Bas-Congo:Bien utilisé, l’impôt rentre mieux

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Travaux de réhabilitation de l'avenue(Repere)

Travaux de réhabilitation de l'avenue(Repere)

(Syfia Grands Lac/RD Congo) Au Bas-Congo, les recettes de l’impôt foncier et de celui sur les revenus locatifs ont été multipliées par dix depuis le début de l’année. Un système de perception garanti et surtout des travaux d’intérêt public menés, grâce aux taxes, ont convaincu les contribuables de payer. …

 

 

 

Depuis que des centres de santé, des bâtiments publics, des routes et ponts…sont réhabilités au Bas-Congo grâce à une bonne affectation des recettes fiscales, la population de cette province au sud-ouest de Kinshasa hésite moins à payer l’impôt. Le succès n’était pourtant pas acquis d’avance lorsqu’en janvier, les autorités lançaient l’opération « civisme fiscal ». Des agents vêtus de gilets verts fluorescents, arpentaient alors les rues de la capitale provinciale, Matadi, pour expliquer à la population qu’elle doit payer l’impôt foncier et l’impôt sur le revenu locatif. Ils étaient accueillis avec méfiance et appréhension. « C’est encore une mafia de plus montée pour nous soutirer des sous« , se chuchotait-on à travers la ville.

Début 2010, le Bas-Congo a dû créer sa propre Régie d’encadrement et de recouvrement des recettes (REPERE). « Nous l’avons fait pour combler le déficit causé par la modicité des moyens que nous alloue le gouvernement central et qui ne nous permettent pas de réaliser notre programme d’action« , explique Simon Mbatshi Batshia, gouverneur de la province. Mais pour rassurer les gens qui ont depuis longtemps perdu l’habitude de payer l’impôt, que leur argent arrivera bel et bien dans la caisse de l’Etat, les autorités ont mis en place des garde-fous : tout payement s’effectue directement dans les comptes de la régie auprès des banques, moyennant délivrance d’un bordereau, et aucun agent ne peut manipuler l’argent. Les recettes perçues doivent, par ailleurs, impérativement être affectées à la réalisation des ouvrages d’intérêt commun…

 Des recettes record

Sans cesse répétées en boucle à travers les médias locaux, toutes ces explications ont petit à petit mis les contribuables en confiance vis-à-vis des agents de REPERE envoyés sur le terrain. « N’ayez pas peur d’eux. Ils prélèvent les renseignements nécessaires au calcul de l’impôt foncier« , explique à ses voisins Bibiche Kienga, une habitante de Matadi qui n’a pas opposé de résistance aux agents venus procéder au relevé de sa parcelle. « Je suis maintenant rassuré sur la nécessité de cette opération et je dois y souscrire« , s’empresse de dire de son côté Fédéré Mankele, un fonctionnaire.

Quelques mois après le lancement de l’opération, les recettes ont été multipliées par plus de dix. Directeur général de REPERE, Gabin Manzonzika en témoigne : « Avant la relance du civisme fiscal, nous réalisions 42 millions FC par mois (46 667$). Aujourd’hui, grâce à la rigueur mise dans la perception des fonds provenant desdites taxes, nous atteignons une moyenne mensuelle de 530 millions », révèle-t-il, avec fierté. Désormais optimiste, la régie financière mise maintenant gros. Elle investit davantage de moyens pour mieux encadrer les recettes et espère engranger le milliard de francs dès août, et même atteindre un chiffre record de 6 milliards fin 2010.

 L’argent ne va plus dans les proches

Déjà avec l’argent encaissé, le gouvernement exécute d’importants travaux d’intérêt public. Maisons de l’Etat, bureaux administratifs sont construits à travers les différents territoires de la province. Des cantonniers chargés d’entretenir les routes de desserte agricole sont recrutés et payés par le fonds de REPERE. Pour donner une impulsion aux chefs des secteurs et des territoires, la province leur a acheté des motos et des véhicules. A Luozi, au sud de la province, un important pont a été construit qui permet aux paysans de mieux écouler leurs produits.

Pour bien mener ses activités, Semag, une entreprise d’exploitation agricole créée pour encadrer les paysans, vient par ailleurs de bénéficier d’un appui de 5 millions $ de REPERE. De quoi encourager les administrés à payer leurs taxes et s’impliquer ainsi dans la reconstruction du Bas-Congo. « Nous sommes très satisfaits des changements qui s’opèrent dans notre province car nos taxes ne vont plus dans les poches des individus », déclarent des habitants, qui savent maintenant à quoi sert l’argent qu’ils déboursent.

                                                          

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