Voyage décevant d’un Congolais de la diaspora au bercail

Voyage décevant d’un Congolais de la diaspora au bercail
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Crispin Mbandu et remy Turdel dans le bureau d'Infobascongo

De retour au Bas-Congo,sa province natale au sud-ouest de Kinshasa pour apporter sa pièrre de contribution à son essor , un Congolais vivant au Canada a été sidéré de l’état dans lequel,il retouve son patelin.  Les habitants vivent difficilement,la mentalité à fort changé… Sa tâche semble difficile.

 Né à Kizu, Crispin Mbadu a grandi à Tshela dans le Bas-Fleuve  qu’il a quitté depuis plusieurs années. En sus d’un diplôme en droit obtenu en Suisse, il détient un diplôme de l’Ecole Nationale de l’administration publique(Enap) du Québec. Soucieux de sa province, il a initié avec ses amis le ‘’Réseau d’Actions Nord-Sud’’ dont il assume la coordination. Sa vision : faire bénéficier au Bas-Congo l’expérience du Canada dont il se souvient à voir le même niveau que le Congo vers les années 1960. ‘’Moins instruite parmi les nations les plus industrialisées, il y a plus de trois decennies, le Canada est aujourd’hui 2ème après la Corée du Sud’’, révèle-t-il.

Crispin veut faire bénéficier aux paysans de sa province le système des coopératives. ‘’ Ils évolueront avec leurs propres ressources mais nous les aideront à accéder aux crédits’’, explique-t-il prévenant que lui et  Remy Trudel, Professeur à l’Enap, ancien ministre de la santé et de l’agriculture ne sont pas des investisseurs mais qu’ils peuvent servir de pont. Il vante ‘’Desjardins’’, la plus grande banque du Québec qui appartient à la population et dont le profit lui revient sous forme de tontine.

Retour au bercail décevant

Le voyage de Kinshasa à Matadi n’a pas soulevé des questions, la route étant praticable.  C’est en parcourant le tronçon Matadi-Boma avec son panorama des villages pauvres que son Professeur va l’interroger. ‘’ Y a-t-il des gens chez toi ? Au fur et à mesure qu’ils progressaient, les voyageurs découvraient d’autres réalités liées au sous développement. C’est en plein cœur de Tshela qu’il se voit poser une seconde question. ‘’Y a-t-il des humains qui vivent ici ?’’.

Dans son Kizu natal, Crispin est sidéré de voir des enfants en bas-âge jouer avec des culottes trouées. ’’ Il y a plusieurs années, je m’habillais comment eux, je marchais à pied pour aller à l’école et ce, sans babouches. Mais rien n’a changé !’’. Rien n’a changé effectivement pour lui, car, il dit avoir vu des hôpitaux et écoles délabrés, des routes impraticables… C’est à cela qu’il se demande :’’le gouvernorat a un site internet où l’on demande la contribution de la diaspora. Nous avons des équipements médicaux à donner gratuitement à la province, nous écrivons et parfois appelons depuis maintenant 7 ans. Mais pourquoi personne ne nous répond ?’’.

Les mentalités ont changées

Il s’est aussi rendu compte que les paysans s’évertuaient à cultiver mais qu’ils ne savaient  écouler leurs récoltes. Du coup, le banditisme, l’exode rural fait du chemin sinon, c’est le banditisme. For de ces révelations, lui et  son visiteur, ont résolu d’organiser un meeting pour conscientiser les habitants. Mais, ils étaient déçus d’apprendre que sans défalquer de l’argent pour leur payer à manger et à boire, ils ne viendront pas. ‘’ Les politiciens nous ont déjà habitués ainsi. Si vous ne le faites pas, personne ne viendra’’, lui a prévenu une autorité locale.

Faire comme les politiciens lui a permis de passer son message à ses frères et sœurs. Il veut qu’ils essaient ce modèle des coopératives copiées aujourd’hui par les ouest-Africains et qui donnent des résultats escomptés. Pour Crispin, le modèle Français, Belge…a échoué. Mais, il continue à s’interroger:’’ les gens vont-ils adhérer ? Comprennent-ils ?’’. Sa crainte est notamment de voir des politiciens distiller un autre discours avançant que c’est un fils du coin qui veut se faire élire, les congolais de la diaspora étant souvent taxés de ‘’perturbateurs’’. ‘’Pour une fois, mettons-nous ensemble car, notre population souffre’’, convie-t-il.

A Matadi, ils se sont entretenus avec Deo Nkusu, le gouverneur intérimaire sur leur vision qui leur a promis le soutien du gouvernement provincial.

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