Espagne:Benoît XVI a présidé la veillée devant plus de 500

Espagne:Benoît XVI a présidé la veillée devant plus de 500

C’est depuis une semaine que des colonnes et des colonnes des jeunes arrivent en Espagne. Ils sont éparpillés dans différentes villes où ils sont gracieusement pris en charge par des familles d’accueil. La charité bien ordonnée commençant par soi-même, faisons un focus sur le chemin la délégation congolaise. Elle est nombreuse, 300 jeunes environ dont l’âge varie entre 20 et 30 ans. Ils viennent essentiellement de neuf diocèses de la RDc notamment : Boma, Bukavu, Goma,   Kabinda, Kananga, Kinshasa, Lubumbashi, Tshumbe et Uvira . Ils sont sous la guide paternelle de cinq évêques parmi lesquels l’archevêque de Kinshasa, le cardinal Laurent Mosengwo et Monseigneur Stanislas Djomo, évêque de Tsumbe et président en exercice de la conférence épiscopale du Congo. Ils ont été pour la plupart logés dans la belle ville côtière de Malaga, située au sud de l’Espagne et qui est  la capitale de la province de Málaga, dans la région d’Andalousie, au bord de la Méditerranée. D’après le recensement   de 2009, Málaga comptait 568 305 habitants et se positionne comme la 6e ville d’Espagne.

A l’arrivée du pape hier jeudi soir

L’avion Alitalia amenant le Saint-Père a atterri sur le sol de Madrid après-midi. A  son accueil, le couple royal d’Espagne et les nombreux évêques et cardinaux  présents à l’aéroport.  Dès après sa descente de l’avion, face au roi mais en filigrane face à tous les millions de téléspectateurs qui suivaient en direct l’événement, le pape brosse un tableau sans concession des grands défis du monde, à savoir la superficialité dans le style de vie, la consommation sans frein, l’hédonisme, la banalité dans la vie affective et sexuelle ; le manque de solidarité entre humain et peuples ; l’expansion de la corruption etc. mais il ne s’est pas arrêté à ce tableau pessimiste. Il indique un chemin pour conjurer tous ces démons. Il propose à tous es auditeurs de suivre Jésus-Christ, d’opter de cheminer suivant la lumière qui sort de sa parole et de sa présence mystique au milieu de nous. Se tournant vers le jeunes, il leur martèle : «  Vous n’êtes pas seuls ». Les JMJ sont une cascade de lumières qui aide les jeunes du monde entier à ne pas se sentir seuls dans la foi. Leur lance-t-il, sortez de votre solitude pour créer une grande amitié qui dépasse les frontières et rend visible combien il est beau d’être avec Dieu, qui est avec nous.

La veillée de prière d’hier jeudi soir.

Dans les lignes ci-après, grâce à la collaboration de  notre ami François-Xavier Maigre, nous suivrons pas à pas, minutes après minutes, le déroulement de la veillée de prière du début jusqu’à la fin

18h00. L’ambiance de folie sous la chaleur madrilène. Les jeunes joyeux agitent des drapeaux de tous les pays. Grand est mon bonheur de percevoir parmi ces 193 drapeaux présents, celui bleu ciel de mon beau et cher pays la RDCongo. C’est lui que je fixe pendant que les jeunes sont dans l’euphorie de la musique : tambours  et guitares se mariant aisément. Les chants et les danses  notamment la Macarena et la Waka Waka  font tabac parmi cette jeunesse mondialisée. Nous suivrons pas à pas avec l’aide de notre ami François-Xavier Maigre le déroulement des événements de cette veillée de prière.

19h21.  Au pied du podium, Plaza de Cibeles àMadrid, une foule de jeunes aux tee-shirts colorés, avec une dominante de teintes vives gorgées de soleil, a pris place dans une ambiance de concert en plein air. Une puissante sono diffuse des chansons de variétés, qui entraînent la foule dans des danses improvisées. Une forte colonie italienne, qui se protége tant bien que mal du soleil encore brûlant, se fait entendre aux cris de « Italia Italia ! » entrecoupés de tout aussi joyeux « Benedetto, Benedetto ! » 

19h22.  Benoît XVI est parti de la nonciature de Madrid. Il est en route dans sa papamobile vers la Porte d’Alcala, ancienne entrée est de la ville, qui mène à la place de Cibeles.

