RD Congo:discours du 30 juin prononcé par Joseph Kasa-Vubu

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Joseph KASA VUBUPour penser au 41è anniversaire de la mort de Joseph Kasa-Vubu, 1èr  Président de la République Démocratique du Congo le 24 mars 1969, nous nous faisons le devoir de vous présenter son disccours prononcé en présence du Roi des Belges, Baudouin 1er. C’était le jeudi 3O juin 196O. Il est mémorable.

 Excellence, mes chers compatriotes.

Au moment solennel où la République du Congo se présente au monde et à l’histoire, pleinement indépendante et souveraine. Au moment où nous ressentons intensément le caractère irrévocable et définitif du pas que nous franchissons, nous ne pouvons pas nous empêcher de mesurer la gravité de profonde humilité de demander à Dieu qu’il protège notre peuple et qu’il éclaire tous ses dirigeants.

Avant toute chose, je voudrais exprimer ici une émotion, la reconnaissance que nous ressentons envers tous ces artisans obscurs ou héroïques de l’émancipation nationale, à tous ceux qui, partout sur notre immense territoire, ont donné sans compter leurs forces, leurs privations, leurs souffrances et même leur vie pour que se réalise enfin leur rêve audacieux d’un Congo libre et indépendant (applaudissemnt)

Je pense à ces agriculteurs de nos plaines et de nos vallées, à ces intellectuels aussi, à tous ceux, jeunes ou vieux, qui ont senti monter dans leur coeur, un irresistible idéal de liberté et qui, quoi qu’il pût arriver, ont su rester fidèles à cet idéal et ont su l’accomplir. Je pense à nos femmes aussi qui sans …faiblir un seul instant, ont su réconforter leurs fils, leurs époux devant leurs luttes magnifiques et souvent même se tro!ver à leurs côtés au plus âpre du combat.

A vous tous et à vous toutes, artisans incomparables de la grandeurde notre patrie, le Congo indépendant que vous avez créé, vous dit avec émotion sa gratitude infinie et vous assure solennement que jamaisvous ne serez oubliés.

 Tournons-nous maintenant vers l’avenir.

L’aube de l’indépendance se lève sur un pays dont la structure économique est remarquable

 bien équilibrée et solidement unifiée. Mais, l’Etat d’inachèvement de la conscience nationale parmi les populations a suscité certaines alarmes que je voudrais dissiper aujourd’hui en rappelant tous les progrès qui ont déjà été accomplis en ce domaine et qui sont les plus sûrs garants des étapes qui restent à parcourir.

Que de différences, en effet, lors de la fondation de notre pays, entre des populations que tout contribuait à maintenir écartées les unes des autres sans souligner les diversités des langues, de coutumes ou des structuressociales, rappelons simplement les distance énormes qui nous séparaient et le manque de moyens modernes de communication de la fin du siècle passé. Pour se reconnaître, il a fallut se rencontrer.

Bon nombre de populations vivant aux confins de ce vaste pays se sentaient peu proches les unes des autres. Vous avez bien voulu rappeler, Sire, combien le progrès de maoyens de déplacement contribua heureusement à enserrer le pays dans un réseau d’échanges qui a servi aussiet, grandement, à rapprocher les hommes. Le développemnt économiquede son côté amèna la création de cités de travailleurs et de centres où les ressortissants de différentes ethnies apprirent à vivre ensemble une certaine osmose s’opéra. Les échanges se multipliant, les régions devinrent petit à petit complémentaires les unes des autres renforcèrent aussi leur collaboration. Le développement de l’instruction, la cration et la diffusion des jouernaux et périodiques, la multiplication des postes-radio, tout cela contribua à la naissance dans les villes d’abord, dans les milieux ruraux, ensuite, d’une oipinion publique d’où petit à petit de dégagèrent les éléments d’une véritable conscience nationale.

La Belgique eut alors la sagesse de ne pas s’opposer au courant de l’histoire et, comprenant la grandeur de l’idéal de la liberté qui anime tous les coeurs congolais, elle a su, fait sans précédent dans l’histoire d’une colonisation pacifique faire passer directement et sans transition notre pays de la domination étrangère à l’indépendance dans la pleine souverainété nationale ( applaudissements )

Mais si nous pouvons nous réjouir de cette décision, nous ne devons pas oublier que c’est à nous à désormais à prendre le relais et et à rassembler les matériaux de notre Nation dans l’union et dans la solidarité.

