Interview :’’ Chez nous la rémunération est modique. Tout est lié à la politique et au développement du pays’’

 Justin Kamavuako Diwavova  est un Congolais qui vient de terminer sa thèse à l’Université de Reims en France. Etant premier Professeur  en sciences de gestion de l’Université Kongo et 2 è Professeur de cette université du Bas-Congo au sud-ouest de Kinshasa  est pour la valorisation de la profession  d’enseignant-chercheur en Rd Congo.

Aparitorat général de l'Université Kongo/photo UK

Aparitorat général de l'Université Kongo/photo UK

 

 Infobascongo(IFB) : Vous êtes maintenant Professeur. Etait-il facile d’en arriver là ?

 Justin Kamavuako Diwavova(JKD): Non! D’abord, ça n’a pas été facile d’atteindre Paris. Et surplace, j’ai dû batailler dur en exerçant de petits boulots. N’eût été la motivation qui m’animait, je n’aurai pu m’en sortir. Vous savez, les anciens Professeurs étaient boursiers et ils n’ont pas vécu la même situation que nous.

 IFB :Devenir Professeur pour vous, qu’est-ce que ça représente lorsque l’on sait que la fuite des cerveaux est importante en Rd Congo ?

 JKD : Je suis d’abord fière de devenir Professeur. C’est un honneur de porter ce titre. Cependant, je pense que j’ai un devoir de reconnaissance. Je travaillerai pour l’Université Kongo. Mon boulot, c’ est d’abord l’enseignement et la recherche. Outre cette responsabilité, ma vision est de renforcer l’incubateur d’entreprises (I&Fentrepreneuriat) mise en place par mon cher collègue, ancien de l’Université Kongo, le Doctorant Val Masamba Lulendo Mpanda.

 IFB : Pensez-vous regagner la RDC après votre brillante thèse ?

JKD : (rire) Pourquoi pas ! Le projet de non retour ne se justifierait que si l’on trouve mieux ici. En dehors de cet aspect, et vu certaines discriminations dont les immigrés font face, la meilleure décision pour moi serait sans doute de retourner. Et c’est l’option qui me caractérise.

JKD : Quelle différence faites-vous entre un Professeur Français et Congolais ?

IFB : Ouf ! C’est comme le jour et la nuit. Un Professeur Français gagne environ entre 3000 et 5000 euros. En plus, il travaille dans de bonnes conditions. Près de chez nous, au Congo-Brazzaville par exemple, les enseignants gagnent déjà dans les 2000 euros. Chez nous la rémunération tourne autour de 700 euros . Tout est fonction de la politique mise en place par le décideur politique.

 IFB : Quelle lecture font les Professeurs Français sur leurs collègues Congolais ?

 JKD :Ils ont plus des considérations pour les Professeurs de certains pays d’Afrique (Ouest-africains ou camerounais). Ceux-ci sont présents dans des conférences et colloques internationaux. Ils publient et comprennent le bien fondé des NTIC …Quant à nos professeurs, malgré leur intelligence, ils sont absents sur la scène internationale ;beaucoup d’entre eux manquent de vision et limitent leur rayonnement au niveau du seul pays .

 Quand je rentrerai au pays , mon souhait est de rester en contact avec les relations nouées en France. Ce genre de réseau  me permettra de rester compétitif  face au dynamisme que ne cesse de connaître la science.

 IFC :Mais que doit faire le gouvernement Congolais pour valoriser la profession enseignante ?

JKD : Il doit motiver les Professeurs et créer un cadre qui leur permet de travailler comme les autres professeurs de pays sérieux. Leur rémunération doit être correcte pour qu’ils s’adonnent efficacement à l’enseignement et à la recherche.

 

 

 

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