Matadi: »quand je vois ma fille, je suis heureuse »

Matadi: »quand je vois ma fille, je suis heureuse »

Rendue grosse à 15 ans, Nathalie Ntumba, une habitante de Matadi au Kongo central a bravé l’humiliation en protégeant sa grossesse. Abandonnée à elle-même, elle s’est battue bec et ongles pour s’en sortir. Aujourd’hui sa fille est l’objet de sa fierté.

Quand ce samedi de Septembre je rencontre Nathalie Ntumba Ngalula, 29 ans dans sa gargote au quartier Ville haute, à Matadi, elle est toute heureuse. Ce qu’elle a vécu en 2005 n’est plus que de l’histoire ancienne. « Quand je suis tombée enceinte, j’ai fui mes parents au quartier Nord pour aller vivre chez mon oncle à Belvedère ». Dans ce quartier chaud et pauvre de Matadi dans la commune de Nzanza, elle y est allée pour fuir les regards moqueurs de la société avec pour conséquence l’arrêt de ces études. « Mon père ne voulait pas que j’accouche tellement que c’était une honte. Il me menacait », se rememore-t-elle. Ils sont nombreux ceux qui voulaient que Nathalie boive des tisanes arbotives. Dérangée dans son for intérieur, elle a quand même bénéficié de précieux conseils. « Deux jeunes de mon quartier m’ont dissuadée d’avorter. L’un d’eux m’a même dit qu’il avait eu un songe où j’étais morte à cause de l’avortement », se souvient-elle reconnaissante.

Facheuses conséquences

Nathalie n’a pas seulement arrêté ses études en quatrième des humanités. Elle a bu le calice jusqu’à la lie. « Chassée, j’ai dû avant d’aller chez mon oncle errer dans les rues. Pour ma sécurité, j’allais dormir dans des veillées mortuaires », narre-t-elle. Et de poursuivre: « J’étais devenue accrochée à la tranche communiqué de la Radio télévision nationale congolaise, chaîne provinciale pour savoir où il y avait des veillées mortuaires. »
Mais à la naissance de Miradie, sa fille, sa douleur s’est dissipée. « Mon père est venu me rendre visite avec toute la layette dont j’avais besoin », sourit Nathalie. Depuis, elle s’est assagie: « Je me protège pour ne plus avoir une grossesse indésirable ».
Treize ans, Miradie, sa fille poursuit ses études. Sa mère se décarcasse pour qu’elle ne gâche pas sa vie. « Je l’instruis, je veille sur elle », avoue Ntumba. Pour blaguer quand elle me dérange, je lui flanque: »J’aurai dû avorter. » Et, à Miradie de me dire: »Tu allais rater de bonnes choses. »

One Response to "Matadi: »quand je vois ma fille, je suis heureuse »"

  1. Benita Sambu  19 septembre 2019 at 8:30

    Wow ! Bel article. Cette jeune dame est vraiment un modèle pour beaucoup

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