Interview : situation difficile des travailleurs au Bas-Congo

Interview : situation difficile des travailleurs au Bas-Congo

 La journée internationale du travail, c’est ce 1er mai. Au Bas-Congo, la situation des travailleurs n’est pas fameuse. Pierrot Mvumbi, Président de la coordination de la société civile du Bas-Congo explique la situation et détaille les moyens de solution.

www.infobascongo.net(IFB): Pierrot Mvumbi, vous êtes le Président de la coordination de la Société civile du Bas-Congo, quelle est la situation des travailleurs du Bas-Congo et quelles en sont les causes?

 Pierrot Mvumbi(P.M) : La situation des travailleurs est ambiguë au Bas-Congo. Autrefois, la province constituait 45% de l’économie nationale grâce à ses ports, au barrage d’Inga, au pétrole de Muanda,aux entreprises industrielles(Cilu,Cinat,Sucrerie de Kwuilu-Ngongo,Bralima…) et agropastorales(Jvl,Midema,Scam,Agriyumbe…). Le taux de chômage était réduit si bien que nous avons même importé la main d’œuvre de l’Angola pour surtout les entreprises des Cataractes. A cause de la mauvaise gestion, nous avons perdu un certain pourcentage des activités. Il y a aussi la révolution de Mzee Laurent Désiré Kabila avec la mauvaise politique des autorités mises en place qui ont importés des compétences pendant qu’il en avait sur place. Loin de nous de verser dans le clivage régional mais, il est vrai que tous ceux qui étaient dans le Bas-Congo étaient mis à l’écart dans la distribution de l’emploi. Un autre élément, c’est la non incitation des autorités dans la création des emplois dans une province riche en potentialités. Elles ont laissé le monopole aux Indopakistanais et Libanais qui vendent même en détails.

On peut dire que leurs travailleurs gagnent mieux mais ils ne sont pas sécurisés. Ils travaillent sans casques, pieds nus, coulent des bétons sans masques de protection…C’est certain qu’ils deviendront malade. Là aussi, leur prise en charge n’existe pas. Est-ce que le gouvernement contrôle tout cela ?

IFB : Mais qu’est-ce que le gouvernement provincial doit faire justement face à ce secteur de commerce déjà miné par les Indopakistanais et Libanais ?

P.M : Il connait la règlementation en vigueur. Malheureusement, ces opérateurs économiques étrangers vendent même en détail. Ils sont importateurs, pointeurs, transporteurs parfois avec un seul gros véhicule. Leurs marchandises montent d’abord à Kin puis revient au Bas-Congo. Ils revendent au même prix que les opérateurs économiques de la province forcés à aller acheter à Kinshasa. C’est anormal. Pourtant, nous avions eu un Gouverneur du nom de Bieya Mbaki qui avait imposé à l’Orgaman par exemple de laisser une quotité de ses marchandises au Bas-Congo avant qu’elles soient expédiées à Kinshasa. Grâce à cette politique des chambres froides ont été installées un peu partout dans la province. C’est ce qu’avait fait aussi Beltexco, l’Icci…

IFB : Mais, le problème n’est-ce pas parce que les opérateurs économiques n’importent presque pas ?

 P .M : L’accès au crédit n’est pas profitable pour les Congolais. Il est de 18% sinon de 20% pendant que dans d’autres pays, il est de 4%. Notre gouvernement ne soutient pas les opérateurs économiques Congolais. C’est ce qui ouvre la voie aux commerçants étrangers.

IFB : Ce 1er mai, un défilé des travailleurs est prévu à Matadi. Les syndicats sont divisés à propos, les uns sont pour et les autres contre. Comment réagissez-vous ?

P.M: Il faut se demander en rapport avec les revendications de Chicago, quels résultats aujourd’hui ? On doit défiler lorsque l’on est fier de son travail or, ce n’est pas le cas. Beaucoup s’y rendent par peur de perdre son emploi. Et donc, que les syndicats du secteur privé dise non à ce défilé, c’est une expression démocratique, un signal fort. Si la Rd Congo veut se développer, il faut bien payer les travailleurs car, cela suscitera la croissance et donc le développement.

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