Comme un air de nouvel an à Matadi, au Kongo central jeudi 21 mai

Comme un air de nouvel an à Matadi, au Kongo central jeudi 21 mai

Matadi, capitale du Kongo central a connu jeudi 21 mai, l’une des journées le plus mouvementées depuis le début de l’année. Une journée aux allures d’un 31 décembre

C’est un jeudi qui fera date, car jamais alors jamais un 21 mai n’avait été aussi euphorique dans l’histoire de Matadi et n’avait ressemblé à s’y méprendre à un 31 décembre. L’engouement observé dans la ville était inédit pour un mois de mai. Mais, c’est un 21 mai pas comme les autres, c’était la veille du confinement de Matadi, décidé par les autorités pour lutter contre la Covid-19 dans cette ville de près d’un million d’habitants avec déjà au compteur 105 cas déclarés.

La ruée vers les provisions

La peur du confinement, un événement sans précédent, a jeté les matadiens dans les rues. Non pas pour manifester, mais pour plutôt préparer le confinement. Et, dans un contexte de crise socio-économique morose, aussi surprenants qu’imprevisibles, ils ont littéralement pris d’assaut les marchés de la ville. Objectif : s’approvisionner en denrées alimentaires pour tenir pendant trois jours, trois jours qui paraissent une éternité. « Les congolais ont une capacité d’adaptation incroyable, ils trouvent toujours de parade pour s’en sortir », déclarait un septuagénaire, faisant lui aussi ses achats au milieu de ce tohu-bohu journalier, accompagné d’un de ses fils. Malheureusement, la prévention contre le Coronavirus a été relégué au second rang. Gestes barrières méprisées. Pas de distanciation, non-respect du port de masques… Même les policiers, censés veuiller sur le port de masque, étaient plus préoccupés à assurer leurs arrières pour faire face au confinement. Des embouteillages étaient visibles dans la ville. De Mvuadu au centre-ville en passant par Kinkanda ou Nzanza, les matadiens s’agglutinaient pour s’acheter des provisions.

Confinement, une aubaine?

Comme un 31 décembre, les commerçants eux, se sont frotté les mains.  » Tout mon stock de légumes est épuisé », s’étonne, incrédule, une vendeuse. J’ai du faire trois tours dans mon potager, mais tout a été acheté. En temps normal, çela aurait été impossible ». Les légumes se sont en effet fait rares les après-midi: pondu ( feuilles de manioc, Ndlr ), épinard, bitekuteku ( amarantes ), etc, se sont arrachés comme de petits pains. Plusieurs magasins, chambres froides étaient totalement débordés par l’afflux des acheteurs, même les pharmacies autorisées à ouvrir pendant le confinement ont accueilli plus d’acheteurs que d’habitude. Vendeur dans un magasin appartement à des expatriés John ( nom d’emprunt ) témoigne : » c’était difficile pour nous de faire face aux flots de clients, mais c’est une aubaine, se réjouit-il. Nous avons réalisé des chiffres cinq fois plus importants que d’habitude en une journée ». Dans des super-marchés, certains rayons ont été vidés de leur articles, pains en l’occurrence. Même les boulangeries ont presque, l’on dirait, étaient dévalisées. Commerces et banques ont connu aussi une affluence de grand jour. Le secteur de transports n’était pas épargné. Jusque tard la nuit, les taxis ( quatre et deux roues) ont fait des navettes. « Je serai cloîtré chez moi avec ma famille pendant trois jours, j’étais donc obligé d’allonger mon temps de travail pour couvrir les trois prochains jours et faire face au confinement », témoigne un chauffeur de taxi.

Bref, la date de jeudi 21 mai, avait comme un air de fête de nouvel an et restera dans les annales de la ville portuaire. Mais, après une journée mouvementée, aussi naturellement le crépuscule a repris ses droits et a renvoyé tout le monde chez lui. A minuit, le confinement a débuté. Gars à ceux qui n’ont pas pu s’acheter de quoi tenir trois longues journées !

Leave a Reply

Your email address will not be published.