Pierre Kabangu: « La décision qui me relève de mes fonctions viole la Constitution, je m’y oppose »

Pierre Kabangu: « La décision qui me relève de mes fonctions viole la Constitution, je m’y oppose »

Après la communication de Pierre Kabangu, le ministre des Finances relevé de ses fonctions, il a répondu à plusieurs préoccupations.


Infobascongo(IBC): Pourquoi n’avoir pas dit au gouverneur que son arrêté était illégal?

Pierre Kabangu(PK): ce n’est pas à moi de donner cet avis. C’est pourquoi je lui ai proposé de se référer aux juridictions administratives en l’occurrence la Cour d’appel. Et, même si l’on ignorait la partie légalité de l’arrêté, je souhaitais que la décision soit prise de façon collégiale au Conseil des ministres.

IBC: Avez-vous refusé d’obtempérer suite à votre position privilégiée auprès du gouverneur Atou Matubuana?

PK: On ne change pas l’histoire. J’avoue avoir grandi avec le gouverneur Atou Matubuana à Mbanza-Ngungu, mais dans cette affaire il n’est concerné ni de près ni de loin. Il n’y a pas eu refus, je voulais juste que nous nous conformions à la loi. Je croyais qu’on avait une constitution et que l’on était dans un Etat de droits. Mais, je me suis trompé. Je ne le regrette pas, j’assume.

IBC: On vous accuse notamment d’avoir saigné les finances de la DGRKC et que les recettes y ont baissé?

PK: c’est un mensonge grossier. C’est de l’intoxication. Ils veulent tout simplement nous écarter de là pour placer les leurs pour qu’ils viennent se servir. La déclaration d’un acteur politique de l’obédience que tout le monde connait, sur la Rtnc Kongo central, appuyant la décision me relevant de mes fonctions, met à nu leur plan. Sous Kabangu, les recettes ont plutôt grimpé. De deux milliards de francs congolais, la moyenne mensuelle, les recettes ont passé pour le seul mois d’octobre à deux milliards sept cent nonante mille francs congolais.
Nous avons été clairvoyant en choisissant la légalité. Preuve, l’arrêté nommant les DG et DGA à la DGRKC est déjà attaqué à la Cour de cassation et à l’Assemblée provinciale. Et, c’est cela qui va saigner les caisses de la province, car les procès coûtent énormément au Kongo central.

IBC: Avez-vous un message à adresser à la population du Kongo central?

PK: je pensais que le gouverneur ai allait colmater les brèches et réunir les ne Kongo, mais j’ai l’impression qu’il attise et envenime la situation. Qu’il se resaisisse. Il n’est jamais trop tard pour mieux faire.
Aux députés provinciaux, je demande de construire de passerelles et non des digues.
À mes collègues ministres, je demande de faire confiance au gouverneur ai et de l’aider à mieux faire, espérant qu’il va se ressaisir.
À la population du Kongo central et ma base de Mbanza-Ngungu, j’appelle au calme, à l’unité et à la paix.

IBC: Seriez-vous prêt à réintégrer le gouvernement si le gouverneur ai se ressaisit comme vous le souhaitez?

PK: la décision qui me relève de mes fonctions viole la constitution, je m’y oppose, je m’y oppose, je m’y oppose et m’y opposerai jusqu’à la dernière énergie. Avez-vous déjà vu un ministre relever ou révoquer un autre ministre? Et, ça se fait sous la barbe des bambuta (Vieux). Je révolte la jeunesse et je prend les choses à bras le corps, mais je travaillerai dans le sens de rechercher la paix pour réunir les ne Kongo.

IBC: Le dossier qui vous oppose au gouverneur ai n’est qu’un épisode d’un feuilleton à rebondissements et d’une crise profonde qui divise la population du Kongo central. Avez-vous une recette miracle pour arrêter l’hémorragie?

PK: chez les ndibu, un adage dit que si l’enfant a les cheveux jaunis, la faute incombe à ses parents. C’est le cas de notre province. Faut-il ressusciter Simon Kimbangu, Thomas Kanza, Joseph Kasa Vubu et les autres pour sauver le Kongo central? Je condamne les Bambuta qui, en lieu et place de rechercher la paix et la Concorde, s’illustrent dans des coups bas.

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