Rd Congo:Chinois : les affaires, pas les femmes

 

Les sujets chinois au port de Matadi/infobascongo

Les sujets chinois au port de Matadi/infobascongo

(Syfia Grands Lacs/Rd Congo) Bien qu’attachés aux langues locales qu’ils apprennent vite pour la bonne marche de leurs affaires, les Chinois qui travaillent en Rd Congo évitent d’avoir des aventures amoureuses avec les Congolaises. Le respect de la loi de leur pays, qui interdit d’avoir plus d’un enfant reste de stricte rigueur…

 

 

 A l’entrée de la ville de Matadi, des ouvriers chinois s’affairent depuis quelques mois à jeter un nouveau pont à Mpozo. Sur ce chantier, l’ambiance avec les travailleurs congolais est à la bonne humeur. Mais « quand nous leur proposons des filles, ils disent non« , raconte, l’air amusé, un jeune… Depuis que d’importants contrats ont été passés entre la Rd Congo et la Chine en 2007, les Chinois arrivent en grand nombre dans cette province du Bas-Congo, au sud-ouest de Kinshasa. Ils sont employés à grands travaux d’infrastructures : routes, ponts, hôpitaux… D’autres exercent le commerce de produits divers, et se sont installés même dans des coins les plus reculés de la province.

Très vite, ils apprennent les langues locales, le kikongo principalement et aussi le lingala, parlé dans tout le pays. Une vendeuse chinoise des Ets Chine mode, à Matadi (chef-lieu de la province), s’y habitue déjà. « Buela mbongo » (ajoute un peu d’argent), dit-elle à un client venu se procurer des tongs dans son magasin. « C’est curieux que ces gens parlent aussi vite nos langues« , s’étonne une femme. Sur la route Kisantu-Kimvula que réhabilite l’entreprise chinoise Crec, les relations sont bon enfant avec la population riveraine. Lors des contacts, les Chinois se font aider par un des leurs qui a une meilleure connaissance de la langue locale, et qui fait l’interprète. « Nous nous comprenons toujours« , rassure un travailleur. 

 Des hommes réservés

Mais les comportements de ces hommes sont jugés trop réservés aux yeux de la population. S’ils prennent les mêmes taxis que tout le monde en ville, il est cependant rare de les rencontrer dans les milieux où il y a de l’ambiance tels que les supermarchés, restaurants, boites de nuit… Et ils n’entretiennent guère de relations amoureuses avec les Congolaises. « Nous sommes respectueux de nos engagements« , explique Kyu. Exhibant un bracelet enroulé sur son avant-bras, symbole des fiançailles, il est « tenu selon la culture à être fidèle. »

Ceux qui sont dans le commerce vivent souvent avec leurs femmes. Partie faire ses courses au marché de Matadi, une Chinoise qui portait une grossesse n’a pas manqué d’attirer les regards des passants. « C’est la première fois que je voyais une Chinoise enceinte« , s’était exclamé Jean Mfumu. Dans les années 80, il se souvient avoir appris qu’ils n’avaient pas le droit d’en avoir plus d’un. Les habitants sont aussi étonnés de les voir vivre sans enfants. « Nous préférons qu’ils grandissent dans la culture de notre pays« , explique Kyu, qui rappelle que la loi leur enjoint de n’avoir qu’un seul enfant.

 Plus respectueux des lois

De temps en temps, les gens leur lancent quelques quolibets pas trop méchants. Certains Congolais les appellent d’ailleurs « Cinq chantiers » (du nom du programme quinquennal de la République dans lequel ils sont fortement impliqués), d’autres « Nihao Nihao » (bonjour en chinois). Que ce soit dans le commerce ou les différents chantiers, quelques Chinois s’en prennent parfois brutalement à des Congolais pour régler un différend. Mais les hommes de droit disent se sentir plutôt plus à l’aise avec eux. Vis-à-vis des travailleurs congolais, « ils sont plus respectueux des lois » que d’autres Asiatiques, pense un avocat.

Leave a Reply

Your email address will not be published.