Bas-Congo : Changements Climatiques pour manque de respect de l’environnement

vue aerienne d'un village du Bas-Congo/infobascongo

vue aerienne d'un village du Bas-Congo/infobascongo

Au Bas-Congo, au sud –ouest de Kinshasa, des changements climatiques s’observent. Il fait de plus en plus froid en saison sèche comme il l’a fait très chaud en saison des pluies. Cela est dû au manque de respect de l’environnement.

 

Bien que reconnue ville où il fait un froid de canard, Mbanza-Ngungu à 215 Km de Matadi l’est davantage devenu. De brouillard dense s’élève tôt matin rendant la vue difficile et le sol est mouillé. Comme dans cette ville beaucoup d’autres juridictions de la province sont aussi en proie à un froid de loup depuis mi-mai début de la saison sèche.

Beaucoup s’accordent à dire que ces changements  climatiques sont liés au travail humain qui ne respecte pas les normes environnementales. Par exemple sur la route nationale Matadi-Kinshasa, des milliers d’hectares de savanes des Cataractes et Lukaya, deux districts du Bas-Congo sont constamment agressées par le feu de brousse. Ils sont l’œuvre des pyromanes ou des habitants qui recherchent à manger. Docteur en géographie, le Professeur Anselme Mbenza explique : « la brousse en brulant produit du CO2 qui est émis dans l’atmosphère où il va accroître la concentration dont s’accorde à reconnaître une grande influence sur l’effet de serre additionnel  responsable du réchauffement climatique. Et, la destruction des espèces entraîne la réduction de la biodiversité »

D’autres phénomènes tels que la coupe du bois pour l’exportation, la fabrication de la braise, des meubles… sont aussi pointés du doigt comme facteurs des perturbations climatiques. « Quand vous êtes  dans un avion survolant le Bas-Congo, vous découvrez l’extension de la désertification avec des étendues des plaques dénudées conséquence de la déforestation » regrette Anselme Mbenza.  

 Hier des canicules

Pendant la saison des pluies de Mi-octobre à mi-mai, c’est à des canicules auxquels ont fait face les habitants. Journalière dans une société de téléphonie mobile, Nancy Dituka s’en souvient  avec  une pointe d’ironie: ‘’ C’était pour la première fois que nous avions vécu une telle situation. Nous dormions parfois à 2h et certaines gens disaient que le ciel s’est troué ’’.  

Selon  Nsimba Khonde, Chef de station intérimaire de l’Agence Nationale de Météorologie et de Télédétection par Satellite, (Mettelsat), Bas-Congo, ‘’la température oscillait  entre 33° et 35°c’’.Autrefois la température vacillait entre 27°et  31° ’’, renseigne-t-il. 

 Dans les juridictions du Bas-Congo particulièrement à Boma et Matadi, villes portuaires où les activités sont souvent florissantes, de plus en plus les maisons à étages suscitant du béton sont construites. Pour Anselme Mbenza, ’’ ces constructions, le bétonnage des cours intérieures …sont à la base de ces canicules ‘’.

L’absence de plus en plus des arbres qui agissaient comme tampon pour freiner la vitesse du vent ont causé de nombreux dégâts. Des maisons se sont écroulées à Nsanda, Manzi, Kaipimbi en territoire de Sekebanza et ailleurs ; des murs se sont écroulés sur des habitants à Matadi en saison des pluies. Les fortes chaleurs qui poussaient les habitants de dormir fenêtre ouverte ou dehors ont occasionné des vols. Début février, le ratissage de la police a permis de mettre aux arrêts une quarantaine des voleurs.

 Du côté des agriculteurs, il a été constaté une baisse des rendements à cause du desséchement des plantes et l’absence des pluies. ‘’ J’ai perdu ma récolte la saison de près de 50%’’, regrette Mamie Mahongo, Présidente du Groupe peuple de Dieu(Groupedi), une Ong des femmes basée à Kwakwa à 40 km de Matadi qui transforme le manioc. Bruno Kitsaka, Ingénieur Agronome, Chef de Projet Horticulture Péri- Urbaine /FAO de Mbanza-Ngungu signale que beaucoup d’agriculteurs ont perdu leurs récoltes. ‘’ Le calendrier agricole, on ne le reconnaît plus. Pendant que les agriculteurs attendaient la pluie, il n’y en a pas eue et pendant qu’ils attendaient un peu de sécheresse, il a pluie’’. Il explique que les produits agricoles ont galopé de prix citant la caisse de la tomate qui s’est vendue à 70.000fc (80$) pendant qu’en temps normal, il coûte parfois 10.000fc (11$). En cette saison sèche, il souligne que le froid va aussi occasionner des pertes énormes à cause de la coulure (la tombée) des fleurs qui sont des futures graines.

Pas de réchauffement climatique

 Pour le Mettelsat, ces augmentations des températures sont normales et non rien avoir avec le réchauffement climatique. Selon le Professeur Bruno Lapika, Consultant au Fond des nations unies pour la population(Unfpa), cité par la radio Okapi,’’ cette augmentation de la température,  l’impact de la déforestation, l’émission des gaz à effets de serre sont des effets perceptibles du changement climatique ’’.

Pour le Professeur Anselme Mbenza, Dr en Géographie,’’ il est difficile de parler avec exactitude de réchauffement climatique. Car, il manque des enregistrements des températures ’’. Selon lui, dans l’histoire du monde, lorsque les lobbies soutiennent une thèse, il est difficile de dire le contraire et les études vont dans le sens de la confirmer. Bien qu’il remarque que ces variabilités interannuelles et mensuelles semblent s’accroître, il apaise au contraire les habitants, ‘’ Puisque nous sommes à l’équateur et pas dans l’hémisphère nord, il y aura moins d’effets au Bas-Congo’’.

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