 19h25.  Plaza de Cibeles, l’ambiance continue à monter. Les pèlerins se tournent régulièrement vers la tribune de presse où photographes et cameramen leur accordent volontiers la faveur de leurs objectifs. Images d’une jeunesse fervente et décomplexée qui chante sa joie de recevoir le pape. On rit, on danse, on hurle, sous le regard de tireurs d’élite postés sur le toit du palais de Linares, imposant monument de pierre blanche aux ornements baroques. Un hélicoptère tourne dans le ciel. Sur le podium, un animateur déchaîne la foule avec une expansivité toute méridionale.

19h26.  Beaucoup, dans la foule, sont venus des heures à l’avance. Certains dorment, à même le sol, exténués par la fatigue et la chaleur. Dans cette foule,  Jean-Baptiste, « paroissien ordinaire » de Marseille, comme il se présente lui-même avec malice, est venu très tôt, dès 14h30, avec une dizaine d’amis, pour être sûr de décrocher sa place au pied du podium où le pape s’adressera pour la première fois aux jeunes lors de ces 26e Journées mondiales de la Jeunesse. « Pour la messe d’ouverture, mardi 16 août, nous étions très mal placés, on ne voyait rien, sans parler de la barrière de la langue. On n’en pas beaucoup profité. Là, on a pris les devants ». Pourquoi tant d’efforts ? « Nous voulons prouver au monde entier que les jeunes chrétiens existent encore, malgré les difficultés. Pour moi, être chrétien, c’est le respect, la joie, le bonheur… C’est penser chaque jour aux autres, et distribuer de la joie autour de soi ». Et si ce jeune homme hâbleur, portant un chapeau de paille, avoue « avoir du mal à exprimer » ce qui l’habite, l’atmosphère des JMJ, estime-t-il, parle d’elle-même : « Regardez le bonheur autour de vous… Il se passe quelque chose, et ce quelque chose, c’est le Christ au milieu de nous ».

19h28.  Par moments, l’excitation retombe pour laisser la place à des instants lus méditatifs : un écran géant diffuse quelques flashs des grandes interventions du pontificat de Benoît XVI.

19h29.  Les cardinaux se sont installés devant la scène, protégés du soleil par de grands parapluies blancs. Un bénédictin a relevé son capuchon pour se protéger de la chaleur, encore vive malgré l’heure tardive. De grands brumisateurs rafraîchissent le podium sur lequel Benoît XVI devrait bientôt faire l’entrée.

19h50.  Le pape est désormais remonté dans la papamobile, et va rejoindre la place de Cibeles. La voiture roule au pas. L’ambiance est électrique place de Cibeles et dans les rues adjacentes. Fanny, pèlerine française de 20 ans, est très enthousiaste. « Être ici, c’est tout simplement incroyable ! L’ambiance est internationale et fraternelle dans la foi. C’est un grand moment de communion. »

19h31.  Le pape a revêtu la traditionnelle mozette rouge, qui doit lui tenir très chaud, étant donnée la température élevée à Madrid.

19h32.  Le pape vient d’entrer sur la place de l’Indépendance, à Madrid avec 15 minutes de retard sur le programme. Il est accompagné par l’archevêque de Madrid, le cardinal Rouco Varela.

19h34.  Les animateurs rappellent avec insistance qu’il faut absolument s’hydrater, boire et se couvrir la tête. Mais le conseil semble être peu suivi…

19h35.  Le maire de Madrid, Alberto Ruiz-Gallardón Jiménez, remet symboliquement les clés de la ville au pape.

19h39.  « Le monde entier est aujourd’hui à Madrid », annonce le speaker, que l’on entend place de Cibeles. Il annonce régulièrement où se trouve le pape. « Criez pour qu’il vous entende! », lance-t-il.  » Sur la place, on diffuse l’hymne de la ville de Madrid

19h40.  Le pape vient de franchir symboliquement la porte d’Alcala. On lui présente un olivier, qu’il est invité à planter, symboliquement. Il assiste ensuite à un spectacle équestre sur la place de l’Indépendance.

19h42.  A l’instar de cette entrée symbolique dans Madrid par la porte d’Alcala, Benoît XVI, dans un mois, entrera ainsi dans Berlin par la porte de Brandebourg, symbole historique s’il en est

19h58.  « Enorme bousculade qui donne le sourire à tout le monde. Des gens pleurent, d’autres hurlent », décrit Fanny, jeune JMJiste française de 20 ans.

20h00 . Plaza de Cibeles, l’hymne de précédentes JMJ, « Jesus Christ, you are my life », raisonne, alors que le pape progresse vers l’autel de la place, sous de très intenses applaudissements.