Nous disposons pour cela d’un large éventail de maoyens, mais il faudra que nous les utilisions avec sagesse, sans hâte ni lenteur avec le souci de s’adapter harmonieusement au rythme normal des choses, sans essouffler les populations par une marche trop rapide qui les laisse hors d’haleine sur le bord de la route mais sesans se complaire non plus dans une administration béate de ce qui est déj. La conscience nationale pousse depuis lontemps les populations congolaises vers plus de solidarité ; nous aurons à favorise plus que jamais ce mouvement de rapprochement national.

Un rôle tout spécial dera dévolu, dans cette recherche d’une grande cohésion nationale aux institutions centrales du pays et surtout à l’action des Chambres Législatives. Certains d’entre nous, Messieurs les Sénateurs et Messieurs les Députés ont pour la pemière fois, sans doute côtoyé des élus venant d’autres provinces.Grande a été leur surprise de constater que votre idéal et vos préoccupations étaient si proches les uns des autres. J’ai la conviction que vous ferez de ces assises le véritable creuset d’une conscience nationale toujours plus développée.

Nous aurons également dans tout le pays développer l’assimiliation de ce quatre-vingts ans de contact avec l’occident nous a apporté de bien ; la langue qui est l’indispensable outil de l’aharmonisation de nos rapports, la législative qui insensiblement, a influencé sur l’évolution de nos coutumes diverses et les a lentement rapprochées et, enfin et surtout, la culture. Une affinité fondamentale de la culture rapproche déjà tous les Bantous, aussi le contact de la civilisation chrétienne et les racines que cette civilisation a poussées en nous, permettront aux sangs anciens revivifiés de donner à nos manifestations culturelles une originalité et un éclat tout particulier. Nous aurons à coeur de favotriser l’éclosion de cette culture nationale et d’aider toutes les couches de la population à en percevoir le message et à en approfondir la portée. Nous aurons là une mission essentielle à remplir. Car, la culture sera le ciment de la Nation.

Cette recherche, ainsi que la mise en place des matériaux dessinés à notre unité nationale, doit devenir la préocuupation dominante de tous. Aucun habitant de ce pays ne peut se refuser de participer à cette oeuvre capitale.

Nous saurons pour cela, dans ce vaste chantier de quatorze millions d’hommes, qui est notre pays, éclairer et guider tous ceux qui y oeuvrent dans l’enthousiasme ‘est cette communauté d’efforts, de peines et de travail qui achèvent le plus sûrement s’unir tpous les congolais en une rande, seule et solide Nation. Nous montrerons ainsi au mode, par nos actes, que nous sommezs dignes de la confiance que le peuple a placé en nous, et que de nombreux pays nous témoignent déjà.

Nous ne les décevrons pas ( applaudissements).

(La finale prévue dans le texte polycopié qui fut distribué à la presse, ne fut pas prononcée,

Sire,

La présence de votre Auguste Majesté aux cérémonies de ce jour mémorable constitue un éclatant et nouveau témoignage de votre sollicitude pour toutes ces populations que vous avez aimées et protégées. Elles sont heureuses de pouvoir dire aujourd’hui à la fois leur reconnaissance pour lezs bienfaits que vous et vos illustresprédecesseurs leur avez prodigués et leur joie pour la compréhension dans laquelle vous avez rencontré leurs aspirations.

Elles ont reçu votre message d’amitié avec tout le respect et la faveur dont elles vous entourent et garderont longtemps dans leur coeur les paroles que vous venez de leur adresser en cette heure émouvante.

Elles sauront apprécier tout le prix de l’amitié que la Belgique leur offre et elles s’engageront avec enthousiasme dans la voie d’une collaboration sincère.

Messieurs les Représentants des pays étrangers nos joies et vous nous avez fait honneur de venir nombreux célébrer avec nous ces journées historiques. Aussi des relations d’amitié seront-elles faciles à nouer demain entre notre pays et chacun des Etats que vous présenterez.

Vous qui voyez autour de vous l’immense enthousiasme qui s’est emparé de toute la Nation vous qui sentez notre désir de réussir et de bien faire connaître au monde cette image.

Je proclame, au nom de la Nation, la naissance de la République du Congo.

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