Kongo central: le sort du gouverneur Atou Matubuana entre les mains des députés provinciaux

Kongo central: le sort du gouverneur Atou Matubuana entre les mains des députés provinciaux

Affaire Justin-Mimi: le parquet général près la Cour de cassation veut poursuivre le gouverneur Atou Matubuana. Le procureur général a fait un réquisitoire à l’Assemblée provinciale du Kongo central pour y parvenir.

« Le sieur Atou Matubuana, gouverneur de province est le commanditaire de cette infamie, exécutée par les agents de l’Agence nationale de renseignement (ANR) avec l’assistante Muyita ». Le procureur général Flory Kabange qui l’écrit s’appuie sur le rapport de l’enquête de cette affaire survenue le 25 août dernier à Matadi au Kongo central. Cette investigation laisse croire, dit-il, que le vice-gouverneur était piégé par un groupe de gens pour être surpris, filmé nu et exposé à la vue du public. A en croire Flory Kabange, ces faits sont constitutifs de l’infraction d’outrage public aux bonnes moeurs, prévue et punie par l’article 175 du Code pénal.

Assemblée provinciale mise à l’épreuve

Sur ces entrefaites, il demande à l’Assemblée provinciale d’autoriser des poursuites à charge du gouverneur et lui permettre de présenter ses moyens de défense. L’article 87 de la loi orgnique relative à la procédure devant la Cour de cassation stipule: « Sans préjudice à la procédure en matière d’infractions intentionnelles flagrantes, les gouverneurs des provinces et les ministres provinciaux ne peuvent être poursuivis et mis en accusation que par l’Assemblée provinciale, statuant au scrutin secret et à la majorité absolue des membres qui la composent. Les dispositions des articles 80, alinéa 2 à 84 s’appliquent mutatis mutandis aux gouverneurs et vice-gouverneurs. » Lors de son élection comme gouverneur le 10 avril 2019, Atou Matubuana avait remporté 26 voix sur 41 votants.

L’organe délibérant du Kongo central avait bel et bien mené une enquête sur cette affaire. Une source digne de foi affirme que le rapport de la commission n’est pas signé étant donné, selon elle, qu’un des policiers et le responsable provincial de l’ANR n’ont pas été auditionnés. « Les membres de la commission ont préféré attendre les conclusions de la justice », signale-t-elle.
Les députés provinciaux vont s’exprimer les jours qui viennent.

Graves dissensions

Ce requisitoire du parquet général près la Cour de cassation tombe au moment où le président Anatole Matusila est accusé par certains élus du peuple d’avoir livré le gouverneur qu’ils estiment non coupable. Ils veulent obtenir sa déchéance. De l’autre côté, des jeunes surchauffés qui soutiennent le gouverneur ou le président de l’Assemblée se regardent en chiens de faïence.
Dans l’entretemps, Marcel Matumpa, ministre provincial de l’Intérieur continue d’assumer l’Intérim du gouverneur.
Les jours à venir seront déterminants.

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