20h02.  Le pape est toujours très sobre dans sa manière de saluer les foules, même un million de jeunes. Très souriant, il semble éprouvé par la chaleur. En dépit du répit relatif apporté par une ombrelle géante. Sur la place, il semble qu’il y ait de gros problèmes de gestion de la place : des vides hallucinants dans la foule des pèlerins alors que tout est bouclé. Sur la tribune de presse, qui ressemble à un gruyère, on croise des non journalistes qui semblent avoir eu des passes-droit.

20h08.  Sur les grands écrans, pas de traduction simultanée et multilingue des propos de bienvenue du cardinal de Madrid Rouco Varella. « La place de Cibeles vous reçoit comme celui qui vient au nom du Seigneur », affirme l’archevêque de Madrid, le cardinal Rouco Varela. Pour ce dernier, les jeunes sont ici « pour vivre cette rencontre avec le pape comme fils et père de la même Eglise ». « Leur joie est plus que compréhensible, très saint père, le successeur de Pierre vient à leur rencontre! », poursuit-il. Cette rencontre « peut changer leur vie ».  « Votre visite est une visite exceptionnelle. Avec vous est venue l’Eglise jeune » « Très bon séjour chez nous, très saint père. Soyons heureux dans le Christ ressuscité. »

20h10.  Une jeune polonaise souhaite la bienvenue au pape. « Les jeunes que nous sommes venus de toute l’Europe, (…) nous voulons être unis avec vous ». Alex, jeune Australien, offre à Benoît XVI une guirlande de fleurs typiques. Le pape la passe un moment autour du cou, avant de l’enlever. Suivront Jin-in, Coréenne, Yester, Hondurien, et Brenda, Guinéenne.

20h14. La température a nettement baissé. La foule accueille le pape avec un enthousiasme marqué par une certaine retenue.

20h19. Les différents groupes présents aux JMJ sont présentés au pape, continent par continent.

20h25.  Le pape s’adresse à la foule pour la toute première fois des JMJ. « Chers jeunes amis, (…) le Seigneur nous a réunis pour que nous vivions en ces jours l’expérience fraternelle des JMJ. Par votre présence et votre participation aux célébrations, le nom du Christ résonnera dans tous les recoins de cette ville renommée. Prions afin que son message d’espérance et d’amour ait aussi un écho dans le cœur de ceux qui ne croient pas ou qui sont éloignés de l’Eglise ». « Que le feu de l’amour du Christ ne s’éteigne jamais dans vos cœurs! »

20h35.  Le pape adresse des salutations particulières dans six langues, en commençant par le français. « Chers jeunes francophones, vous avez répondu nombreux à l’appel du Seigneur à venir le rencontrer à Madrid. Je vous en félicite! » « Prions les uns pour les autres afin que nous puissions être de joyeux témoins du Christ, aujourd’hui et toujours », ajoute ensuite le pape en anglais

20h52.  Concluant son discours, Benoît XVI confie « les fruits » de ces JMJ à la Vierge Marie « qui a su dire oui à la volonté de Dieu ».

20h58.  Après des intentions de prières prononcées par des pèlerins de différentes nationalités, Benoît XVI prononce une prière, puis entonne le Notre Père. Le pape conclut le temps de prière.

21h00.  La cérémonie se termine à peine que les jeunes commencent déjà à quitter la place de Cibeles.

21h04. Le pape descend les marches de l’autel et rejoint la papamobile, pendant que des centaines de drapeaux sont lentement agités dans le ciel au son du Messie  de Haendel interprété avec grâce par la chorale des JMJ. La nuit tombe sur la Place de Cibeles21h12.  Avant que les jeunes se dispersent, le speaker reprend la parole pour demander aux pèlerins de ne pas se rendre à la place de la Puerta del Sol, « pour des raisons de sécurité ». La station de métro de cette place au centre de Madrid a été fermée ce soir par les pouvoirs publics, signe d’une certaine tension au lendemain d’une manifestation anti-pape émaillée d’incidents.

Voici la première journée passée avec le pape. Ce n’est  là que l’ouverture d’une suite d’événements spirituels que nous aurons à vivre en sa compagnie jusqu’au dimanche

(RAFA RIVAS / AFP)

Le premier, jusqu’à dimanche 21 aout 2011 où il célébrera la sainte Messe finale à Cuatro Vientos.

                                                                                          Par Abbé Germain NZINGA MAKITU

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