RD Congo : Des milliers de chèvres tuées par la peste des petits ruminants

RD Congo : Des milliers de chèvres tuées par la peste des petits ruminants
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La peste des petits ruminants, une maladie qui se propage rapidement décime chèvres et moutons en RD Congo. Elle fait peser une très grave menace sur le cheptel, importante source de revenus pour les paysans et de nourriture pour tous. Au Bas-Congo, au sud-ouest de Kinshasa, première région touchée, ovins et caprins ont pratiquement disparu.

« Un quart du cheptel des chèvres et deux tiers du cheptel de moutons du pays risquent de contracter la peste des petits ruminants (PPR) », estime le gouvernement congolais. Cette maladie connue depuis 2008 au Bas Congo gagne les autres régions du pays et pourrait toucher aussi les pays voisins. Cette maladie causée par un virus très contagieux provoque diarrhées et écoulements nasaux, les animaux décèdent en quelques jours. En RDC, elle a déjà causé la mort de dizaines de milliers d’animaux au Bas Congo et au Bandundu.
A Kimpanga Mpuati, territoire de Lukula à 170 km de Matadi (au sud-ouest de Kinshasa), parmi les premières régions touchées, les habitants ont carrément arrêté d’élever des chèvres décimées par la PPR. Ancien inspecteur de l’agriculture et élevage de Lukula, l’ingénieur Dieudonné Mavambu parle de cette maladie comme d’une véritable catastrophe. « Les habitants et moi-même avions perdu toutes nos chèvres. Je me suis même endetté auprès d’une Ong pour avoir des médicaments », se souvient-il triste. Son successeur, Dr Nkunku, confirme les faits : « les 3/5 des bêtes du territoire en sont mortes », malgré les efforts des habitants pour les protéger.
L’inspection provinciale de l’agriculture et élevage estime à « plusieurs milliers de chèvres et moutons morts de cette maladie dans le Bas-Congo ».

« Compte épargne »

Au Bas-Congo, la chèvre est élevée par beaucoup de familles. Très symbolique, elle est exigée lors du mariage. C’est le cadeau que l’on remet au chef… Pour ces paysans, la mort de ces animaux est un coup dur. Car la chèvre est une véritable source d’argent. « Elle nous permet de scolariser nos enfants, de faire des trocs, de survivre. C’est notre société », explique José Ngimbi, un habitant de Lukula. Pour Ndiaga Gueye, représentant de la FAO en RD Congo cité par Okapi, « la chèvre est comparable à un compte bancaire ou à un compte épargne. C’est la source de revenus. C’est l’aliment qui nourrit la population congolaise aussi bien dans le milieu rural qu’urbain ». La mortalité des chèvres a occasionné la flambée de leur prix sur le marché local. A Kinkanda à la place «la tortue», bien connue pour la qualité de viande de chèvre qui s’y vend, le prix a doublé. Une chèvre coûte actuellement 80$. Le morceau est passé de 750 Fc (0,78 $) à 1 500 Fc (1,6 $).

Indésirables
La propagation rapide de la PPR représente une menace pour les autres pays frontaliers de la RD Congo. Cela a poussé le gouvernement d’Angola à prendre des mesures. Depuis 2011, il a ainsi interdit l’importation sur son territoire des chèvres en provenance de la RDC « pour préserver leur cheptel ». A ses frontières, ce pays incinère aussi les petits ruminants venus de ce pays. Cette décision pèse aussi sur les réfugiés angolais qui veulent rentrer dans leur pays avec leur cortège de chèvres. Le responsable du HCR en Angola « a sollicité un arrangement entre les deux pays pour la mise en quarantaine des chèvres de ces Angolais car, elles constituent un noyau de départ pour eux pour le commerce ».
La maladie ne se soigne pas. Seuls moyens de lutte, la vaccination et mettre en quarantaine les bêtes malades pour éviter la propagation du virus. Face à cette grave menace sur la sécurité alimentaire du pays, la FAO (Organisation mondiale pour l’alimentation et l’agriculture) a mis sur pied un plan d’urgence. Il permettra, en autres, de vacciner 500 000 bêtes dans les régions qui ne sont pas encore touchées, d’empêcher les déplacements d’animaux pour limiter la propagation de la maladie, de suspendre leur vente et leur transport si nécessaire. C’est en respectant les consignes données qu’il est possible de circonscrire l’épidémie catastrophique pour la RDC où la chèvre est omniprésente.

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