Matadi Péage : on ne triche pas avec la barrière électronique

Barrière électronique au Pont Maréchal/ infobascongo

Barrière électronique au Pont Maréchal/ infobascongo

(Syfia Grands Lacs/Rd Congo) La barrière électronique installée sur le Pont Maréchal qui enjambe le fleuve Congo à Matadi, dans le Bas-Congo empêche toute fraude. Tous les camions qui traversent payent désormais leurs taxes, ce qui va permettre d’entretenir cet imposant ouvrage, un des sites touristiques de la province.

Quand on atterrit au petit aéroport de la Tshimpi niché sur une colline au nord-ouest de Matadi, le voyageur prend la route venant de Boma pour arriver au chef-lieu de la province du Bas-Congo. Bâtie sur le versant d’une colline rocailleuse qui échoue sur le fleuve Congo, Matadi offre une vue panoramique à l’entrée du pont Maréchal Mobutu, un gigantesque ouvrage de 722 m jeté sur le fleuve en aval du port de Matadi. Construit voilà 27 ans sous Mobutu par les Japonais, de simples barrières mécaniques réglaient jusque-là sa traversée. Ce n’est plus le cas puisqu’il faut aujourd’hui passer par des barrières électroniques. Une grande première dans la région, qui fait la joie du directeur général de l’Organisation pour l’équipement Boma-Kinshasa (Oebk), le service public qui gère le pont. « Grâce à cette modernisation nous assurerons un meilleur contrôle du trafic« , se réjouissait Muller Luthelo à l’inauguration du nouveau système, en mai.

Le patron de l’Oebk a des réels motifs de se féliciter de ce qui apparaît ici comme une petite révolution. L’avènement de l’électronique a en effet entraîné une hausse assez spectaculaire de 20 % des recettes grâce à son système informatisé de péage, en réduisant la fraude qui faisait perdre beaucoup d’argent au Trésor public. « L’argent encaissé nous permettra de sécuriser le pont, d’entretenir le matériel et de rémunérer nos agents« , reconnaît Muller, qui se fait à présent moins de souci pour cet ouvrage qui prenait déjà un coup de vieux.

Progrès énormes

Une récente expertise japonaise a en effet révélé qu’une corrosion commençait à entamer l’intérieur de l’immense bâtisse de béton. L’Oebk n’avait jusqu’alors pas assez de moyens pour en assurer l’entretien qui exigerait, selon son Directeur, 400 000 $ chaque année. Le nouveau système est venu à point nommé. Deux ordinateurs, deux vidéos de surveillance, trois caméras et une imprimante sont installés à chaque rive du fleuve. Chaque véhicule qui arrive à la barrière se retrouve devant deux écrans : l’un affiche l’image de l’engin sur l’écran du tarificateur pour signaler sa présence, l’autre affiche le tarif sur un panneau rouge. L’usager paye alors au caissier, tandis qu’un contrôleur vérifie l’authenticité du billet avant que la barrière ne s’ouvre après validation.

« Cette barrière a apporté d’énormes progrès à l’Oebk« , reconnaît son directeur d’exploitation, Dieudonné Gesanga. Les vieilles pratiques de fraude et souvent d’intimidations ont en effet reculé. Administrateur financier au pont, Popol Bateza se souvient de cette mauvaise surprise vécue en janvier par un groupe de soldats. « Ils ont tenté de traverser le pont en menaçant nos agents mais grâce à la caméra cachée, ils ont été identifiés« , raconte-t-il, fier du changement survenu.

La règle en matière de péage est désormais stricte. Tous les moyens de transport doivent payer leur taxe, à l’exception des vélos. Certaines autorités poltico-administratives bénéficient de cartes de gratuité, qui leur permettent d’effectuer la traversée après manipulation d’un bouton de sécurité. Un passage a été réservé aux piétons qui ne paient pas non plus un sou. « Le soir, tout est revu grâce à notre caméra cachée. Nous visualisons toutes les bandes« , explique Claude Nsabimana, chef de service d’exploitation.

L’électronique sur la Nationale n°1

Ce changement a provoqué quelques changements pour les usagers de la route souvent habitués à négocier avec des agents pour ne pas payer le prix réel du péage routier. Une pratique très courante sur les trois postes de péage installés à Kenge, Lukula et Kasangulu sur la Nationale n°1 entre Kinshasa et Matadi (360 km). Comme le témoigne ce passager d’un bus de voyage sur cette ligne, qui raconte la scène vécue à Lukula, en avril. « Notre chauffeur avait transporté un agent de péage qui a négocié avec ses collègues. Il a payé la moitié du montant de la taxe. »

Au pont Maréchal, avant qu’on installe le système électronique, l’Oebk avait pris toutes les dispositions pour combattre la fraude. Une équipe de six personnes y travaillait comprenant un inspecteur principal, un inspecteur, un percepteur, un contrôleur, un barriste et un tarificateur pour une bonne gestion des recettes. « Malgré toutes ces stratégies, une dizaine d’agents ont été révoqués pour fraude« , raconte Claude Nsabimana. Si l’on installait des barrières électroniques dans les trois sites de péage de la Nationale n°1, l’Etat augmenterait ses recettes, conseille-t-il.


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