Covid-19 : un homme blessé par balles et une femme fracturée à Matadi après un clash avec un policier

Covid-19 : un homme blessé par balles et une femme fracturée à Matadi après un clash avec un policier

Double fracture à la jambe pour une vendeuse et blessure par balles à l’épaule pour un homme, c’est le bilan d’une course poursuite entre un policier et une frippière du marché Minkondo à Matadi, suivie des échauffourées entre la population et la police. A l’origine, un malentendu entre le policier et la vendeuse qui n’avait pas de masque de protection contre la Covid-19 lors d’un contrôle de routine. C’était à Minkondo, à Matadi vendredi 29 mai


La tension est montée d’un cran au marché Mikondo, vers 16 heures lorsqu’un policier avec pour mission de faire respecter le port de masque tombe sur une frippière qui n’en porte pas. L’agent de l’ordre voulant se saisir de la femme voit celle-ci s’enfuir, craignant sans doute de débourser les 5 000fc (2,5$) d’amende mais aussi les méthodes musclées et controversées des forces de l’ordre pendant ces interpellations. La vendeuse trébuche, tombe par terre et se fracture le tibia et le péroné droits. Dans la foulée, la situation s’envenime et la population s’en prend sur le policier et lui jette des pierres. Pour se protéger, l’homme en uniforme riposte et tire trois fois en l’air. Malheureusement, une balle perdue atteint un certain Bony à l’épaule droite. Ce qui n’était qu’un contrôle de routine du port de masque vire au drame, deux personnes grièvement blessées. Le ton monte davantage. Le policier à l’origine des coups de feu est pris à partie mais rejoint et sauvé par la cavalerie qui est arrivé en renfort. L’ambulance dépêchée pour secourir les deux blessés est à son tour prise pour cible. Elle a l’habitude de venir récupérer les personnes malades et décédées du Coronavirus. Il n’était donc pas la bienvenue pour cette population qui, pour le plupart, ne croient pas en la maladie. Finalement grâce aux forces de l’ordre la paix est revenue.

Les deux blessés ont été acheminés au centre de santé de référence de Mvuzi ex Bobila Dawa et référés par la suite à l’hôpital provincial de Kinkanda pour des soins.

Méthodes musclées

A Matadi comme ailleurs au Kongo central, plusieurs personnes ne croient pas en la présence de la Covid-19 en province. Ils ne portent donc pas de masque de protection sinon à la vue de la police.
Mi-mai, les autoristés provinciales rendent donc obligatoire le port de masque, un des gestes barrières pour lutter contre la Covid-19. La mesure est assortie d’une amende de 5 000fc (2,5$). La police elle, fait appliquer la décision. Dès qu’elle interpelle un récalcitrant, il l’ârrete. Ces arrestations prennent parfois des allures inquiétantes. Proche d’une personne arrêtée, Sylvie habitant Nkala-nkala témoigne: « Un ami a été arrêté parce qu’il ne portait pas de masque de protection. Mais il a été brutalisé et jeté dans un véhicule de la police où se trouvaient d’autres personnes. C’est inadmissible ». « Ces méthodes musclées sont employées au mépris de droits humains. Des Matadiens en l’occurrence sont brutalisés et agglutinés dans des véhicules après leur arrestation ce, en violation des gestes barrières contre la Covid-19 », dénonce un activiste des droits de l’homme.

Selon une source, le policier serait depuis aux arrêts.

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