Matadi: des jeunes en colère bloquent la route Ango-Ango

Matadi: des jeunes en colère bloquent la route Ango-Ango

Tôt le matin du 29 juin, une foule de jeunes du quartier Ango -Ango dans la commune de Matadi, à Matadi au Kongo central, ont obstrué par des pneus le tronçon allant de la morgue à la frontière Congolo-angolaise. Ils exigent la réfection de cette route longtemps délabrée.


Il est 6 heures. Une panache de fumée s’élève au-dessus de la route Ango-Ango. Elle est visible à plus d’un kilomètre. Des jeunes très révulsés ont incendié des pneus.  »Nous inhalons tous les jours la poussière sur cette voie, trouvez vite la solution afin de nous préserver des inconvénients néfastes de la poussière surtout pendant cette période du covid19  », vocifère un jeune.  »Ce que nous avons fait est un message lancé au président de la République. Nous l’avons toujours soutenu mais en province, nous sommes abandonnés. Nous sommes prêts à mourir si les autorités ne trouvent pas une solution », ajoute un autre jeune. « Nous soutenons à 100% cette action des jeunes », lance une vendeuse de pains qui s’est rendue à pieds à la boulangerie. Un motard comprend la colère des jeunes mais s’offusque des méthodes employées par certains de ces jeunes: »c’est bien de revendiquer mais que des délinquants profitent de l’occasion pour rançonner des passants, là je m’inscris en faux ». Des inciviques parmi ces jeunes exigeaient en effet de l’argent pour faire passer des motards dans des barrières placées le long de la route, six en tout. « J’ai déboursé près de 1500fc (~0,75$) entre l’arrêt Vodacom à l’entrée route Tsasa où trois barrières ont été érigées », se plaint un habitant de Tsasa.

Importante route

Délabrée depuis plusieurs années, le tronçon routier hôpital Kinkanda-Ango-Ango qui fait partie de la route nationale donne du tournis aux chauffeurs, soulève de la poussière, dérangeant les habitants riverains. Le quartier Ango-Ango abrite les sociétés Sep Congo, Lerexcom petroleum, Socope et plusieurs autres de transport.
L’action menée par les jeunes a perturbé la circulation. Ils ont refusé d’écouter le maire de la ville. Après d’âpres discussions, la route a finalement été rouverte à la circulation. De l’eau y a été déversée sur une grande partie pour protéger les usagers et la population riveraine de la poussière.

Par Carmel Liputa, stagiaire

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