Muanda : les jeunes s’organisent pour prendre en charge leur cité

Muanda : les jeunes s’organisent pour prendre en charge leur cité
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Avenue du Commerce à Muanda/Infobascongo

A Muanda dans le Bas-Congo au sud-ouest de Kinshasa, les jeunes se sont décidés à se prendre en charge pour apporter un changement dans leur cité côtière riche en pétrole malheureusement pauvre. Les actions qu’ils mènent sont fort appréciées.

Sur l’avenue du commerce, la principale route de Muanda, l’éclairage public est l’œuvre des jeunes. La pauvreté de la cité est en partie due à l’assainissement qu’Ils font. ’’ C’est la cité qui nous a vu naître et grandir, nous ne pouvons pas la laisser dans cet état’’, explique Beka Liba, Président de l’Association des jeunes (Ajm).

C’est depuis 2000, qu’ils sont réunis au sein de cette association en vue de lutter contre la pauvreté de la côte atlantique pourtant riche en pétrole. Le courant électrique et l’eau sont un casse-tête, les routes sont presque inexistantes, écoles, hôpitaux sont délabrés…Depuis près de 4 ans, ces jeunes environ 1000 de différentes couches sociales ont redoublé d’ardeur dans leurs activités. Dans une cité frontalière qui accueille souvent plus de 5000 Congolais expulsés de l’Angola beaucoup d’entre eux refusent de regagner Kinshasa. Ils s’y installent attendant de regagner leur eldorado. Du coup, ils rackettent.

 Fin 2010, l’Ajm a organisé des postes d’autodéfense populaire pour lutter contre ce comportement. Grâce à leur cotisation, ils remettent du sucre, café, torches…à l’équipe désignée. Mensuellement, chaque jeunes paient 100fc ($). ‘’ Cela a été très efficace car, nous avons pu sécuriser la population’’, a fait savoir Beka Liba. Ils se sont aussi engagés à combattre les érosions qui menacent leur juridiction. Malheureusement, ils n’ont pu stopper l’avancée de l’érosion ‘’Kisimbi’’. ‘’ Il faut suffisamment des moyens que nous n’avons pas’’, a-t-il ajouté. Pour avoir un peu plus d’argent, ils ont opté pour l’agriculture. Sur les 5ha qu’il possède, l’Ajm vient d’emblaver 1ha avec le ‘’ Vigna’’, une espèce d’haricot.

Prise de conscience

 Reconnaissant que c’est d’abord le rôle de l’Etat de reconstruire Muanda, ces jeunes capitalisent l’arrivée des autorités provinciales ainsi que nationales pour plaider au profit de leur cité. Mai dernier, ils ont demandé au Chef de l’Etat l’asphaltage de l’avenue du commerce, leur principale artère. Etalée sur 12 Km, cette route nationale est entrain d’être asphaltée. Pour encourager les travailleurs, ils sont allés leur offrir de l’eau et un sandwich, ils balaient régulièrement les 1350 m déjà asphalté et suivent de près les travaux. ‘’ Nous ne pouvons que nous approprié cette route car, nous en sommes les premiers bénéficiaires et ce serait la première route qui sera asphaltée à Muanda depuis l’indépendance’’, a expliqué Jean-Marie Mucaravel, de l’Ajm.

Pour mieux faire passer leur message à la jeunesse, ils ont chaque vendredi un espace à la radio. ‘’ Nous disons aux jeunes que nous pouvons mieux vivre dans cette côte atlantique et qu’il n’est pas important de s’instituer dans de mauvais comportement et de ne surtout pas chercher à vendre la parcelle des parents pour aller en Europe’’, explique leur président qui, après avoir vécu 12 ans durant en Belgique est rentré au bercail. Leur message est écouté. Ils ont réussi à calmer en 2010, la grogne des jeunes qui ne voulaient pas que le Fond national d’entretien routier (Foner) instaure le péage sur le tronçon router Boma-Muanda. Ils trouvaient anormal que ce système soit instauré sur une route en terre pendant que cela n’existe pas ailleurs sur certaines routes asphaltées. ‘’ Nous leur avons fait comprendre que ce sont nos propres frères et sœurs qui engagés à ces postes qui manqueront du travail’’, a expliqué Alain Nkua, Secrétaire de l’Ajm.

 De plus en plus ces jeunes prennent conscience. C’est le cas de Jean Ndombasi, un journaliste qui vient de redonner vie à la plage. Il a aménagé des gradins sur une falaise, une terrasse…Du coup, la baignade a repris. ‘’ Si je l’ai fait parce que quelqu’un pendant mon séjour à Kin avaient qualifié les Muandais des sous-hommes. Car, il ne pouvait comprendre qu’avec les 35km de littoral que nous possédons, il y a pas de modernité’’, a-t-il expliqué.

Appréciés

 ‘’ Je suis fier de ces jeunes car, ils permettent le changement de beaucoup de choses’’, se réjouit Guillaume Ngongo, Administrateur du territoire. Quand ils mènent des actions, l’ajm bénéficie parfois de son soutien financier. Willy Loma, Président de la société civile de Muanda lui aussi les encourage.’’ C’est des jeunes responsables soucieux du développement de leur cité’’, avoue-t-il. Cependant, il demande à ce qu’ils soient soutenus car,’’ils sont souvent abandonnés à eux-mêmes’’, regrette-t-il.

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