RDC: la police arrête Ne Muanda Nsemi

RDC: la police arrête Ne Muanda Nsemi

Après une heure d’assaut, Ne Muanda Nsemi, le numéro 1 de Bundu dia mayala (BDM) est arrêté par la police dans sa résidence de Ma Campagne, à Kinshasa.

Plusieurs adeptes bandeaux sur la tête en sortent mains en l’air. ‘’La reddition est faite, la police a gagné », entend-on dans une vidéo. Une victoire pour la police qui sait que le mouvement de ‘’Nlongi a Kongo’’ est politico-mysticoreligieux. Dans une autre vidéo on voit Ne Muanda Nsemi entre deux policiers. ‘’Nous t’avions dit que nous irons avec toi calmement et nous rentrerons avec toi dans le calme’’, apaise un d’eux. Et lui, d’opiner du bonnet. Des militaires étaient aussi associés à l’opération. Son arrestation a suscité des scènes de liesses des habitants chantant à la gloire du commandant de la police ville de Kinshasa. Sur des images, on voit des policiers pillés la résidence du leader de BDM.

D’autres habitants sont aussi entrés dans la danse.

Vingt et un morts

Depuis jeudi 23 avril, la police avait entouré sa résidence où se trouvaient plusieurs adeptes de son mouvement politico-religieux. Les négociations avec les autorités pour qu’il se rende n’ont pas abouti. L’arrestation de Ne Muanda Nsemi fait suite aux mouvements de protestations enclenchés par ses fidèles  le 13 avril dernier. Ils s’insurgent contre la marginalisation des bakongo sur leur terre le Kongo central, réclament le paiement des émoluments de leur leader qu’il n’aurait pas eu pendant que député, il était en cavale après son évasion de la prison centrale de Kinshasa, la réhabilitation de ‘’son palais royal’’ détruit par la police, le paiement de ses véhicules emportés…Les échauffourées avec les forces de l’ordre ont fait 21 morts et plusieurs blessés à Kisantu, Boma et Songololo au Kongo central. «La justice doit s’occuper de Ne Muanda Nsemi pour ces morts de trop », avait réagi le ministre des Droits humains, André Lite sur radio Okapi.

En mars 2017, Muanda Nsemi avait été écroué à Makala à Kinshasa pour‘’outrage au chef de l’Etat, constitution d’une milice, incitation à la haine tribale, enlèvement, détention illégale d’armes de guerre et séquestration’’ Il s’est évadé trois mois après. Il réapparaît le 6 mai 2019 à Kinshasa et est reconduit à la prison centrale de Kinshasa le 9 mai pour en sortir le jour suivant. Et, début janvier 2020, il s’autoproclame président de la République fédérale du Kongo central.

Sentiments mitigés

Au Kongo central, province de Ne Muanda Nsemi, les réactions sont mitigées. ‘’Il mérite d’être emprisonné car il fait tuer innocemment des jeunes et son discours xénophobe est dangereux’’, prévient une jeune fille de mère du Kongo central et de père du Kasaï qui dit « vivre à Matadi dans la peur depuis les revendications des adeptes de BDM’’. D’autres, par contre, crient à l’injustice. ‘’Il ne faisait que réclamer ses droits mais aussi un peu plus de considération aux Bakongo’’, défend un jeune. ‘’Bien que la procédure qu’utilise Ne Muanda Nsemi pour revendiquer soit répréhensible, il faut analyser ses préoccupations et résoudre celles qui sont fondées et rejeter celles qui ne favorisent pas l’unité nationale’’, avait suggéré Me Nelly Muinga, député nationale élue de Songololo au Kongo central.

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