant et inadmissible que tous ces enfants ne soient jamais vaccinés », s’insurge le ministre provincial de la Santé Nestor Mandiangu. « Cette situation nous inquiète parce qu’en cas d’épidémie, l’immunité collective n’est pas importante et cela risque de créer de sérieux problèmes à la province », redoute-t-il. C’est d’ailleurs pour prévenir ce cas de figure que le ministre provincial de la Santé a organisé cette séance de restitution.  » Ce n’est pas intéressant pour une province comme la nôtre d’avoir moins de 50% d’enfants complètement vaccinés. Aussi tirons-nous la sonnette d’alarme pour que chaque acteur s’implique à son niveau pour inverser la tendance, car vacciner nos enfants c’est sauver l’avenir de la province », explique Nestor Mandiangu.

Responsabilités partagées

Plusieurs causes président à cette situation d’enfants non ou insuffisamment vaccinés. Au niveau national, l’on note notamment la rupture régulière de stock de vaccins. Et en interne, faible couverture en chaîne de froid; non-respect du calendrier vaccinal par les parents; faible implication des autorités politico-administratives sinon lors des vaccinations de masse; groupes réfractaires dont certaines communautés religieuses; prestataires non ou mal formés en gestion technique de vaccination; non-maîtrise de la cible; séances de vaccination insuffisantes et trop longues; faible analyse des données de routine; problèmes de transport pour les prestataires notamment les infirmiers titulaires en stratégie avancée et pour l’acheminement des vaccins.

Prise de conscience

Récupérer ses enfants est plus qu’un impératif. L’enjeu en vaut la chandelle: sauver des vies car vacciner, c’est protéger et c’est un droit pour tout enfant. Pour Dr Jacques Kimfuta,  » il faut que chaque acteur du sommet à la base prenne conscience et fasse convenablement son travail. Les infirmiers titulaires doivent maîtriser les enfants qui sont dans leurs juridictions afin de les vacciner tous ». Aux équipes cadres des zones de santé, il demande de « les appuyer dans les analyses pour détecter à temps les enfants non vaccinés et mettre en place les mécanismes de récupération. Pour cela dit-il, il faut que la stratégie avancée soit de mise pour atteindre tous les enfants de la zone ».

Les autorités engagées

Au forum tenu à Kinshasa le gouvernement de la République s’est notamment engagé à rendre disponible les vaccins afin d’éviter toute rupture. Les autorités du Kongo central embouchent la même trompette.  » Le gouvernement provincial a signé un engagement devant le président de la République. Il a promis de promulguer les édits de l’Assemblée provinciale en matière de vaccination d’enfants et de rendre disponibles les moyens financiers pour cette fin. Le président de l’organe délibérant du Kongo central a lui promis son implication au vote d’un budget à propos », fait savoir le ministre Mandiangu. Il demande par ailleurs à chaque acteur de s’impliquer pour récupérer tous les enfants insuffisamment ou non vaccinés et les faire vacciner. Au médecin chef de zone de santé de Matadi, il enjoint de « mettre toutes les batteries en marche et dectrouver un mécanisme pour atteindre les 23 villages isolés de sa zone et en faire vacciner tous les enfants non vaccinés.


Leave a Reply

Your email address will not be published.