Matadi : La consommation du chanvre gonfle le nombre des malades mentaux

Matadi : La consommation du chanvre gonfle le nombre des malades mentaux
Photo Infobascongo

Photo Infobascongo

Plus ou moins 700 malades mentaux sont enregistrés chaque année dans la ville de Matadi à 365 km de Kinshasa.

Et, la consommation du cannabis est l’une des causes importantes surtout en milieu juvénile. Mardi dernier deux tonnes de chanvre saisies à Songololo ont été présentées au Gouverneur. Nous vous proposons l’interview avec Robert Niati, psychiatre et responsable du centre de la santé mentale. 

Infobascongo (IF) : Aujourd’hui, une grande quantité de chanvre a été présentée au gouverneur. Pensez vous  que la consommation de ces produits toxiques peut affecter la santé mentale ?

Robert Niati (RN) : Le chanvre nuit à la santé. Il joue un rôle important dans le déclenchement mental. Ceux qui en consomment, décompensent. Ils deviennent fous. Ce produit influe sur le comportement, la réflexion voire les réactions. Il perturbe l’engrenage du cerveau par le mécanisme de neurotransmetteur. Bref, ce sont les substances chimiques qui donnent le passage aux cellules nerveuses.

IF : Alors, comment appréciez- vous l’opération des autorités de Songololo qui mettent la main sur les cultivateurs du

RN : C’est partiel. Je pense qu’elle devait être menée à trois niveaux. D’abord, arrêter les cultivateurs ensuite les vendeurs, et enfin les consommateurs. Et puis, Songololo n’est qu’une seule entité. Cette plante toxique peut se cultiver aussi ailleurs. Ceux qui veulent toujours s’enrichir, iront le rechercher comme ils en ont l’habitude. Les consommateurs, quant à eux,  pourront s’en procurer de façon permanente.

IF : Parlez-nous des statistiques des malades mentaux et surtout ceux, causés par la consommation du chanvre dans la province du Bas Congo.

RN : C’est vraiment difficile ce que vous me demandez. En 2006, j’ai reçu plus ou moins 700 cas dont 168 sont des consommateurs du cannabis.

Cependant, il se pose un grand problème au niveau de notre province. Je suis l’unique psychiatre. J’habite Matadi. Je ne maîtrise pas les données de toute la province. Ainsi, il est important  de former d’autres spécialistes en santé mentale qui couvriront tout le Bas Congo. Cela nous permettra de réaliser le thème mondial celui d’intégrer la santé mentale dans les soins de santé primaire. Ce qui veut dire, les malades mentaux ne seront plus soignés dans des asiles mais dans les hôpitaux généraux

Leave a Reply

Your email address will not be published.