Les femmes du Kongo central reclament un gouverneur femme

Les femmes du Kongo central reclament un gouverneur femme

Le scandale sexuel du 25 août dernier au Kongo central dérange les femmes de cette province. Elles veulent que les Ne Kongo retrouvent leur réputation d’antan de peuple pudique mais aussi que leur province se développe. Leur idée: une femme comme gouverneur. Cela a été évoqué au cours de la matinée de réflexion organisée par L’Espace femmes en collaboration avec d’autres structures féminines.

Quand Me Cherine Luzaisu, présidente provinciale de l’Association des femmes juristes congolaises (Afejuco), membre de l’Espace femmes expose sur: La femme du Kongo central, catalyseur du développement de la province, elle puise dans ses connaissances pour dessiller les yeux de son auditoire. Elles étaient environ 200 cents femmes dans la salle Médiatrice en ville basse à Matadi. Une vingtaine d’hommes sont venus grossir ce nombre.  »Depuis ce scandale sexuel entre le vice-gouverneur et l’assistante du gouverneur, la province s’est arrêtée. Je reviens de Mbanza Vunda à 12 km de Bangu en territoire de Songololo. Nous avons parcouru ce petit tronçon en une heure. Les femmes ont difficile à évacuer leurs produits. Elles se battent malheureusement, leurs efforts ne sont pas soutenus », explique-t-elle. « Par la femme la province s’est agenouillée, par elle le kongo central se relèvera », poursuit-elle. Les hommes ont failli. Nous les aimons, d’ailleurs ils nous accompagnent. Mais qu’ils nous laissent cette fois-ci diriger la province. » Tonnerre d’applaudissements.

Le Genre en souffrance

Annie Mbadu, coordonnatrice du Réseau femmes pour le développement (Refed) et présidente de l’Espace femmes, fait des révélations sur le genre et sur la participation politique et citoyenne de la femme dans la sphère de prise des décisions. « Les femmes sont majoritaires mais minoritaires dans la sphère de prise de décisions », souligne-t-elle. Elle en veut pour preuve. Depuis Nzuji wa Mbombo en 1973, une seule femme a été vice-gouverneur, une seule femme est sénatrice, une fait partie des 24 députés nationaux élus du Kongo central, quatre sont des députées provinciales sur 41 membres, aucune femme parmi les administrateurs de territoire, les chefs de secteur, bourgmestres… » Elle brosse le portrait robot de la femme qui peut laver l’opprobre jeté sur la province: « Une femme modèle, exemplaire, qui se soucie de sa communauté, travailleuse et compétente. » Elle reste catégorique: « Le gouverneur et son vice doivent être sévèrement punis. Nos enfants ont dans leurs téléphones la nudité de leur père, c’est inadmissible dans notre culture. »

Une femme gouverneur

Les femmes très rémontées ont posé plusieurs questions et fait des suggestions pour aller à la reconquête de la réputation que l’on reconnait aux Ne Kongo (Ne Kongo, originaires du Kongo central, Ndlr). « Les hommes ont dirigé cette province sans la développer. Nous sommes à ce jour la dernière province en RDC. Que ceux qui nous dirigent nous donnent cette fois une femme à la tête de la province », propose Bibiane Makwala.
Les suggestions de ces femmes, l’Espace femmes ne compte pas les ranger dans un tiroir. Elles ont peaufiné des stratégies pour être cette fois écoutées.


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