Kongo central: les travailleurs de l’OEBK disent non au retour du comité Wombali

Kongo central: les travailleurs de l’OEBK disent non au retour du comité Wombali

Après le blocage du passage au pont Maréchal Mobutu le vendredi 13 décembre, à Matadi, au Kongo central, la grève se poursuit à l’Organisation pour l’équipement Banana-Kinshasa (OEBK). Les agents s’inscrivent en faux contre l’ordonnance du Conseil d’Etat qui suspend les arrêtés de nomination du nouveau comité directeur de cette organisation.

Des agents de l’OEBK très en colère. Ils sont ensemble mais véhiculent deux messages différents. D’un côté: La résistance contre le comité de Wombali sera longue. L’OEBK dit non au retour de ce prédateur Wombali et son comité. De l’autre: Nous agents de l’OEBK soutenons à 100% le nouveau comité Mansi. Ils ont brûlé des pneus et ont refusé de travailler. Les bureaux administratifs sont fermés.

Pneus brûlés par des travailleurs de l’OEBK le 16 décembre 2019 devant leur bâtiment administratif, à Matadi, pour s’opposer au retour de l’ancien comité directeur Wombali/infobascongo


Ces agents réagissent contre l’ordonnance du Conseil d’État qui suspend les arrêtés de nomination et de fonctionnement pris par le ministre des Transports et voies de communication.  »Nous ne pouvons pas partir parce que le ministre ne nous a pas encore notifiés. C’est lui qui a nommé ce comité, installé par le secrétaire général aux transports et voies de communication. En vertu du principe de parallélisme de forme, s’il y avait une décision contraire, c’est au ministre de nous notifier et nous serions déjà partis », explique Pamphile Kinzenga, assistant du DG Gommaire Mansi. Une requête en contestation a été introduite au Conseil d’Etat par le nouveau comité ( Il est composé de Gommaire Mansi, directeur général; Jean-Claude Mavambu, directeur général adjoint; Kitoko, directeur administratif; Victor Wawaku, directeur juridique; Apollinaire Lukombo, directeur de maintenance; Gégé Butshanga Butipi, directeur d’exploitation et de Nazer Muangu, directeur des études). Et, pour la majorité des agents de l’OEBK,  »il ne faut pas que ce comité parte car à peine deux mois, il redonne de l’espoir ». C’est notamment la paie du salaire de novembre tombé à pic, la gratification qui devait déjà être payée le vendredi 13 décembre mais aussi le salaire de décembre annoncé.

La société civile s’en mêle

Contre toute attente, le Conseil d’État après avoir suspendu les arrêtés nommant le nouveau comité, a établi un ordre de mission autorisant l’installation de l’ancien comité Wombali qui était changé par le ministre de tutelle pour mauvaise gestion. L’audit diligenté par le nouveau comité a révélé un détournement de 977.136 dollars, quatre véhicules de fonction, des irrégularités dans la passation des marchés, l’acquisition d’un pont peser à 498 000 dollars dont les transactions bancaires se sont faites dans le compte privé d’un individu…Le comité Mansi a porté plainte contre l’ancien comité.  »Monsieur le président de la République. Si vous nous écoutez, n’autorisez pas le retour de ces gens qui ont pillé cette organisation », plaide un agent quasiment déshabillé pour démontrer sa nervosité. Il rappelle à Félix Tshisekedi son crédo: le peuple d’abord.

Les travailleurs de l’OEBK sont soutenus par la société civile du Kongo central.  »Nous ne pouvons pas accepter que ce patrimoine continue a être mal géré. Si ce comité revient, la population sera dans la rue, le trafic sur le pont sera interrompu », lâche au mégaphone Didier Mambweni.  »Il remettait 50 millions de francs congolais (30.000$) mensuellement aux autorités de Kinshasa », accuse un autre jeune qui rappelle avoir perdu son enfant et n’avoir reçu de ce comité que 100$ des frais funéraires. Une autre structure dénommée  »Croisade Kongo » présidée par Babel Babomba a déployé dans la ville des banderoles invitant les députés à barrer la route au retour de l’ancien comité.
Le vendredi dernier, les agents avaient bloqué le passage au pont pendant environ deux heures. Pour l’heure, ils se relaient au bureau administratif pour empêcher l’ancien comité d’accéder aux installations. Cependant les commis au péage, eux, continuent de travailler.
Dans l’entretemps, le Conseil d’État a demandé aux banques partenaires à l’OEBK de ne plus faire des transactions bancaires avec le comité Mansi. Tout semble bloqué.

Leave a Reply

Your email address will not be published.